Prayvis est une planète abandonnée de toute personne saine d'esprit. Il y règne un Chaos sans précédent depuis 120 ans
 

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 Je rêve d'être flambé au dessus du Vésuve et me défonce au gaz échappé d'un diesel. [Alistair]

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MessageSujet: Je rêve d'être flambé au dessus du Vésuve et me défonce au gaz échappé d'un diesel. [Alistair]   Sam 15 Aoû - 0:36

Je l'ai cherché, je l'air cherché longtemps. Plusieurs semaines, peut être, mais je suis pas très doué pour mesurer le temps qui s'écoule, mon cerveau est pas apte à l'exercice. Mais bref, je disais : je le cherchais, mais ce con là est doué pour pas être trouvé. Mais laisse moi reprendre le fil de l'histoire où je l'ai laissé.

Je me souviens m'être réveillé avec deux autres collègues - enfin "avoir repris conscience passablement défoncés" - dans une terre que j'appelle "la mer des cactus". C'est pas flagrant, dans cette zone précise, il y en a des petits, ou des "endormis", qui repoussent d'une année sur l'autre - on y trouve d'intéressantes variétés riches en mescaline d'ailleurs. Je connais bien le coin, mais j'étais loin de penser à la botanique. J'pensais à ma griffe, ou à son absence. OK on m'a piqué des morceaux d'organe, une touffe de poil, et grâce à leur bons soins j'ai une coupe de cheveux un peu raté, mais c'est la griffe qui me peinait le plus. Déjà parce que son extraction avait été pénible, mais en plus j'ai perdu pas mal en dextérité.
Et ça me rendait fou.

Eux. Eux. Eux. Ces sales étrangers et leurs rites. Ils allaient payer. J'ai déjà affronté des ennemis incompréhensibles. Et j'suis du genre à me consumer de colère quand on me fait chier. Une fois rentré à la base - à deux, l'un des nôtres est morts en court de route - j'ai passé une semaine à boire et à attendre que ma main sèche un peu. Puis j'ai réfléchi. Le désespoir et l'humiliation m'asséchaient un peu les neurones, alors j'me suis dit qu'il me fallait une première étape à mon plan : aller voir le petit sorcier bizarre pour me rafistoler. Si il a pas mentit, il pourra. J'ai eu l'idée en fixant bêtement une de mes dents qui venait de tomber à mes pieds parce que j'avais eu l'idée très conne de vouloir ouvrir une énième bouteille avec. On avait parlé de mon râtelier, puis entre deux l'idée m'est sortie de la tête. Faudrait que je le trouve, donc.

J'ai monté une expédition, genre pour partir longtemps. Tout seul, un véhicule, plein de carburant, de l'eau. Et un humain du fort tout propre, pas très frais mais vivant. Il m'a dit qu'il fallait du sang ou des larmes non ? Plein ? Et j'vais pas m'humilier à chialer. 
Résultat : le sorcier est dur à trouver. Genre vraiment.

J'suis allé à Lago, parce que tout le monde va à Lago. J'ai posé des questions, plein, mais personne le connait ce gars. J'suis à peu près sûr de pas l'avoir imaginé - beaucoup trop élaboré pour moi comme délire de drogué -, mais pourtant j'arrive pas à le localiser, alors que j'ai son nom et son visage en mémoire. Ca m'a laissé le temps de réfléchir au moins - et de beaucoup de bourrer les synapses de n'importe quoi. Après le sorcier, faudrait que je trouve des alliés. J'suis dans un groupe qui se porte bien, mais qui s'impose pas fondamentalement comme force de frappe importante. Il me faut des mecs qui veulent pas non plus du grand fort tout propre. On peut continuer à mettre la pression sur les étrangers qui sortent dehors, c'est bien, mais on va finir par y perdre des plumes. J'ai pas un stock illimité d'idées pour les harceler sans trop perdre de copains. Le problème, c'est que faut que je trouve d'autres gens qui veulent chasser les étrangers. Et y en a pas des masses. D'habitude la coutume c'est de laisser vivre les étrangers quand ils squattent, supporter leurs excentricités, et attendre qu'ils partent d'eux même. Au pire j'attaque des mecs en faisant croire que ça vient d'eux - on a plein d'équipement qui viennent du grand fort tout propre maintenant. Ca devrait en motiver, déjà.
Mais d'abord, le sorcier. 

Donc j'ai cherché, puis j'ai cherché. J'ai maigri, j'fais la gueule tout le temps, mes yeux ont jaunis et j'arrête pas de me gratter derrière l'oreille avec le poignet - disons que si j'le fais avec les doigts, je vais salement me blesser. Y a une saloperie d'eczéma à cet endroit là, je sais pas d'où ça vient mais ça saoule. J'ai fini par retrouver la trace du sorcier chez un herboriste, mais il savait pas où le gars vivait, quand il repasserait dans le coin... mais ça faisait une piste. J'ai posé la question à d'autres herboristes - y en a pas six milles non plus - et y en a un qui m'a dit qu'il était passé la veille, puis reparti vers le nord. Alors j'suis allé dans la même direction. J'me suis dit qu'il passerait forcément par le col que je désigne personnellement par "y a une montagne avec le sommet un peu en forme de bite juste à droite". Partout ailleurs c'est des saloperies de caillasse hyper ardues à monter. C'est à deux jours de marche de Lago, plein nord, et derrière le col c'est hyper peu fréquenté. Si j'étais un mec tout seul j'irais par là. Du coup je l'ai attendu. J'ai bien fait.

