Prayvis est une planète abandonnée de toute personne saine d'esprit. Il y règne un Chaos sans précédent depuis 120 ans
 

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 Carnegiea gigantea [Alistair]

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MessageSujet: Carnegiea gigantea [Alistair]   Dim 7 Juin - 23:18

Quand j’arrive enfin aux portes de la ville, le soleil commence tout juste à se glisser derrière l’horizon. Le ciel se teinte de rouille et de suie, reflet étincelant de toute la violence et le stupre qui se brassent au-dessous. Les dernières heures du jour marquent le réveil de toute une faune de prédateurs nocturnes, et je suis bien contente d’en laisser une grosse partie derrière moi. Si le désert qui me sépare de la Forêt Sèche au Sud de la ville est plus clément à la lumière de la lune, il n’en va pas de même pour bien des habitants de Prayvis.
J’ajuste les lanières de mon sac, sous le couvert de mon épaisse cape de chanvre tressé. Le vêtement me donne des allures de mendiante bossue, mais il isole aussi bien du froid que de la morsure du soleil, et m’a sauvé la mise plus d’une fois. Et puis au vu de l’heure et de mes circonstances personnelles, mieux vaut avoir l’air misérable et discrète que riche et ostensiblement vulnérable.
Comme convenu, Alistair m’attend à la sortie de la ville. Je le repère sans problème, grande silhouette immobile au milieu du fourmillement des derniers marchands à la sauvette, qui remballent leurs sacs et leurs cagettes pourries pour rentrer s’abriter derrière les grandes portes de Lago City. Je m’avance à sa hauteur – enfin façon de parler puisqu’il doit me dépasser de quinze bons centimètres – et le regarde me saluer d’un hochement de tête. Le bougre n’étant pas réputé pour son éloquence, je ne m’en formalise pas. Je suis déjà bien contente qu’il ait accepté de me servir d’escorte, et puis après tout je suis toute à fait capable de faire la conversation pour deux.
« Bien le bonsoir, mon cher. Ton voyage s’est bien passé ? »
J’imagine que oui, puisqu’il est arrivé à l’heure et en un seul morceau, mais ça fait partie de ces formules de circonstances, qu’on a tellement répétées qu’on finit par les dire plus par automatisme que parce qu’elles ont un réel intérêt. J’esquisse un vague geste en direction du désert, et de la route qui nous attend, avant de reprendre, masquant tant bien que mal la pointe d’excitation qui tente une percée depuis le fond de mon estomac.
« Tu me vois navrée de te faire repartir aussi vite, mais je suis prise par le temps. Les floraisons de Carnegiea seront terminées dans quelques jours et c’est une collecte particulièrement délicate. Et vu les territoires à traverser… Enfin. Je suis contente que tu aies accepté de venir. »
Aussi contente que l’on peut être face à la perspective de pouvoir effectuer une traversée particulièrement dangereuse sans risquer de se faire violer post mortem par les orbites à la première embuscade de gang. L’intégrité physique ! Yaaay !
« Tu préfères que je te paie maintenant ? J’ai pris une petite réserve pour la route mais je ne savais pas ce que tu préférerais. »
Je me contorsionne légèrement pour aller tapoter du bout des doigts la poche de mon sac qui contient le dit paiement. Ce dernier prend bien évidemment la forme de plusieurs poches de sang, cuvée maison - la plupart étant des dons de ma personne, mais j'ai eu suffisamment de patients cette semaine pour varier les plaisirs - le tout soigneusement enveloppé dans une poche réfrigirée pour permettre une meilleure conservation. 
Je passe sur le fait que j’ai aussi fait une petite cure intensive de fer avant de partir, juste au cas où les choses se passeraient très mal, et qu’un... encas d’urgence s’impose. D’une part parce que, de toute façon, il peut probablement le sentir à travers ma peau, et d’autre part pour éviter les tentations. Si je peux éviter de me faire mâchouiller les extrémités en plein désert, même pour la bonne cause, ça m’arrangerai. Ça n’est pas dans les habitudes du gaillard, et la confiance que je lui porte est plutôt solide de ce côté-là, mais on n’est jamais trop prudent sur cette foutue planète.


Dernière édition par Dame des Ronces le Mar 9 Juin - 18:30, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Lun 8 Juin - 9:11

Lors de sa dernière visite à LAGO city, Alistair était passé voir l'un de ses contacts. L'apothicaire. Déjà le fait qu'elle ne l'ait pas égorgé lors de sa dernière visite était un grand bonus pour elle. Sachant qu'il était tombé inconscient sur le sol de sa boutique, elle pouvait au moins lui faire les poches. Et la seule poche qu'elle avait fait, en était une pleine de sang pour le remettre sur pied. Du coup, quand elle lui avait demandé de l'accompagner dans la forêt, le sorcier ne pouvait être que d'accord. Surtout qu'elle était du genre généreux quand il s'agissait de payer.

Il s'était préparé. Deux sacs, remplis de divers objets utiles qu'il avait pu trouver dans sa caverne mais aussi un peu d'espace libre pour le surplus de vêtements qu'il allait enlever à l'entrée de la forêt. Se déplacer dans le sable et entre les branches épineuses ne nécessitait pas le même look. Une machette à la ceinture, des provisions. Elle avait promis de fournir le sang... Alors il n'avait qu'une petite fiole avec lui qu'il n'avait pas eu besoin d'utiliser pendant le voyage vers LAGO.

- 'soir.

Heureusement qu'elle parlait beaucoup. Sans ça, il se sentirait coupable de ne pas avoir trop de choses à dire. Mais bon, quand il rencontrait des gens qui savaient lire et accomplir d'autres sortes de prodiges, que vouliez-vous qu'il leur dise ? Ils étaient tellement d'un autre niveau...

- Ça va. J'suis arrivé hier. J'ai bossé et j'ai dormi chez un autre gars.

Jamais deux fois de suite au même endroit. Et des gens qui lui permettaient d'opérer les blessés et les malades, il y en avait plusieurs. Et chacun payait à sa façon. Donc là, Alistair avait avec lui une bouteille d'alcool assez fort pour faire de l'effet mais pas pour alimenter des moteurs non plus. Et deux-trois petits autres trucs.

- Ben, j'veux bien un peu. Juste pour être assez en forme. Après, tu devras m'en filer juste si on a des emmerdes. Gardes ça au frais sinon.

Et ils partirent vers le sud, la frêle botaniste et le sorcier sirotant une poche de sang. Malgré la différence de taille, ils ressemblaient davantage à la mère et à son enfant avec berlingot de jus...
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Lun 8 Juin - 18:12

Je ne m’offusque pas vraiment qu’il ait choisi un autre porche que le mien pour aller s’effondrer la nuit dernière. Même si la perspective m’aurais certainement mise de bonne humeur – un dormeur tout à fait charmant à ses heures que cet homme là – il m’a annoncé lui-même qu’il se détestait à dormir deux fois au même endroit. Un excès de prudence somme toute probablement justifié, et qui a dû lui sauver la mise une ou deux fois. La vie d’errance n’étant pas la plus paisible des vies.
 
Personnellement je trouve qu’attaquer quelqu’un pendant son sommeil, en plus d’être d’une lâcheté sans nom, c’est proprement barbare. Une pratique détestable pour qui, comme moi, respecte la beauté du sommeil, et cette façon qu’a le corps d’accorder soudainement une confiance absolue au reste du monde.
Mais je digresse salement, et vous m’en voyez désolée.
 
Je me tire de ma rêverie, glissant une poche de sang entre les mains du modeleur et disparaissant quelques secondes sous les plis de ma cape pour remettre en ordre le reste de mes affaires. On finit par se mettre en route, laissant le soleil sur notre droite et l’agitation de Lago city dans nos traces. La chaleur oppressante de la journée commence à se lever, laissant place à une fraicheur humide, aux effluves d’essence et de fumée.
Ah, comme j’ai hâte de quitter l’air acide du plateau urbain pour retrouver la douceur de mes forêts... Le parfum lourd et sucré des fleurs de Saguaros. Le craquement des herbes hautes à l’orée du bois. Le sifflement du vent dans les cimes de la forêt sèche… Hm. Rien que de les imaginer je sens déjà la tension quitter mes épaules.
 
Mon regard se pose sur mon voisin de route, et je l’observe un moment du coin de l’œil alors qu’il termine son encas, toujours autant fascinée par le processus.
 
« Le repas est à ton goût ? » Je laisse échapper un rire à ma propre plaisanterie, puis je tends une main dans sa direction. « Tiens si ça ne te dérange pas je vais récupérer la poche. C’est plus dur de s’en procurer que ce qu’il y a dedans. »
 
Deuxième salve de contorsions parce que ranger des objets dans un sac à dos tout en le portant en dessous d’une cape, ça n’est pas la chose la plus aisée du monde.  Mais hey. Je m’en tire tout à fait dignement ! 
 
« Alors, comment se porte le désert ? Tu as vu des choses intéressantes, ces temps-cis ? »
Ça n’est pas avec Alistair que je vais échanger des ragots, mais après tout je ne m’y attends pas spécialement non plus. Pour ça, j’ai des gens comme Zelda, ou Mme Beaupied de temps à autre. Mais ça ne m’empêche pas de faire la conversation.
Et puis, après tout, Lago City a été d’un calme inhabituel ces derniers jours. Mis à part un abruti de junkie qui a essayé de forcer la porte de mon arrière-boutique – et qui l’a regretté amèrement par la suite, ou du moins pendant les quatorze minutes de choc tétanique qui ont précédé son décès – je n’ai pas eu une semaine très folichonne. Peut-être que celle du modeleur a été plus agitée…
 
Comme on a suffisamment marché pour s’éloigner de la pollution lumineuse de Lago City, je jette un regard sur l’horizon. Les étoiles se lèvent timidement au dessus de l’étendue rocailleuse désertique qui nous sépare des premières ombres de la forêt sèche. Je soupire. Le couloir, creusé par une rivière depuis longtemps asséchée, est réputé pour fourmiller de saloperies à la tombée du jour...
 
Peut-être que je ferais mieux d’arrêter de me soucier de mon ennui et de mes jours tranquilles pour me mettre à espérer que cette non-agitation se prolonge pour le temps de notre voyage. Car si mes journées se sont enchaînées sans incidents, il n’en sera probablement pas de même pour la fin de celle-ci, si on se met à jouer de malchance.
 
« Ugh. Je déteste ce coin… »
 
Mes dents grincent alors qu’on amorce le début de la descente. Inconsciemment, je me rapproche un peu du modeleur, caressant à travers ma manche la bosse que forme le Derringer lové contre mon poignet gauche.
 
 
J’ai déjà dit que j’étais très contente qu’il ait accepté de venir ?
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Lun 8 Juin - 21:34

- Mmh-hmmm-mmm...

Il hoche la tête pour confirmer. Cette femme savait comment nourrir un sorcier respectable. Au moins, il n'y avait pas de victimes, pas de traces de magie rien pourquoi des gens pourraient s'emparer de leurs objets tranchants et allumer des torches.

- Ouais pas de soucis. Il sirota encore quelques gorgées. J'vais t'la rendre.

C'est clair que chez elle, c'était en plus tout le luxe de la livraison dans un emballage à la fois solide et facile à percer avec les dents. La femme parfaite, je vous dis.

Il a fallu plusieurs minutes à Alistair pour saisir ce qu'elle lui demandait. Mais une fois que ça s'était rangé dans son esprit, il lui rendit la poche de sang, encore à moitié pleine et répondit.

- Ben, il va bien. J'ai vu un mec avec des griffes. Il m'a parlé d'un coin où y a plein d'mutants. J'pense que j'vais aller les soigner des fois. Le mec, il a dit qu'il avait des choses à me donner en échange.

Voilà pour l'histoire des derniers temps. Sinon, et il en avait parfaitement conscience, la vie d'Alistair était ennuyeuse pour la plupart des gens. Monotone, elle tournait autour de la survie et de sa légère paranoïa d'ermite cherchant à fuir les dangers du monde. Il avait depuis longtemps compris qu'il n'y avait pas grand intérêt à le raconter aux gens. En quoi ça pourrait les intéresser ?

- Ouais, c'est pas terrible. Mais on devrait pas trop avoir d'emmerdes. On va pas être très visibles dans le noir. Et on fait pas de bruits de caravane, personne voudra nous chercher.

Seul, Alistair serait complètement invisible et silencieux. Avec elle... Il perdait un peu en discrétion mais il gagnait en quantité de sang à utiliser. Il ne lui fallait pas grand-chose pour aveugler ou assommer un adversaire. Donc ils avaient de quoi assurer leur fuite.

- Sinon, on peut couper un peu par le territoire de Fairy. Là, on risque moins.
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Mar 9 Juin - 23:55

Comme le jour commence sérieusement à baisser, j’attrape dans mon sac un petit flacon de collyre étiquette ‘tiotropium’. Pendant qu'il me parle, je m’en dépose deux gouttes à la pipette sur le bout de l’ongle. Puis je penche la tête une seconde pour les faire glisser contre mon canal lacrymal. Ça ne me rendra pas nyctalope, mais ça devrait provoquer une mydriase suffisante pour me donner un coup de pouce pour voyager dans le noir. Et comme c’est une recette maison j’y ai rajouté un petit brin de caféine qui fait toujours du bien par où il passe…

« T’as un sacré carnet d’adresse pour un ermite. Je te pensais moins sociable que ça... Enfin si tu estimes que c’est plus sûr C’est toi qui vois après tout. Moi, à part les trucs qui poussent, j’ai pas l’expertise. »
 
Je cligne deux trois fois des yeux pour répartir les gouttes, et puis je laisse la magie faire son effet…
 
« Même si, faut pas croire, ça peut être salement revanchard, une plante. Il y a quelques années j’ai vu un type se faire bouffer vivant par une espèce de champignons qui vaporise ses sucs digestifs, et je peux te dire que… »
 
Et là… Survient l’interruption la plus grotesquement efficace de toute l’histoire des gens qui m’ont dit un jour de la fermer. Et pourtant, j’en ai vu des tas, croyez moi. J’ai cette tendance au monologue impertinent qui invite l’interruption. De la claque dans la gueule à l’insulte gratuite, en passant par la remarque passive agressive, je pensais avoir tout vu. Mais le tir de flèche dans le nibard, on me l’avait encore jamais faite…
 
Le souffle coupé par l’impact, je recule d’un pas. Mes yeux se sont posés sur la tige de métal qui me sort grossièrement du sein droit comme un déguisement de quinqua nympho ou de reine de la pop sur le déclin.
 
« Oh merde. »        
 
Ma voix n’est qu’un chuchotement. Un filet d’air qui siffle entre mes dents serrées. Je n’ai pas assez de souffle pour produire plus de bruit que ça.
 