- Tu vas m'arranger ça - je montre ma main. La cicatrice est dégueulasse, comme brûlée avec des cloques, mais ça a guéri étrangement vite, aucun signe d'infection ni rien - et les chicots aussi. J'ai un humain frais, et j'connais des mecs qui te veulent du mal.
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MessageSujet: Re: Je rêve d'être flambé au dessus du Vésuve et me défonce au gaz échappé d'un diesel. [Alistair]   Sam 15 Aoû - 15:39

La vie suivait son train pour Alistair. Loin des affaires du monde, il survivait avec succès aux problèmes frappant ceux qui vivaient en groupe ou à découvert. Même après avoir resserré les liens d'amitié avec Fairy, il préférait vivre à l'écart des gens. Certes, il voyait Nathaniel assez souvent et rendait visite à Hyacinthe à la plupart des occasions, mais il se contentait de cela.

Le modeleur faisait route seul, chargé de divers biens reçus en paiement de ses services. Il allait s'en vouloir pendant des mois de s'être laissé surprendre. Un mec qu'il connaît le surprend, le traîne sur le côté de la route et le bombarde d'informations. Déjà, il a de la chance qu'il le connaisse. Parce qu'au fond, il a failli le faire exploser.

- Quoi ? Il regarde la main du mutant et répète "quoi" encore plusieurs fois. Il t'est arrivé quoi ?

Bavaria avait dit beaucoup de choses d'un seul coup. Il avait besoin de magie. De soins. Et il avait dit quelque chose à propos de gens qui le cherchaient...

- D'accord. Tu me parles de tout ça. J'veux dire avec des détails. C'qui ces gens ?

Il le suit jusqu'au véhicule et regarde le prisonnier. Ses vêtements sont sales mais on peut voir qu'ils sont différents de ceux portés par les survivants de Prayvis. Un homme venu d'un continent différent ? Peu probable. Plutôt un de ceux venus des étoiles... Un abandonné par les étrangers ?

A moins que ça ne soit un de ces hommes qui le cherchent ? Au moins, il est vivant et il y a bien moyen d'utiliser son sang pour soigner quelqu'un. Faire repousser une griffe, par exemple. Et des dents ? Les tissus aussi épais demanderaient pas mal d'énergie. Un humain entier, probablement. Bavaria est arrivé préparé.

- T'as l'air en mauvais état. J'vais t'soigner ça. Tu m'parles de ces gens, hein ? Parce que j'veux savoir qui me cherche. Il regarde Bavaria pendant un instant. Ça va faire mal.

Un bon coup de couteau plus tard, il a assez d'énergie pour travailler. La plaie du mutant s'ouvre, son os se met à pousser alors qu'Alistair gesticule. Il se base sur la structure des autres griffes, en particulier de l'autre main. C'est inévitablement une torture en soi. Mais ça pousse, en une minute. C'est long, une minute lorsqu'un morceau de vous-même doit repousser. Sur lui-même, Alistair sait gérer la douleur. Les autres doivent serrer les dents (même ceux qui en ont pas des masses) et laisser couler.

La nouvelle griffe est comme les autres. Elle aura sans doute besoin d'être affûtée. Mais elle est reconnectée au reste du doigt. L'os manquant a également repoussé. Somme toute le travail n'avait pas été aussi difficile qu'on pouvait s'y attendre.

Le soldat de Baïer se vide lentement de son sang. Le modeleur arrête l'hémorragie, mais il n'y a rien à faire. Il tiendra juste assez longtemps pour qu'ils puissent parler encore quelques minutes.

- On va d'voir passer au reste bientôt. Il vivra pas une heure, là. Et j'te préviens. Les dents, ça va être dur. Pour toi et pour moi, hein.

Difficile à réaliser. Et très douloureux.
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MessageSujet: Re: Je rêve d'être flambé au dessus du Vésuve et me défonce au gaz échappé d'un diesel. [Alistair]   Sam 15 Aoû - 20:54

On perd pas de temps. Ok on va parler, mais d'abord ma main. Néanmoins, j'aurais apprécié un petit câlin ou un "ça va aller" avant le début des opérations. Ressentir de la douleur, ça fait parti de la vie, mais c'est pas pour ça que je m'en fais une fête ou que je l'accueille avec indifférence. C'est un peu le principe avec la souffrance, on essaye de l'éviter au maximum. 
Si j'avais le moindre doute sur les capacités magiques du gars, ça s'est évaporé comme une flaque d'eau sur le sable dès que j'ai vu un os pousser hors de ma main. J'avais pas idée que ça ressemblait à ça à l'intérieur. Il y a aussi une couche rose et molle par dessus l'os, et enfin ma merveilleuse griffe apparaît, à une vitesse qui me semble très lente. Je serais très heureux si j'étais pas en train de douiller à ce point là. Je me tiens le poignet pour éviter de secouer ma main, j'ai l'impression qu'on y a foutu le feu. A la fin, la chair à la base de la griffe est juste un peu rosée, comme irritée, mais c'est tout. Comme neuve. Plus neuve que les autres, d'ailleurs. J'y passe un petit coup de langue pour voir si c'est vraiment la même, je la plie doucement. J'suis un peu secoué par ce que je viens de vivre, mais extrêmement soulagé en même temps. Les étrangers n'ont pas laissé leur trace sur moi finalement. Je reprends mon souffle - parce que je l'avais retenu pour pas hurler.