Les secondes s’étirent et se contorsionnent. Et la panique semble mettre une éternité à me gagner. L’espace d’un instant, j’ai l’impression que le temps s’arrête et que tout disparaît autour de moi. Je peux sentir ma chair se contracter autour de la flèche, et le métal froid qui se réchauffe au contact de mon sang. Ca ruissèle, là en dessous, contre le tissu de ma cape, et ça imbibe ma chemise. Merde. Merde. Merde. Mon cerveau commence à peine à réaliser ce qui est en train de se passer. L’engin est passé droit à travers ma cape, mes fringues, et même les quelques couches de viande et de graisse qui recouvrent ma cage thoracique. Je ne saurais pas dire si le poumon est touché. Mon souffle est court, mais je me remets à peine du premier impact qui m’a coupé la respiration.
 
Soudain, l’adrénaline atteint mon cerveau et je reprends brutalement contact avec la réalité. Je sens qu’on me tire sur le côté, et je perds l’équilibre juste à temps pour sentir une seconde flèche siffler à l’endroit même où se trouvait ma tête l’instant d’avant. A quelque dizaines de mètres plus bas, dans la gorge, on peut voir s’allumer des phares de motos.
 
‘Oh merde’, effectivement.
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Mer 10 Juin - 20:30

Elle parle.

Elle parle beaucoup. Mais Alistair ne s'en inquiète pas outre mesure. Ils sont à peine visibles et ils verraient normalement venir n'importe quelle patrouille des gangs ou autres pillards qui pourraient sévir dans le coin. Surtout que dans le coin en question, le plus fort groupe organisé, c'est justement celui de la Fée. Donc il y avait toujours moyen de négocier.

- Ah ouais. J'ai vu ça aussi, une fois. Enfin, il mangeaient un animal, les champignons. C'était vite plié. Alistair hoche la tête et gesticule quelque chose pour appuyer son propos. J'me souviens qu'en plus...

Il y a un changement. Hyacinthe s'arrête et son cœur manque un battement avant de s'emballer. Il peut le sentir. Le coup n'est pas du genre mortel. Ou pas immédiatement. Elle pourrait tenir un moment sans retirer la flèche et en appuyant dessus.
Le sorcier est rapide comme le sont les gens construits pour la survie. Il empoigne sa protégée et la met à terre, à ses côtés, derrière un rocher. Il lui fait signe de ne pas bouger et écoute. Le silence n'est interrompu que par leurs respirations. Quelqu'un les chasse et attend de son côté qu'ils bougent ou que la blessée crève pour venir la fouiller. Alistair ne peut pas déterminer si l'autre ou les autres savent qu'il est là aussi.

La nécessité pousse à certaines pratiques peu agréables. Une main sur la bouche de la Dame des Ronces, ll arrache la flèche (ou peut-être est-ce un carreau d'arbalète ?) de l'autre avant de la jeter sur le côté. En serrant le poing, Alistair mobilise sa volonté pour plier les tissus à sa volonté. La plaie se referme. Ça n'est ni beau, ni très habile, mais elle ne saigne pas et sa vie est hors de danger. Les traitements plus cosmétiques pourront se faire plus tard.

Pendant quelques secondes, il est aveugle. Un voile rouge couvre son regard, le temps que ses forces lui reviennent. A tâtons, il fouille la femme à ses côtés pour récupérer la poche de sang qu'il avait entamée plus tôt. Au moment, où il met la main dessus des lumières jaillissent de derrière leur rocher. Des phares. Plus que deux et venant de différents angles. Le vrombissement des moteurs résonne. Quelques tirs en l'air retentissent aussi. Une patrouille motorisée... S'ils ne voient pas de corps, ils vont venir le chercher.

Alistair boit et sent de nouvelles opportunités d'utiliser ses pouvoirs. Il ferme les yeux et serre les paupières de toutes ses forces. Il y a plusieurs petits groupes de gens. Des petits paquets, plusieurs par véhicule. Trois... Quatre voitures ? Des motos peut-être. Même s'il se verse toute la réserve de sang dans la gorge, il y a fort à parier qu'ils ne survivront pas à cette rencontre. Alors il n'y a pas grand chose à faire.

- TIREZ PAS ! Le sorcier crie de toute ses forces. J'VIENS PARLER AVEC FAIRY, PUTAIN !

Les moteurs cessent de grogner et un nouveau silence s'installe.
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Jeu 11 Juin - 0:38

Comment bien finir une journée ?
Torturer un prisonnier ? Mieux.
Coucher avec ? Mieux.
Jouir en lui arrachant la carotide avec les dents ! Ca c'est une bonne fin de journée !


Bon d'accord, un peu suant à nettoyer selon ton personnel mais si ils ne veulent pas finir comme lui ils devraient arrêter de se plaindre. Tu replies tes ailes contre ton dos et relève le prisonnier en posant rapidement ta main sur sa blessure. La chair se referme comme si de rien n'était et tu embrasses ton amant.
« A demain, mon beau »
Tu t'en vas vers tes appartements quand des gardes rentrent pour le tirer de l’autre côté de la grande salle vers sa chambre/cellule dont seules les portes épaisses isolent le reste de la base de ses gémissements. Quel tapette... Au moins il est pas en prison lui.

Tu passes sous la douche histoire de te débarrasser du sang qui commence à cailler et profiter de la chaleur réconfortante de l'eau qui coule sur ton visage et tes ailes dépliées. Sensation si douce, comme un flux continu de sang qui resterait chaud … Faudra que tu demandes si tu pourrais avoir un robinet pour le sang ! Ca risque de revenir cher par contre.

Tu replies tes ailes et enfiles une tenue confortable pour le compte-rendu des opérations de la journée. Baguette au fourreau, tu arpentes les couloirs en sifflotant un air vaguement remémoré de ton enfance... Avant l’abandon bien sur. Tu arrives enfin dans le QG où tout le monde t'attend, comme d'habitude. Rien de bien intéressant, tu t'ennuies beaucoup … Des petits gangs qui essaient de s'imposer, des pertes dans les missions d'explorations … Tu commences à bailler quand un homme de main fait irruption dans la salle.

« Deux intrus dans le secteur K en direction du sud. »

Et toi qui pensais que ta soirée allait être ennuyeuse... Elle va finir merveilleusement bien !

« Bon, je veux 2 voitures et 3 motos avec moi ! On va péter du vagabond ! »


2 minutes plus tard le convoi est en route et les cibles visibles en 5 minutes, une grande et une petite selon les capteurs, ça devrait pas être bien compliqué. De tout l'espace disponible dans le désert ils devaient passer par ici, les sots.
Tu arrêtes ta moto à une distance raisonnable pour qu'ils n'entendent pas les moteurs et promet un esclave de la prison au choix à quiconque arrive à les atteindre à l'arc. Après deux essais totalement ratés, le troisième candidat tire enfin sa flèche à une distance respectable (quoique bien trop excentrée). Le quatrième réussit finalement à atteindre la plus petite des taches colorées du radar thermique.

« Ok les gars c'est parti ! »

Le convoie repart aussitôt vers les cibles quand une grand cri résonne

« TIREZ PAS ! J'VIENS PARLER AVEC FAIRY, PUTAIN ! » 

Tu freines immédiatement ta moto, le convoi t’imitant plus ou moins bien. Bon alors ils ne sont pas totalement stupides, ils savaient où ils passaient. Ton ego apprécie. Par contre cette voix te dit quelque chose mais de là à savoir qui … Il ne reste pas grand monde de ton passé donc la liste devrait être vite faite mais cette voix ne te revient juste pas.

Tu descends de ta moto, dégaine Baguette et avance vers la voix. Le passé le reste pour de bonnes raisons en général.

« Ça risque d’être gênant, je reconnais votre voix mais je vois pas qui vous êtes ... »

Tu t'approches encore et aperçoit enfin la grande silhouette près d'un rocher. Ah le con …

« Alistair, grand dadet, pourquoi tu m'as pas dit que c'était toi ? Fallait me prévenir que tu comptais passer ! »

En t'approchant de ton ancien camarade, tu vois enfin la femme derrière le rocher, visiblement guérie bien qu'encore recouverte de son propre sang. Oh elle devrait avoir l'habitude, elle est pubère …

« Une amie à toi je suppose, Al' ? …  MAX ! RAMENE TON CUL ICI ! »

Le tireur victorieux arrive en courant, le reste de la patrouille le suivant. Tu poses ton bras sur son épaule, l'embrasse sur la joue et l’emmène vers la blessée.

« Très beau tir ! Tu l'as bien eu ! Tu mériterais ton esclave mais bon
Lui faisant face, tu l'égorges d'un coup de Baguette.
ON NE TOUCHE PAS A MES AMIS ! Ou les amis de mes amis mais bon tout le monde connaît le proverbe donc on s'en fout un peu non ? Ca va Al' ? Quoi de neuf ? »

L'homme s'écroule aux pieds de la femme alors que tu embrasses le front de Alistair.
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Jeu 11 Juin - 14:14

Bon la grande nouvelle, et je m’en rends compte à peu près au moment où je m’écrase lamentablement entre le sable et la roche, c’est que le poumon a morflé. La chute suffit à me le vider des pauvres réserves d’air que j’avais réussi à maintenir dans mes quelques secondes d’état de choc. Alors quand Alistair me fais signe de faire la morte, tout ce que je peux lui répondre ce sont quelques bruits de respiration qui peine à reprendre.
Je sais pas si vous avez déjà essayé de vous étouffer sans faire de bruit, et avec une tige de métal plantée dans le poumon, mais en tout cas je peux vous garantir que c’est pas spécialement agréable…

Heureusement, le modeleur a de bons réflexes, et il a le jugement d’agir avant que le manque d’oxygène ne commencent à devenir un véritable problème. Je le laisse faire sa tambouille, faisant de mon mieux pour rester immobile malgré que mon cerveau se soit bloqué dans une litanie de « AAAAH DE L’AIR PUTAIN !! CA FAIT MAL ! Oh tiens c’est marrant comme sensation. ATTENDS NON ! D’ABORD : RESPIRER !! ». Comme quoi la rationalité ça tient à peu de chose. Heureusement pour nous deux, j’ai les dents bien trop serrées et les poumons bien trop vide pour émettre le moindre son.
 
Quand il s’écarte enfin, jetant dans le sable la flèche qu’il vient de sortir de mon corps, je prends l’inspiration la plus savoureuse de mon existence, et je me tourne aussitôt pour lui laisser accéder aux poches de sang qui sont dans mon sac. Vu la tronche que tire Alistair,  et la frénésie avec laquelle il se met à boire, je dirais qu’il faut que je profite bien de cette inspiration parce qu’elle fera probablement partie des dernières.
De la main droite, je serre mon Derringer, et de l’autre, je fouille la petite sacoche enroulée autour de ma cuisse. J’en extirpe avec précaution une aiguille d’une dizaine de centimètres dont je fais sauter le cache avec l’ongle du pouce. Si je dois crever ici, soit. C’est un endroit comme un autre et j’ai bien assez montré mon cul à la mort pour savoir qu’elle finirait par avoir le dernier mot un jour. En revanche, si je peux avoir mon mot à dire sur la façon dont je passe l’arme à gauche, vous pouvez être certains que je vais pas me contenter de m’allonger et penser à l’Angleterre.
 
Le Derringer, c’est pour voir à emmener quelqu’un avec moi le moment venu. Ça ne fera pas une différence monstrueuse, mais ça me donnera au moins un semblant de satisfaction rapport au bilan de mon existence.
L’aiguille, elle – ou plutôt le curare hyper concentré qu’elle contient – ça, c’est pour moi. Parce que si mourir est une chose avec laquelle je suis plus ou moins en paix, c’est toute la partie qui précède le moment fatidique qui m’inquiète un peu. Clamser, ok. Mais proprement. Qu’ils jouent avec mon cadavre si ça les enchante mais moi je ne tiens pas à rester pour y assister…
 
 
Et en fait non. En fait il s’avère qu’Alistair a des relations et j’ai envie de pleurer un peu tellement c’est beau le hasard des choses… S’il y a quelque chose, quelque part, qui a un tant soit peu main mise sur ce monde de merde et ce qu’il s’y passe, qu’il/elle soit loué/e pour les ermites et leur carnet d’adresse…
 
Pendant que le modeleur claque la bise à son pote sociopathe – je connais le gonze que de réputation mais si le tiers de ce qu’on m’a dit de lui est vrai, le surnom est plus que mérité – je me redresse comme je peux. Je hoche doucement la tête lorsque Fairy semble remarquer ma présence, sans oser bouger beaucoup plus.
Mon Derringer disparaît de nouveau sous ma manche, parce que bon vu notre situation il vaut mieux éviter l’incident diplomatique, mais je garde quand même mon aiguille entre les doigts. Surtout qu’en matière de profanation de cadavres et autres joyeusetés pré-mortem, la foule qui m’entourait avait un historique un peu trop dérangeant pour moi…
 
Et puis comme pour illustrer ma pensée, voilà que le type me balance un cadavre – apparemment celui que je devais remercier pour l’équivalent médiéval d’un piercing au poumon – tout sanguinolent sur les genoux.
 
Je regarde un moment le mec gargouiller dans des bulles son propre sang, et lui tapote l’épaule du bout des doigts. Je marmonne;
 
« Mieux vaut toi que moi, mon vieux. Et entre nous je suis contente que ça soit toi… »
 
Le type m’interrompt d’un joli concert de toussotements et de bave. Je lui tourne la tête avant de me faire cracher un caillot à la gueule, et puis comme il se décide pas à crever et que ça me saoule de pas pouvoir écouter ce qui se dit au-dessus, je finis par lui coller mon aiguille dans la poitrine. C’est l’histoire de quelques secondes, passées dans la paralysie la plus totale. Moi au moins j’avais eu la décence de viser le cœur…
 
« Très contente. »
 
Oui bon je ne suis pas douée pour les one-liners. Mais après, qu’est-ce que j’étais censé dire ? « Œil pour œil, téton pour téton ? » Nah. Dans ces moments-là, il vaut mieux que je m’abstienne…
 
Je retire l’aiguille sans la casser, l’essuie vite fait sur un coin de son T-shirt encore propre, et la fait disparaître comme elle était venue. Puis je me relève et réitère mon hochement de tête-salutation en direction de Fairy.
 

« Navrée de l’interruption. » Je jette un coup d’œil en direction d’Alistair. « Tu nous présente ? »


Dernière édition par Dame des Ronces le Jeu 11 Juin - 14:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Jeu 11 Juin - 14:44

- Oh putain, il est venu jusqu'ici.

Alistair souffle cette remarque à sa compagne. Il n'est pas encore certain si c'est une bonne chose. Avec le chef, il y a moyen de négocier bien sûr. Mais seulement s'il est dans un bon jour.
Un battement de cœur se détache des autres et approche d'eux. C'est lui, aucun doute. Entre modeleurs, c'est pas difficile de sentir son semblable quand il y en a un qui s'approche. C'est pas non plus très compliqué de savoir lequel des deux est le plus dangereux.