- Les dents ? ... plus dur ? ... Laisse moi une minute pour me euh... préparer.

Un vrai bonhomme dirait "va y, arrache moi toutes les dents et plante en d'autres", mais d'une j'ai passé l'âge de jouer à ça, de deux j'connais suffisamment les expériences pénibles pour être assez frileux. Je saute sur le prétexte de parler des étrangers pour repousser un peu le truc. Je veux des chicots de fauve géant, mais si j'pouvais être pas là pendant que ça se fait, ça m'arrangerait j'avoue. Comme c'est pas possible je gagne du temps. Mais comment arranger mon récit pour que le sorcier sache pas que je l'ai balancé comme une petite salope pour pas perdre tous mes doigts ? Au moins, le mystère entourant les étrangers joue en ma faveur.

- Et donc, les mecs qui m'ont fait ça cherchent des sorciers. C'est les étrangers de là-haut - je pointe le ciel du doigt - qui se sont installés pas loin de Lago là. Ils ont un grand fort tout propre.

Je sors de mon paquetage un petit pot antique et un pinceau avec beaucoup de poils manquant. C'est de la graisse pour ma griffe neuve. J'avais tellement d'espoir que je l'ai embarqué avec moi. Ca les empêche de se fendiller avec le temps. Je commence à m'en appliquer soigneusement, ça prend du temps, je passe bien longuement pour que ça pénètre. Ca me laisse le temps de parler des étrangers - et de pas me faire arracher les dents. J'ai pas un regard pour l'humain mourant, il ne le mérite pas.

- Ces étrangers, ils capturent des mutants, mais ils ont l'air de vouloir des sorciers aussi. J'ai rien compris à ce qui se passent là bas, ils m'ont drogué en plus, mais c'était pas agréable. J'ai vu un de leur chef, ou ça ressemblait à un chef... il avait les yeux brillants en parlant de magie, ça je m'en souviens. Attends, tiens moi mon pinceau deux secondes, faut pas de sable sur les poils, après ça colle. Je sors le sachet pour ranger mon petit matériel, puis un chiffon pour tamponner avec délicatesse le surplus de graisse. Du coup, ils ont plein de technologies bizarres, ils ont fouillé dans ma tête et ton nom est sorti. Me demande pas ce qu'ils te veulent, j'en sais rien, j'ai rien compris, mais pas du bien, ça c'est sûr. J'étais allé les voir pour leur parler moi, et ils ont fait n'importe quoi !

OK ça s'est pas passé exactement comme ça, mais ils ont fouillé en moi non ? Je jette un voile pudique sur la grosse aiguille qui m'a trifouillé dans le ventre et j'transfère sur la tête, ça ressemble moins à un viol bizarre comme ça.

- Bon, j'veux un râtelier de fauve géant hein ? Plein de canines partout. 'fin quatre paires, faut pas être trop gourmand non plus, si j'peux plus fermer la bouche c'est quand même con. J'compte bien les bouffer, ces connards.
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MessageSujet: Re: Je rêve d'être flambé au dessus du Vésuve et me défonce au gaz échappé d'un diesel. [Alistair]   Dim 16 Aoû - 18:40

Alistair hoche la tête et s'assied sur un rocher. Que Bavaria se repose, il en a besoin, lui aussi. L'ermite dépose son sac à ses pieds et fait glisser ses deux mains sur son visage, puis à l'intérieur de sa capuche, sur sa nuque. Après une demi-journée de marche, faire de la magie, même avec une réserve de sang frais, ça demande un peu de concentration et de fatigue.

Puis, les informations arrivent. Des étrangers. Pas encore abandonnés ici. Donc armés de machines bien plus complexes que les voitures. Un frisson parcourt Alistair. Il n'a pas envie de les croiser. Pas seulement parce qu'ils cherchent des gens comme lui. Mais en plus parce qu'ils sont sans doute entourés e plein de choses qui bougent alors qu'elles ne devraient pas bouger. Du métal, du verre et du plastique. De l'électricité. Ça, c'est la vraie magie à éviter.

Et ils sont curieux avec ça, ces étrangers. A LAGO on en parle un peu. Leurs hommes ont fait quelques descentes en ville, ça n'a pas plu à tout le monde.

- D'accord. On fait ça vite et je m'en vais. J'ai pas envie de rester trop longtemps au même endroit.

Déjà qu'avant son comportement frôlait la paranoïa... Alistair se jure de ne pas repasser à LAGO pendant quelques mois. Ses prochains rendez-vous devront être annulés. Ou abandonnés, plus simplement. Hors de question que quelqu'un ait un plan de ses déplacements. Déjà que ce gars-là soit parvenu à le retrouver veut dire que les gens parlent trop. Le sorcier hésite à tuer le mutant ici et à abandonner son cadavre aux animaux... Mais il finit par ne pas le faire.

- Ça s'rait plus facile avec un dessin. Ou un animal. Pour l'exemple... Mais j'vais essayer.

Alistair fait glisser sa langue sur ses propres dents, maintenues en état principalement par la magie. Elles ne pourrissent jamais, ne lui font jamais mal et sont toujours aussi pointues et tranchantes que nécessaire tout en préservant une nature humaine. Plus de canines ? Ça, c'est les pointues. Oui, celles dont il va avoir besoin de suite.