Fairy... c'est Fairy. C'est la seule personne pouvant traiter Alistair de grand dadet comme ça, sans que ça ne soit vexant. Ça ne l'est pas parce que c'est tout bonnement glauque. La Fée du sang a toujours eu l'une ou l'autre case en moins et ça s'arrange pas. Mais au fond, l'ermite est content d'avoir vu ce petit salopard grandir dans la même grotte que lui. Surtout maintenant.

- Ouais, la prochaine fois j'vais me taper trente bornes en plus te le dire.

Il grogne en se relevant. La suite était prévisible. Fairy est comme ça. La seule chose prévisible à son sujet c'est justement le fait qu'il ne l'est pas. Pour le cerveau d'Alistair ça fait trop de changements dans le comportement, trop vite. A un moment, on dirait qu'il va vous sucer la bite, à l'instant d'après il vous plante son couteau coloré dans la gorge.

Ouais mec, désolé. Mieux vaut toi que nous. Mais fallait-il vraiment gâcher cinq litres de sang comme ça ?

Alistair n'a pas le temps de trouver une réponse. Son ami d'enfance lui demande comment ça va et l'embrasse. Il ne peut pas s'empêcher de frissonner. C'est pas parce qu'il pourrait lui tenir tête quelques minutes qu'il a envie de mourir ici. Il pose sa main sur l'épaule de Fairy quand même et le tapote un peu.

- Ça va. Enfin, c'était mieux avant qu'on nous tire dessus. Sinon, ça baigne, hein j'suis toujours en vie.

Ouais pour le moment. Il sourit un peu, mais toujours crispé.

- Et toi ? Ça a l'air d'aller.

La conversation serait sans doute différente si la rencontre était planifiée ou s'ils étaient seuls. Il y avait vraiment moyen de bavarder avec Fairy quand il n'y avait pas trop de gens à manger autour et que le chef de gang pensait à autre chose que la douleur de son prochain.

Heureusement, la Dame des Ronces vient se glisser à leurs côtés, manifestement en meilleure forme qu'il y a quelques instants. Alistair avait bâclé le travail donc elle avait plus un bouchon de viande que de vrais tissus dans la poitrine mais ça n'allait pas la gêner à court terme. Ils verraient plus tard pour les détails.
Elle, elle sait comment discutent les gens civilisés.

- Euh ouais, c'est... Hyacinthe. Elle bosse en ville. Et heu... Comment on le présente, ce monstre ? Ben... C'est Fuck Fairy, il est le chef ici quoi. Et on s'connait depuis longtemps...

Pas besoin de rentrer dans les détails, hein. Alistair désigne la botaniste du pouce.

- On allait juste chercher des plantes dans la forêt. J'me disais que c'était plus court par là. On voulait pas déranger, hein...
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Jeu 11 Juin - 16:40

Tu surveilles de l’œil ton homme agonisant au sol, le sang se mêlant lentement à la terre en formant une boue  cramoisie dans laquelle trempent ses mèches blondes . Jolie couleur pour des murs !
Espérons que le flux arrête de couler avant qu'il ne se vide, il pourrait toujours en récupérer un peu. Dommage pour Max, il était mignon mais il avait qu'à pas suivre tes ordres. De toute façon tu pourras toujours ramener le cadavre et voir ce que tu en feras au camp.

Tu écoutes brièvement la réponse d'Alistair et sens le sang de Max se troubler. Regardant la femme tu la vois retirer une aiguille du cœur. Bon va falloir filtrer, merci madame …
Elle s'approche et Alistair fait les présentations. Hyacynthe la botaniste, really ? Enfin bon qui es tu pour juger les gens sur leur nom ? Mais toi tu as une histoire derrière ce nom … Enfin bref, autre problème.

Tu tends la main à la dame et profite qu'elle te la serre pour la tirer à toi et renifler. Saveurs fruitées et fortes... et un arrière goût inconnu.

« T'en fais pas Al' tu sais que tu es le bienvenue. Tu lâches Hyacynthe. Par contre la madame va devoir un peu payer, on n'empoissonne pas mes hommes agonisants comme ça. Tu la rattrapes par le col. Il y a que moi qui ait droit sur leur sang. Tu la fixes dans les yeux pendant 5 secondes puis la relâches en rigolant. Tu es devenu escort Al'chou ? Je savais que tu étais trop mignon pour finir simple vagabond ? »

Tu leurs fais signe de te suivre et avance vers les véhicules. Tes hommes se plaçant instinctivement autour de vous et celui à l’arrière récupère le cadavre de Max.

« Comme tu peux le voir, mon retour fut assez triomphant. J'ai repris le business familial avec plus de succès que mes prédécesseurs. Bon il y a toujours des améliorations possibles mais je vais pas tarder à m'étendre vers Lago donc à partir de là je devrais être comme un coq en pâte. C'est moche comme expression tu trouves pas ? Je trouve assez … Un avis Hyacynthe ? Non que ça m’intéresse vraiment en fait … Sans vouloir t'offenser mais on se connait pas. On a pas manipulé le sang ensemble. »

Arrivés aux voitures, tu réalises que ca va être serré pour les nouveaux arrivés, Max va prendre moins de place certes mais ils risquent quand même d'être à l'étroit. Te retournant vers tes hommes, tu vois le défunt porté en sac à patates se vidant de son sang froid sur le sable.  Empoignant Baguette tu la lances dans le crane de son porteur, le goujat, la lame passant entre tes invités à la distance adéquate de la femme pour être clair quant à ton appréciation de son action antérieure.

«Et ca fait deux places ! Je manquais de sang disponible de toute façon. D'ailleurs j'étais sérieux pour le prix de passage de la madame, Al … Elle a le sang étrange donc je suis pas trop sûr de vouloir tester sans rien avant … Mais le sang de modeleur par contre, c'est assez rare et le mien me lasse … »

Te rapprochant de ton interlocuteur, tu lui caresses le cou et le menton de tes ongles. Un petit sourire mi-carnassier mi-gnon se dessinant sur ton visage.

« Tu voudrais pas aider ton ami Al' ? En souvenir du bon vieux temps. »

Faut que t’arrêtes de tuer tes hommes aussi, abruti ...
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Jeu 11 Juin - 18:01

En temps normal j’objecterai au ‘juste chercher des plantes dans la forêt ‘ parce que c’est quand même un poil plus complexe que ça ce que je fais, merde. Mais bon je conçois bien que c’est pas tellement le moment de la ramener, alors je me contente de regarder mes pieds en ruminant dans ma tête.
D’ailleurs à ce propos-là, j’aimerai qu’on s’arrête une seconde en reconnaissance du sang froid dont je suis en train de faire preuve – même si la peur de crever doit y être pour beaucoup – parce que le type me chope le bras, commence à me renifler comme un malpropre, à se plaindre que ‘gna gna ouin ouin la vilaine dame a mis un peu de curare dans le type que je viens d’égorger pour aucune raison’, et je bronche pas d’un poil.
Eventuellement j’ai les muscles qui se crispent, rapport au fait que je suis pas bien à l’aise avec l’idée qu’on attente à mon intégrité physique, mais franchement pour quelqu’un qui est en train de se faire malmener comme un prématuré entre les dents d’un doberman, je trouve que j’ai quand même une paire de couille en acier trempé. Figurativement.


Vous m’avez comprise.
 