Le sorcier se lève et va planter ses dents dans la gorge de l'étranger, bien trop faible pour se défendre ou généralement faire autre chose que pousser de petits gémissements plaintifs. Il boit. Tout ce qu'il peut. Ses yeux verts roulent en arrière et il sent l'énergie emplir son corps... C'est bon. Très bon. Le surplus procure un sentiment de puissance plaisant... Même s'il sait qu'il faudra s'en débarrasser rapidement.

D'un geste sec, le modeleur donne un coup de poing contre sa propre paume et les dents restantes de Bavaria le quittent. Il laisse au mutant le temps de les cracher et l'aide à s'allonger. Dans d'autres circonstances, il lui donnerait un truc sur lequel mordre... Ici, ça ne sera pas possible.

- Tu fais ce que tu veux. Griffer le sol, hurler, comme tu veux. Mais tu me frappes pas quand ça fait mal. Il s'assure que l'autre a bien compris. Prêt ? J'y vais, hein...

Il serre les poings et crispe tous ses muscles. L'os de la mâchoire de Bavaria s'épaissit légèrement et s'apprête à accueillir de nouvelles dents. Comme s'il attrapait quelqu'un par le col, Alistair tire lentement vers lui et le mutant se met à hurler. Ses dents de devant repoussent. A peine plus grandes que celles du modeleur. Plates, tranchantes, solides.

Une profonde respiration plus tard, Alistair continue. Cette fois, de part et d'autre des premières venues, commencent à pousser des pointes d'os luisant. Trois de chaque côté. Le modeleur se met à suer et fait une pause, mais n'abandonne pas. Les os se fraient un chemin au travers des gencives malades. La chair repousse, s'adapte au fur et à mesure. Des changements qui prendraient des années de croissance se produisent en moins de cinq minutes. La douleur est inévitable et a facilement de quoi rendre fou. Le bon point est qu'elle cesse aussitôt que la dent a fini de pousser.

Puis sa recommence avec la suivante.

Les dernières sont plus larges et aplaties. Juste leur rebord est tranchant. A la fin du processus, Alistair doit s'asseoir. Il se laisse tomber en arrière et ferme les yeux, le temps de reprendre son souffle. L'exercice est réussi...

- J'dois souffler un peu.
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MessageSujet: Re: Je rêve d'être flambé au dessus du Vésuve et me défonce au gaz échappé d'un diesel. [Alistair]   Lun 17 Aoû - 21:11

J'viens de littéralement cracher mes dents, ce qui n'est pas très agréable. Il m'en restait pas beaucoup, mais quand même. Le sorcier m'aide à m'allonger et me prévient des horribles tourments que je vais traverser - comme si ça avait été une promenade dans le parc jusque là. J'essaye de lui répondre, mais sans dent, je fais juste une bouillie de mots dénués de sens. Je vois les petits chicots noirâtres près de ma tête, je fixe Alistair avec appréhension. Et il commence.
C'est un peu comme si on m'avait fracturé la mâchoire en la prenant dans un étau. Un autre geste du sorcier et je hurle tous les décibels que je peux, des bruits pitoyables parce que j'suis édenté. Je me prends la tête à deux mains, en me griffant accidentellement comme quand j'étais gosse. Une écume rougeâtre me sort de la bouche, j'ai l'impression de me noyer dedans. A chaque dent qui pousse, mon dos se décolle du sol dans l'immense convulsion qui me prend. C'est épuisant. A peine trois dents de poussées, et je voudrais déjà qu'on me tue. Ca me rappelle la fois où je me suis fait passer à tabac. J'aimerais dire que j'ai gardé un soupçon de dignité, j'étais parti sur l'optique d'endurer la douleur avec plus ou moins de retenue, un petit gémissement à la rigueur, mais c'est impossible. J'essaye de m'assommer tout seul en me cognant la tête contre le sol, j'y arrive pas. J'voudrais lui dire d'arrêter, que je laisse tomber, mais l'occupation de ma bouche par de nouvelles dents m'empêchent d'articuler. Ca et le fait que ma mâchoire semble doubler de volume. 
Quand il en arrive aux canines, je subis complètement le truc. Je suis vautré sur le flanc comme un animal malade, me tordant à chaque nouvelle poussée, m'évanouissant à moitié le reste du temps. J'ai essayé de me mettre les griffes dans la bouche pour empêcher les dents d'apparaître, je n'ai réussi qu'à me blesser la langue. Le sorcier est trop loin pour que je rampe le tuer. Il n'y a rien à faire que de beugler comme un veau et me torde les mains en attendant que ça finisse.

A la fin, ce sale petit con me dit "j'dois souffler un peu". Ouais parce que de mon coté j'suis en train de le speeder hein, j'suis pas à moitié évanoui par terre avec la barbe pleine de bave et de sang. C'est pas mon style. 

- 'e 'uis 'isser' 'ssus. 'ulé !