Bon évidemment j’ai pas beaucoup d’autres options que ‘serrer les dents et attendre que ça passe’ surtout si j’ai envie qu’on s’en tire un minimum vivants. Alistair a l’air en meilleure posture que moi, même si je suis pas bien sûre de comment ils en sont venus à êtres BFF, frères de sang ou peu importe. Mais avec un type aussi imprévisible que Fairy, même ça n’a pas l’air d’une garantie infaillible.
 
Je force un sourire à sa vanne de merde, pour la forme, et je suis le mouvement.
 
Mon cœur rate un battement au moment où la lame du type me rase l’oreille. Je ne dis rien, je regarde la mèche de cheveux qu’il vient de sectionner au passage tomber lentement au sol, et rien à part l’accélération de mon rythme cardiaque ne trahit mon émotion. Mais il sait, de la même manière qu’Alistair sait, et je sais qu’ils savent tous les deux. Ça me met en rogne.  
 
J’ai même pas l’énergie de me sentir mal pour le deuxième type qui finit d’agoniser derrière moi. J’en ai juste marre de cette journée de merde, des gens qui savent pas crever en silence, des magiciens psychotiques à la sexualité douteuse, des flèches dans le poumon, et par-dessus tout, j’en ai marre que l’autre truffe monopolise le temps de parole parce que d’habitude, les monologues flamboyants et enjoués c’est MON truc. Ugh. Et en plus la lumière des phares me colle mal à la tête à cause du tiotropium.
 
Je dévisage Fairy quand il fait une remarque sur l’étrangeté de mon sang, et j’ai envie de lui répondre que personne ne s’est jamais plaint, mais que s’il veut tenter sa chance je serais ravie de faire de mon mieux pour lui coller la chiasse. Ou des ulcères. Ou les deux. Mieux. Qu’il me bouffe, on verra s’il reste assez de scopolamine dans mon système pour le coller dans le coma.
 
Mais mon sang est propre, ou du moins aussi propre qu’il peut l’être quand on a mon bilan toxicologique, et je le sais très bien, parce que j’avais prévu de pouvoir le donner à boire à Alistair en cas d’urgence. J’avais même pris la précaution de me recharger en fer… Comme quoi, à voir où ça nous a mené, ce sont les petites attentions qui vous coûtent le plus…
 
L’avantage c’est que je ne risque pas de faire une anémie dans la demie heure, et ce malgré la jolie quantité de sang que je viens de vider par terre. Le désavantage c’est que je peux me carrer mes rêves de dysenterie vengeresse au feu.

« Tu prends mon sang, tu prends le sien, tu fais comme tu préfères, c’est toi qui a la plus grosse. Mais si je suis pas à la forêt sèche d’ici demain matin, on peut tous dire au revoir à la prochaine production de MDMA de la ville. Même le plus brillant des chimistes pourra rien faire si je lui ramène pas de safrole. Mais après si vous êtes partant pour vous asseoir dessus, on peut toujours rester là à se renifler le derrière. »

Oui bon, j’ai du sang froid, mais faut pas trop m’en demander non plus. Quand ça commence à m’empêcher de bosser, ça devient pénible.
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Jeu 11 Juin - 18:44

Les choses auraient pu être pires. Elles auraient pu être mieux aussi. Beaucoup mieux. Il y a trop de monde autour d'Alistair pour qu'il puisse être heureux. Mais il se contenterait bien volontiers de rester là à ne rien dire. Malheureusement, il peut pas. Déjà, parce qu'on lui pose des questions. Et aussi parce que quelqu'un doit contredire F. Sans quoi, ils vont pas s'en sortir, Hyacinthe et lui.

- Heu... J'aide les gens, parfois. Ça paye. Là, ouais... j'escorte.

Le vocabulaire érotique d'Alistair est encore plus restreint que les autres. L'idée générale ne lui a pas échappé, mais il préfère tirer les choses au clair.

- J'ai entendu dire. Putain, tout Prayvis a entendu dire que t'es le chef ici, mec. T'es l'une des raisons pour lesquelles on chasse les sorciers et qu'on raconte des tas d'histoire sur eux. Félicitations. Tu gères.

La dague passa à peu près à ce moment-là à côté d'eux. Très près de la femme sous sa protection. Alistair se crispa légèrement, lui aussi. Ensuite vient la partie délicate. La Fée veut du sang. Encore plus, toujours plus. Bien sûr, quant on a les moyens et peu de discipline en termes de consommation, c'est ce qui arrive. Des fois, l'ermite avait tenté de s'imaginer des sorciers de Prayvis lâchés sur l'un de ces mondes dans les étoiles où il y a plein de gens. Fairy ne pourrait sans doute pas se retenir. Mais ici et maintenant, c'est lui qui fait la loi.

- Ben justement. J'aurais dit que tu pourrais rendre service et nous laisser continuer. J'veux dire, c'est toi le mec plein aux as ici, pas moi.

Cette fois, la botaniste n'est la seule crispée. Les hommes du gang lancent des regards inquiets autour d'eux et passent de leur chef à l'autre modeleur avec appréhension. En principe, là, Alistair devrait être en train de se noyer dans son propre sang... Mais ça n'est pas le cas. Il va sans doute falloir genre dix ans avant que l'affaire se tasse mais il faut épuiser un peu de cette amitié pour les sortir de là.

- De toute façon, on doit y aller... Genre vraiment, on est pressés quoi. J'viendrai plus tard, si tu veux, te rendre visite ou quoi.

Il ne croyait pas avoir à promettre des visites de courtoisie à qui que ce soit. Mais c'est le cas. La seule personne qui se rapproche d'un ami d'enfance dans la vie d'Alistair vaut bien ça...

La botaniste se met à parler.

Oh bordel.

Bon, dire à Fairy qu'il a la plus grosse, c'est bien. Mais la suite ne le fait pas. Genre vraiment pas. Là, c'est le moment où le chef du gang égorge la fille, fait un collier avec ses tripes et l'offre à Alistair avant de l'inviter à boire un coup et à parler de leur jeunesse (genre de quand ils étaient encore plus jeunes). Et quand même, elle est sympa et l'autre sorcier abuse grave.

Heureusement, lorsqu'il est question de réflexes et de force physique, l'ermite n'a rien à envier à l'homme d'affaires. Dans un geste fluide et continu, Alistair sort un couteau et s'entaille l'avant bras avant de s'en servir pour attraper Fairy "au vol" et plaquer la plaie contre sa bouche. Avec l'autre bras, il verrouille sa prise sur la tête de l'homme qu'il serre contre lui. Le contact des ailes au travers des vêtements est étrange mais il faut faire avec.

Vient s'y ajouter un choix de termes peu judicieux.

- Suce et tais-toi. Alistair le glisse juste à l'oreille de Fairy mais ne se rend pas tout de suite compte à quel point c'est ridicule.

Au bout d'un peu moins qu'une minute, il tourne le poignet comme pour fermer un robinet invisible et la plaie se referme. Il lâche alors Fairy.

- Ça va mieux ?
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Jeu 11 Juin - 23:24

Putain il a un peu vieilli Alistouille quand même … Toi aussi mais tu te sers du sang de tes amants pour te rajeunir, une vieille histoire de la Terre d'après les quelques bouquins que tu as lu jeune. Sauf que là ça marche. Prends ca Nivéo et tes crèmes miracles.

Bref Alistair, tu sens le flux régulier de sang quittant son cœur. Ça rentre. Pouf, ça sort. C'est relaxant en quelque sorte. Plus relaxant en tout cas que le pouls accéléré et irrégulier de sa compagne... Putain elle a pas intérêt à faire une attaque ou Alili va faire la gueule. Enfin plus que d'habitude.

Et elle ouvre enfin la bouche ! Oh putain … Qu'est ce que c'est que ce bordel !? La drogue ? Mais qu'est ce que j'en ai à foutre de la MD !? Enfin c'est bien sympa dans les orgies mais c'est pas ça qui va te manquer. Elle se prend pour qui là Miss Nature ? D'où elle te parle comme ca ?!

Tu commences à attraper Baguette et ouvres la bouche quand celle ci finit bloqué et remplit d'un liquide bien trop familier pour t'en séparer. Ce liquide chaud qui glisse sur ta langue, que tu savoures une demi seconde avant de l'avaler aussitôt. Ce liquide qui glisse le long de ta gorge avant de se perdre dans ton estomac, t'échauffant entièrement. Ça faisait bien longtemps que tu n'avais pas goûté un tel sang. Il y a pas à dire, les modeleurs c'est pas le même niveau.

La dégustation s’arrête avant que tu aies le temps de finir de te rassasier te laissant brièvement comme un bébé à qui on enlève son biberon. Tu te lèches les lèvres pour en retirer les dernières gouttes

« J'aime beaucoup tes initiatives Al' chéri. Fallait me dire que tu étais aussi spontané, on aurait pu 'discuter' bien plus tôt. »

Reportant ton attention sur la femme tu reprends.

« Par contre toi je suis pas vraiment sûr que on se soit bien compris. »

Tu te rapproches d'elle, tes hommes portant la main sur leurs différentes armes. Tendant la main vers son col, tu agrippes sa cape et t'essuies le sang qui couvre partiellement le reste de ton visage.

« Ça rapporte beaucoup la MD ? On a toujours besoin d'argent de par chez moi. Si tu apprends à un peu la fermer on peut parler business ma belle. J'aime pas trop les femmes ni qu'on me tienne tête mais si Al'love estime que tu mérites qu'il sacrifie son sang, je veux bien faire un effort. »

Tu repars vers les camions, en profitant pour repasser la main sur la joue de Alilou. Tu sais que il déteste ça et ca t'amuse terriblement. D'autant plus que son don a entraîné chez toi des flux de sang que tu devras calmer plus tard dans la soirée. Le meilleur flux de sang à provoquer chez les autres d'ailleurs …
Tu montes dans le camion.

« On en parlera en route, on va vous approcher. »
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Ven 12 Juin - 0:45

« Tu sais H, ta grande gueule, un jour, elle te coûtera cher… »
 
Ah, ma petite Zelda. Tu n’as pas idée…
 
Ce n’est pas que je sois proprement inconsciente, vous savez. En temps normal, je suis quelqu’un de relativement sensé. J’ai un minimum de logique. Je prends mes décisions à tête reposée. Je me laisse un peu emporter par moments, quand on interfère avec mon travail, ou quand on remet en doute mes compétences. Mais en somme je sais presque toujours peser mes mots quand c’est dans mon intérêt.
 
Presque.
 
Parce que oui, même les Hommes de science peuvent être sujets aux journées de merde, et à l’irritabilité d’une migraine prolongée couplée à un excès d’adrénaline dans le sang. Oui, aujourd’hui j’ai le sang chaud, même si je réalise bien que c’est peut-être le pire moment de mon existence pour être irritable. Et oui, je me rends bien compte que sans l’intervention d’Alistair je serais déjà en train de buller tranquillement par la carotide à côté de mon pote Max le macchabée. Le type est bien aimable de continuer à donner de sa personne pour me sortir du pétrin, surtout vu que j’ai bien tendu l’arbalète pour me faire tirer dessus, sur ce coup-là.
 
Si on s’en sort, je lui enverrai des fleurs. Ou des chocolats. Ou des larmes d’orphelins. Ou tout ça à la fois emballés dans une boîte en forme de cœur, histoire de marquer le coup. Je suis pas du genre sentimentale mais un sacrifice comme ça, au vu des circonstances, c’est plus que ‘fort bien aimable’, et vous m’en voyez tout à fait reconnaissante.
 
Je rumine sur ma stupidité pendant qu’il tête au bras de mon ami comme un veau sur sa mère – heureusement pour moi et pour le sarcasme, il ne peut pas m’entendre penser. Puis, quand il vient s’essuyer la tronche dans ma cape, malgré la tension générale je me contente de laisser mes mains en évidence et de le regarder faire. Ça aurait pu être bien pire…
 
« De toute évidence, et je m’en excuse. » 
 
Je le suis alors que le reste de ses hommes se mettent en route. Bientôt, on est tous entassés à l’arrière d’un camion militaire, moi et Alistair d’un côté, Clochette et un de ses sbires de l’autre. J’ai chaud, la lumière commence à faire pleurer mes yeux en mydriase en plus de me filer mal au crâne… Jamais autant de mètres cubes ne m’ont paru aussi étroits. Et en plus de ça il faut que je sois diplomate. Bleh.
 
« J’espère que vous pardonnerez mon irritabilité de toute à l’heure. Je ne suis pas au meilleur de ma… forme, et je me suis visiblement trop habituée à être indispensable. »
 
J’ai surtout eu tort de me croire sur un terrain que je maîtrise. Dans la forêt, au beau milieu de Lago City où tout le monde sait plus ou moins respecter l’importance de mon expertise, j’ai passé trop de temps entourés de gens dont je pouvais prévoir les décisions. Des gens sur qui j’avais un minimum d’appui.
 
Là, j’étais hors de mon élément, et de l’avoir oublié, même une seconde, avait failli coûter ma vie et celle d’Alistair. Alors je vais me carrer ma fierté et ma mauvaise humeur dans le fondement pour le reste de cette foutue conversation.
 
 Fairy me regarde avec insistance, et je prends ça pour une invitation à poursuivre – sans le manque de respect flagrant cette fois – ce que j’avais maladroitement commencé tout à l’heure.
 
« Il y a effectivement un gros business à faire autour des trafics narcotiques à Lago City. La plupart se répartissent entre plusieurs petits groupes d’indépendants. Réseau étendu, grosses transactions. Et la plupart passent par moi vu que je suis le seul fournisseur fiable. Qu’on parle de récréatif ou de médical, ces réseaux sont un bon moyen de contrôler la population sur le long terme… »
 
Je suis pas spécialement enjouée à l’idée de laisser ce type s’installer sur le trône de la ville, mais face à une force aussi sensiblement immuable, il n’était jamais idiot de suivre le mouvement, ou au moins de se glisser dans l’engrenage pour s’en tirer avec un minimum de dégâts. Pas que le sort de ma clientèle m’importe particulièrement, mais si le type tuait mon business dans l’œuf en arrivant à Lago avec ses gros sabots de la terreur, ça ne m’arrangeait pas non plus. Autant minimiser l’impact.
 
« Pas que vous en ayez spécialement besoin, mais ça vous coûterait peu de vous les approprier, surtout en contrôlant les matières premières » Là je vais un petit signe dans ma direction histoire qu’il voie bien où je veux en venir « et ça resterai dangereux de les laisser en place sans supervision. »
 
Comme je sens deux grosses larmes qui commence à déborder de mes paupières pour partir en freestyle sur mes joues – putain de lumières qui flashent de mes deux – je vais pour les chasser, sans y prêter plus d’attention que ça, mais m’arrête net dans mon geste.
 

« Euh… » Bon dieu que cette question me parait stupide… « Quelqu’un les veux ? »
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Ven 12 Juin - 11:04

Les choses vont en s'améliorant. Alistair se jure intérieurement de se terrer dans sa grotte pendant les trois mois qui suivront cette expédition. Ne voir personne, ne plus parler, juste profiter de la vie en solitaire. Marcher seul dans le désert, méditer et ne croiser aucune de ses connaissances. Surtout ça.