Ouais faut que je prenne possession de ma nouvelle dentition, j'ai plus l'habitude d'être si bien équipé. indéniablement, ça a marché, j'ai aucun doute sur la réalité de ce qui m'encombre la bouche. Mes lèvres peuvent même pas recouvrir les canines les plus longues, et j'me blesse un peu les lèvres en essayant de parler. Quand j'étais petit et que ma dentition d'adulte a poussé, ça me faisait pareil. Faut s'habituer. 
'fin ça change rien à ce que j'ai dit. Je rampe plus ou moins jusqu'à mon bolide pour me trouver un futal propre. Les grandes émotions de ce style, ma vessie peut plus les encaisser, surtout depuis que je me suis pris un sale coup au bas ventre, y a cinq ou dix ans, j'sais plus. En tous cas, ma notion très personnelle de l'hygiène trouve sa limite, parfois, et j'ressens le besoin rarissime de changer de vêtements. Puis ça me laisse le temps de m'essuyer le visage. C'était assez gênant que le gamin m'ait vu dans des états pareils. Mon zgueg pendant que je change de pantalon, c'est de la petite bière à coté. 
Mais bordel, j'ai un râtelier flambant neuf, mieux que l'ancien même.

Je teste le tranchant de la canine avec le gras du pouce. Et j'fais un grand sourire au sorcier - encore un peu traumatisé de la douleur, quand même. J'vais pouvoir en manger des gens avec ça ! Je tends au petite mec une denrée très rare : un paquet de bonbon. Les humains aiment ça et sont capables de le digérer, on m'a dit. J'me sens pas encore trop apte à parler, mais j'vais pas me casser comme un gros chien alors qu'il a encore l'air à moitié dans les vapes d'épuisement. Le sucre ça va le remettre debout.
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MessageSujet: Re: Je rêve d'être flambé au dessus du Vésuve et me défonce au gaz échappé d'un diesel. [Alistair]   Dim 23 Aoû - 11:26

Le mutant s'est pissé dessus. Ça arrive. La douleur et le choc font que le corps revoit ses priorités. Par exemple, ne pas tomber dans les pommes ou ne pas perdre l'esprit devient plus important que le contrôle de la vessie. Bien sûr, il ne réalise pas que le plus grand effort mental se situe du côté de l'ermite, mais il est difficile de lui en vouloir. C'est lui qui a eu mal.

- Ouais ben, ça m'étonne pas. Déjà, tu t'es pas évanoui. C'est bien.

Alistair porte la main à son sac et en sort une des fioles remplies de sang. Une jeune fille en bonne santé avait servi à la remplir et son sang est de qualité. Une fois qu'il ait bu, le sorcier se sent à nouveau mieux et s'assied plus droit par terre, pendant que l'autre change son pantalon.

Bavaria a pris cher.

Pas seulement maintenant à se faire repousser la griffe et les dents. Non. Ces dernières semaines ont dû être difficiles pour lui. Sa santé est loin d'être aussi bonne que la dernière fois. Il va devoir se reposer et bien manger, quand il sera rentré chez lui.
A ce propos, il sort un paquet de bonbons...

- J'ai pas vraiment l'habitude. Le sucre est un luxe. Les gens vivant seuls, dans les plaines désertiques de Prayvis ne devraient pas s'offrir ce genre de choses. Je veux bien goûter. Mais tu devrais en manger. Il te faut des forces.

Alistair finit par en prendre un et laisse le goût si rare se répandre dans sa bouche. C'est loin d'être désagréable dans un premier temps, mais vire rapidement vers l’écœurement. Il avale le bonbon et hoche la tête.

- Merci. Mais je blague pas. Tu dois encore rependre des forces, t'as l'air en sale état. Dors et mange beaucoup dans les prochains jours. Alistair se gratte la tête. Si cet homme, habitué à survivre et à se battre, a cette tête-là (les dents mises à part), c'est qu'il a dû traverser pas mal de sales choses ces derniers temps. Et il est hors de question qu'il meurt, après tout le mal que le modeleur venait de se donner. J'vais sentir ton corps, ok ? Juste pour voir s'il n'y a pas autre chose à réparer.

Il ferme les yeux et étend sa perception jusqu'au corps de Bavaria. Le mutant est construit de façon quelque peu différente du reste de l'humanité. Mais il y a une cohérence générale dans cet étrange ensemble d'organes. Les traces des prélèvements menés par les étrangers de Baïer ne sont pas vraiment mortelles. Il est surtout affaibli et sous-alimenté...

Quelque chose ne va pas.

Alistair insiste avec ses sens de sorcier. Ah oui. Tout le corps est susceptible de lui obéir. Il ressent chaque veine, chaque tissu organique. Les os, les poils, la peau. Tout. Sauf un élément. Un point résiste et ne veut, ne peut être perçu ou contrôlé. Comme un rocher au milieu de l'eau. Ça n'a pas la forme d'une balle, mais on dirait bien un projectile resté dans le corps de Bavaria.

- T'as un truc dans le dos. Tu t'es fait tirer dessus ? Ça te fait pas mal ?
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MessageSujet: Re: Je rêve d'être flambé au dessus du Vésuve et me défonce au gaz échappé d'un diesel. [Alistair]   Mer 26 Aoû - 16:42

Je fixe le sorcier, la bouche ouverte – la fermer demande encore un poil de logistique de ma part – une légère inquiétude dans le regard. Il dit vouloir « sentir mon corps », j'ai peur qu'il fasse encore un truc de sorcier incroyablement douloureux. Mais non. J'ai des petits frissons et c'est tout. Je décide de goûter un bonbon, histoire de diluer la gêne de me faire « sentir le corps » avec un peu de danger. C'est toujours la loterie la bouffe industrielle des étrangers, surtout parce qu'on en voit pas souvent. Les vestiges alimentaires des premiers colons sont tombés en poussière dans leur emballage depuis avant ma naissance – ça fait un sacré bail – et le seul apport en la matière, c'est ce qu'on arrive à choper en fouillant les cadavres. Ça tombe bien, on a comme un afflux de cadavres de l'espace ces derniers temps.
J'ai un machin jaune, à la fois dur et mou, planté au bout de ma griffe, en train de l'imprégner de sucre synthétisé. La dernière fois que j'ai tenté la nourriture d'étranger ça m'a rendu malade. C'était une boîte avec un chien dessiné dessus. Et quel chien ! J'ai jamais vu de vrais chiens comme en photo sur la boîte – les nôtres sont plus maigres, moins poilus et moins intellectuel dans le regard. Mais bref, aussi géniale que fut cette photo, ce qui se cachait derrière a failli me tuer. C'est avec précaution que je goûte le machin jaune. Ça se révèle très bon. Plein de sucre. J'ai plus l'habitude de la viande maigre, sans assaisonnement. On pourrait devenir dépendant d'un truc pareil. D'ailleurs, où trouver du sucre sur cette planète à la con ?

Mais j'ai pas le temps d'approfondir cette super idée de business, parce que le sorcier m'a trouvé un truc dans le corps – de façon parfaitement indolore, Ô étonnement. Moi je me trouve pas affaibli, j'ai trop les boules de m'être fait couper un doigt pour sentir la fatigue. J'ai des étrangers à manger moi. Puis j'ai consommé assez de trucs ces derniers temps pour que mon corps me fasse pas chier. Si je l'écoutais celui là, je ferais plus grand chose. Des siestes et tous ces machins là. Puis j'ai pas le temps, j'suis sûr j'ai un cancer ou deux. Je sais pas ce que c'est, mais j'm'en fous, j'en ai forcément un. Un mutant qui passe la soixantaine ça existe pas. Bref, j'ai quoi dans le dos ? Ah oui je sais :

- Ben ils m'ont rien mis là les connards je crois, mais c'est assez confus. Ils sont putain de doués pour droguer à l'insu des gens. Mais j'fais une allergie sous l'omoplate si ça peut aider.

A un endroit que je peux pas atteindre avec mes mains, et que j'ai pas le droit de gratter sous peine de m'éviscérer tout seul, de toute façon. C'est vrai que l'apparition de l'eczéma est venu juste après ma visite aux gros connards de l'espace. Vu qu'on est entre copines et que le sorcier m'a vu atteindre les bas fonds de la dignité, je relève mes fringues pour dévoiler mon dos sans réfléchir. Le monsieur qui fait apparaître les dents dit que j'ai une balle dans le dos, qui suis je pour contester ? J'espère juste que c'est pas couvert de fourrure, elle a tendance à s'étendre avec les années cette pute. Il y a aussi les bandes de peau plus foncées qui figurent des rayures du pauvre. Bon, y a les mutations classent et les mutations qui marchent pas, voilà.
Mais c'est pas le sujet. Le sujet c'est que les autres gros cons ont pas fini de me faire chier, et qu'ils m'ont laissé un truc dans le corps, ce qui est quand même dégoûtant, même pour un pur habitant de Prayvis. J'veux dire, j'viens de me faire torturer par un sorcier dentiste, j'en ai encore la bouche à vif, et j'trouve ça moins horrible que ce qu'ils faisaient.

- Mais retire moi ce truc ! J'ai pas de couteau, mais tu dois avoir ça nan ? Putain de connards de merde, j'te souhaite vraiment pas qu'ils te rendent visite. Déjà, ils me prennent des petits morceaux - mais est ce que ça a un sens ça ? - et en plus ils me laissent un machin qui gratte dans le dos. Et t'as pas vu l'intérieur de leur camp ! C'est tout blanc,ils sont tous habillés pareil quasiment, et y a un truc dans les murs qui fout la gerbe. Mais c'était quoi ça ? Ça ressemble à quoi de faire ça ? Putain de...

Je lâche encore quelques insultes pas spécialement créatives, mais qui défoulent. C'est le sucre qui me fait délirer, ou la douleur, ou la déshydratation mélangée à la sénilité précoce. Va savoir avec des cas comme ça, au bout d'un moment.

- Et ils cherchent des sorciers aussi ! Ils en ont pas chez eux non plus ? Chépa, soit disant notre planète est toute pourrie, mais faut quand même qu'ils viennent nous faire chier, ceux là. J'viens pas piquer des... civilisations, ou j'sais pas quoi, ils pourraient laisser les griffes des gens tranquille, merde !
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MessageSujet: Re: Je rêve d'être flambé au dessus du Vésuve et me défonce au gaz échappé d'un diesel. [Alistair]   Mer 2 Sep - 21:36

Le corps de Bavaria est loin d'être parfait. Les allergies ne sont pas ses seules faiblesses. Même si, comme tous les natifs ayant vécu aussi vieux, il est plutôt bien adapté à la vie sur Prayvis, son alimentation aléatoire, l'âge et les efforts des dernières semaines, ne l'ont pas laissé en pleine forme. Au contraire.

Mais Alistair n'est pas tant mal à l'aise devant la laideur du mutant que devant cet objet synthétique qui refuse d'être modelé. Un point sombre sur la carte lumineuse de l'organisme parfaitement malléable. Le sorcier regarde de plus près, la peau nue, parsemée de poils. Il n'y a pas de cicatrice. Aucune trace d'impact ou d'incision. Juste une fourrure clairsemée qui semble grimper le dos de Bavaria comme un lierre s'empare des murs d'un bâtiment...

Le mercenaire se remet à parler des étrangers. Son rythme cardiaque s'accélère d'émoi et de colère. La base des voyageurs venus des étoiles semble effectivement un endroit à éviter. Déjà, Bavaria est habitué à vivre vaguement en communauté, avec d'autres gens. Si même lui a détesté l'expérience, Alistair s'imagine bien qu'il mourrait s'il venait à se retrouver au sein de la forteresse de Baïer.

Les plaintes du mutant s'arrêtent d'une part parce qu'il est à bout de souffle et d'autre part parce que son soigneur lui enfonce la lame d'un de ses couteaux dans le dos. Le geste est rapide et ressemble à s'y méprendre à un coup de poignard dans le dos. Juste en moins profond. Le modeleur pourrait ouvrir une voie par magie. Mais tout ce qui peut être fait sans s'épuiser, doit être fait à l'ancienne. Pas d’anesthésie, pas de douceur.
Ensuite, il se concentre. Le corps se met à se régénérer tout en recrachant lentement le parasite non-organique. Finalement, le petit objet se retrouve dans la main tremblante d'Alistair et Bavaria n'a aucune trace de son passage dans son organisme. Une douleur résiduelle mise à part.

Ce n'est pas plus gros qu'une balle, doté d'une minuscule diode verte. Le modeleur écarquille les yeux et lance le petit dispositif en direction de son malheureux propriétaire.

- C'est quoi putain ? C'est pas une balle !

Alistair recule tout en lançant des regards autour de lui. Son propre cœur accélère, la sueur recouvre à nouveau son dos. Soudainement, il ne ressent plus la fatigue et se sent bien plus alerte qu'avant. Prêt à courir, prêt à se défendre. Il change de prise sur son couteau et plie les genoux tout en reculant.

- C'est d'la technologie des étrangers ! Peut-être qu'ils peuvent te contrôler avec ça !

Le modeleur hésite à tuer son interlocuteur. Il estime qu'il a encore assez de forces pour arrêter son cœur et s'enfuir. Mais faut-il vraiment le faire ? Peut-être qu'il est à l'abri, que Bavaria ne représente plus une menace mais qu'une armée d'étrangers va arriver pour essayer de les capturer ?

- C'est un piège, c'est ça ? Tu devais me fatiguer ? Ils vont arriver pour me choper ?!

Au fur et à mesure, il arrête de parler et hurle ses questions. A une dizaine de mètres de Bavaria, il s'arrête. Aucun bruit. Aucune présence vivante à des centaines de mètres à a ronde. Il est encore temps de fuir. Mais tourner le dos à un homme armé n'est pas une bonne idée...
Alistair sue, tremble et hésite.
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MessageSujet: Re: Je rêve d'être flambé au dessus du Vésuve et me défonce au gaz échappé d'un diesel. [Alistair]   Ven 18 Sep - 16:34

Contrairement à ce que croient ces cons d'étrangers, il y a des règles de politesse et de diplomatie sur Prayvis, elles sont juste beaucoup plus implicite. L'une d'elle : ne jamais brailler comme un goret quand on est entre gens armés, stressés et dangereux. Aucun « vieux » (gens de plus de vingt cinq ans) ne fait ça. Enfin je crois pas. Y a toujours des indécrottables comme ces gangs de tarés qu'on connaît tous, mais la plupart du temps, entre quasi inconnus, on ne braille pas ses inquiétudes genre « t'es un traître ». Ça finit mal ces choses là.
Je montre les dents sans avoir l'air d'un abruti congénital pour la première fois en vingt ans. C'est que j'ai un merdier de très bonne facture dans la bouche, tout blanc, tout neuf. Un dentiste en pleurerait de joie. Mais j'peux faire le beau autant que je veux, le mec en face de moi c'est pas n'importe qui. Un sorcier qui me fait pousser une dentition complète rien qu'en y pensant doit pas avoir trop de mal à se débarrasser d'un pauvre mutant tout seul. Je m'accroupis à gestes lents. Un petit jet d'adrénaline est venu m'inonder les synapses, à un moment, mais j'suis trop crevé pour vraiment paniquer. La journée a été longue, pour le coup.

Dans le scénario classique de ce genre de connerie – deux parano montés en boucle -, la scène suivante devrait me montrer en train de brailler aussi, l'arme à la main et la bave aux lèvres. J'l'ai déjà vu, j'ai déjà été ce puceau trop stressé qui tire partout au premier doute. Y a une belle cicatrice au dessus de mon rein gauche pour le prouver. Le problème, c'est que j'ai bien vu que ça menait nul part, tout ça. Être debout sur une pile de cadavres c'est beaucoup trop surfait, ça vaut vraiment pas le voyage.
Faut que je calme la situation, c'est vraiment trop con.

- Mais arrête tes conneries ! J'aide pas des connards d'étrangers ! Tu vas dire que je les ai sucé aussi ? P'tit con va !

Avoir l'air convaincu et indigné, c'est pas dur, parce qu'en l'occurrence je l'ai pas trahi. Pas volontairement. En fait j'ai aucune idée de ce que c'est ce bidule qu'il m'a sorti du dos. Même en examinant ça de près entre deux griffes, j'ai aucune putain de d'idée. Et pourtant, j'touche un peu avec ces machins là. Les véhicules d'étrangers marchent toujours avec de l'électronique, même pour le démarrage. Et pourtant, ce bidule, jamais vu ça. J'vois même pas à quoi peut servir la con de diode verte. J'pourrais aller voir dans ma tire si j'ai pas les renseignements quelque part dans le coffre, mais je crois pas que le sorcier me laissera approcher d'un moyen de fuite comme ça. C'est dur de convaincre quelqu'un qu'on est pas un menteur.

- Déjà, j'aurais trouvé une excuse bidon pour que tu me trifouilles pas le dos, puis... merde, ça va pas de brailler que j'suis une pute non ? Soit tu me butes, soit tu fermes ta gueule mais tu balances pas des trucs comme ça ! T'as été élevé chez les gorets ou quoi ? C'est quoi ces réactions de puceau paranoïaque là ?! Hein ?! TU CROIS QUE J'VAIS LECHER LE CUL DES CONNARDS D'ETRANGERS ALORS QU'ILS NOUS LAISSENT CREVER DANS NOTRE MERDE DEPUIS DEUX CENTS ANS ?

OK OK je m'emballe, mais ça fait beaucoup pour une journée tu sais ? Puis j'suis un violent qui essaye de se calmer moi, faut pas me menacer et m'accuser de trucs, ça me fait vriller. Même si la douleur est passée, j'ai encore les nerfs à vif et mal à la tête. Je me pince l'arrête du nez entre deux doigts. La priorité, c'est de niquer les étrangers, pas se disperser en conneries. C'est pas qu'on aime pas les règlements de compte et les meurtres au petit bonheur dans le coin, mais quand même.


- Enfin bref. Tu m'laisserais chercher dans ma caisse sans me buter ? J'ai des catalogues d'électronique étrangers dans mon coffre, pour quand je trouve des trucs sans savoir ce que c'est.
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MessageSujet: Re: Je rêve d'être flambé au dessus du Vésuve et me défonce au gaz échappé d'un diesel. [Alistair]   Mer 23 Sep - 23:19

C'est exactement pour ça qu'Alistair ne sort pas souvent de chez lui.

Et en ce moment précis, il est en train de se demander furieusement, s'il lui serait possible de sortir encore moins. Ou jamais. Mais ce qu'il fera dans un jour ou deux, quand il arrivera dans sa grotte, c'est du long terme. Des problèmes bien plus immédiats se présentent. Ils sont plusieurs et la solution qui se présente n'est pas évidente.

Le mec en face est soit un contact important et plutôt bienveillant, soit il est l'un des pires salopards qui soient et doit mourir.

Il commence par jurer et insulter Alistair ce qui n'impressionne pas vraiment le sorcier. Sauf la partie sur la fellation. Ça, ça le met mal à l'aise.

- Euh...

L'autre continue. Il a l'air sur de lui. Certains modeleurs peuvent vous dire qu'il est possible de sentir quand quelqu'un ment. Son cœur bat plus vite, des choses changent dans son corps. Le maître savait le faire. Peut-être que Fairy aussi. Mais pour Alistair ça relève de l'inaccessible. Surtout que là, leurs deux cœurs battent à toute vitesse sous les effets du stress.

Bavaria hurle. Une chose est certaine, il n'est pas un étranger. Ça, c'est possible de le sentir. De le voir. Bavaria est né sur le sol pourri de Prayvis et en a inspiré la poussière viciée dans son premier souffle de vie. Ça le rend certainement davantage digne de confiance... D'autre part, ça veut aussi dire qu'il sait ce qu'il faut faire pour survivre. Tout.
Et s'il a vécu aussi vieux, c'est qu'il est prêt à tout faire et l'a probablement déjà fait... Mais non... Il a l'air sûr de lui.

- Ok... Alistair respire toujours lourdement, pas tout à fait remis des opérations magiques réalisées plutôt. Ça va. Va regarder ça. J'vais voir si personne n'arrive.

Contrairement à ce qu'on pourrait s'imaginer, il s'éloigne juste un peu, sans quitter Bavaria des yeux. Il s'assied sur un rocher et plisse les yeux, sans les fermer. C'est impossible qu'il puisse vraiment voir quelqu'un. Mais ses sens s'ouvrent, sa perception s'étend. Il n'y a rien d'humain à cent mètres à la ronde. Ni à deux cent. Bien. Cet état des choses ne peut pas durer, mais il vérifie encore plus loin, pousse jusqu'à un demi-kilomètre. Pas d'humains en vie, eux deux mis à part.

- Personne de trop près. Regarde ce que Tu sais faire de ça. Puis je veux y aller. Genre... tout seul. Chez moi. Loin de tout... tout ça. Ok ?

Pendant que Bavaria feuillette ses catalogues, Alistair bois du sang de ses réserves personnelles. Il vide deux fioles comme ça et ne s'en garde qu'une pour plus tard. On ne sait jamais qui il va falloir tuer avant d'aller retrouver le calme de sa grotte.
En attendant des réponses concernant l'étrange petite machine des étrangers, l'ermite nettoie son couteau du sang de Bavaria. Même alors qu'il est sec et propre, il continue de frotter, ses mains tremblant légèrement.

- Alors ? Tu trouves quelque chose ?
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MessageSujet: Re: Je rêve d'être flambé au dessus du Vésuve et me défonce au gaz échappé d'un diesel. [Alistair]   

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