En attendant, il faut rester concentré sur ce qui se passe. Comment font-ils pour parler autant et suivre ce qui se passe autour d'eux, bordel ?

- Ben j't'ai dit qu'on voulait pas déranger. Mais t'écoutes seulement la bouche pleine, toi.

Encore un truc qui va passer comme une lettre sur des roulettes à la poste. Fairy a bu, il est de bonne humeur, tout va bien. Ils vivront.
L'idée de revoir son ancien camarade en privé pour discuter (genre vraiment) n'est pas déplaisante à condition que ça se passe dans six mois ou quelque chose comme ça. Que l'ermite ait le temps de faire le plein d'ermitage. Après, ça peut être enrichissant de passer du temps avec un autre modeleur, surtout aussi doué. Mais pas tout de suite.

Heureusement, les deux autres parviennent à se faire la conversation sans qu'il ne faille sauver des vies. Alistair reste en retrait et ne comprend pas vraiment tout mais il est content qu'ils ne se sautent pas à la gorge. Là, il a épuisé ses jokers donc la prochaine fois Hyacinthe passe à la casserole (celle où on cuisine et on mange, pas l'autre de toute évidence).
Il saisit cependant que Fairy parle de s'installer à LAGO city. En gros, ça ne le gêne pas plus que ça... Sauf qu'un endroit vaguement neutre, c'est bon pour ses petites affaires. Avec un tyran assis dessus, la ville va se vider et les petits commerces qui filent des conserves aux modeleurs qui soignent des membres cassés et purgent les corps des maladies vont fermer boutique. Enfin peut-être. Mais il voit mal comment Fairy ferait un chef qui fait fleurir le commerce. Surtout que d'autres gars comme lui (ou presque comme lui) viendraient clamer la vite pour eux aussitôt. Et ça serait la guerre.

Mais on en est pas là. Et si la ville doit brûler, tant pis. Tant qu'Alistair n'est pas dedans, ça va aller. Au pire, il ira ailleurs pour se réapprovisionner. Comme chez les mutants.

L'ermite n'apprécie pas vraiment de devoir monter dans un véhicule. Les machines, c'est loin d'être son truc puis ça rend les jambes molles. Il n'y a qu'en marchant trente bornes par jour qu'on garde la forme. Et les machines qui n'ont pas de sang, donc on ne peut pas leur faire confiance.

Il avait vu la Dame des Ronces se mettre quelque chose dans les yeux. Là, elle pleure. De grosses larmes coulent sur ses joues. Et comme elle est serviable et gentille, elle pense à eux.

- J't'avais dit que c'était une amie. Alistair récupère deux larmes, une sur chaque index et s'en met un dans la bouche. Il tend l'autre à Fairy, juste après en hochant la tête. C'bon. Elles donnent bien.

Le goût salé se répand dans le corps du sorcier lui donnant de nouvelles forces. Un sourire se dessine malgré lui sur ses lèvres. Uniquement à cause du goût et de la force magique de la larme. Pas à cause de la fellation que le jeune chef de gang était en train de perpétrer sur son doigt.

- Héhé... Ça fait du bien. Il se ravisa et regarda Fairy. Mec, ça suffit. J'parlais de la larme, hein. Arrête de sucer mon doigt, putain.
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Lun 15 Juin - 18:46

Les rebonds du camion sur le sol irrégulier de Prayvis te berce pendant que la femme te parle.
Commencer à imposer sa domination dans d'autres domaines que la terreur peut être un excellent moyen d'étendre ton influence. Pourquoi tu y as pas pensé plus tôt crétin ? Bon d'accord ton amour pour le sang a toujours suffit à te faire respecter pour l'instant mais s'étendre c'est risquer de rencontrer d'autres cliques comme celles de Sa Majestravelo … Ridicule mais on sait jamais comment il défendrait son territoire. L'argent ou le contrôle d'un approvisionnement nécessaire de la ville aiderait dans ce cas.

« Bon on va dire que je peux pardonner tes traits d'esprits si ils restent rares … Mais uniquement si tes opérations sont aussi fructueuses que tu le dis. »

Suite à cela tu la voies se mettre à pleurer et te demandes si c'est dû à ta magnanimité (bien que tu ne connaisses pas ce mot). Peu importe on te propose la larme suite au sang, cerise sur le gâteau  Prayvis style. Tu commences à lécher le liquide salé sur le doigt d'Alistou, bon dieu que c'est bon. Le goût est différent des larmes habituelles chargées de souffrance et de terreur, celle la à un goût pur, légèrement énervé avec un soupçon d’inquiétude. Combinaison goutteuse. A peine as tu le temps de profiter que déjà Alist' t'engueule. Tu libères son doigt de ta bouche à contre coeur.

« Tu rouspétais moins avant Alulu. Depuis quand t'es devenu un vieux grognon ? »

Sur ce, tu lui rattrapes le bras et le lui lèche la paume de main. Au moins là il aura une raison de rouspéter.

« Sur ce, chérie, je vais quand même pas t'enlever ton gagne-pain mais si je t'assure une protection pendant la récolte et la transformation de ton produit je pense pouvoir demander 75% de ton chiffre d'affaires, tu ne penses pas ? »

Ton sourire s'élargit alors que tu sens son cœur accélérer. Bon dieu que le poker te manque, les victoires étaient tellement faciles avec ces pouvoirs. Évidemment plus personne ne veut jouer avec toi... Tous des mauvais joueurs !

Voyant le regard désapprobateur d'Aléli et jugeant que ta blague n'avait pas été comprise tu reprends.

« Bon et si on dit 25% ? Je veux quand même pas tuer le petit commerce … Et puis j'ai pas envie qu'Aliente me fasse la tête, j'ai encore besoin de lui pour deux trois taches... »

Fier de ton (mauvais) jeu de mot, tu poses ta tête sur l'épaule de l'homme à côté de toi. Tu le sens se tendre immédiatement. Faut pas être stressé à ce point Jonas, je vais pas tous vous tuer aujourd'hui...
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Lun 15 Juin - 19:51

Alistair est content lorsque les autres personnes présentes ne s'occupent pas de lui. Si les hommes de Fairy ne le connaissaient pas avant, là, ils vont se passer le mot pour l'éviter et surtout ne pas lui tirer dessus. Le gars assis avec eux dans le camion (saleté de machine dépourvue de sang) est probablement sur le point de se pisser dessus.

Bien.

La Dame des Ronces négocie avec la Fée sodomite en parlant de drogues. L'ermite part du principe que les drogues vont uniquement pourrir le sang des gens et que F s'en mordra les doigts. Mais il se rend compte aussi que s'il en parle maintenant, on versera du sang. Puis peut-être que c'est une bonne idée pour garantir qu'il ne mangera pas tout LAGO city dans les deux jours suivant son hypothétique conquête.

Il laisse rouler ses yeux d'agacement quand son prénom est déformé pour la énième fois de la soirée et que sa main est pleine de salive de psychopathe.

- Juste dépose-nous près de la forêt, Fairy. On s'verra une autre fois.

L'impatience d'Alistair ne provient pas de la pudeur. Il avait passé son enfance dans une grotte avec un vieil homme mangeur d'enfants et un paquet de gamins. Comme son dernier "ami" il avait passé cette étape de la sélection (pas) naturelle pour devenir à son tour un cannibale. Par contre, au fil des années, il avait appris à apprécier son intimité et donc son espace privé. Le chef de gang, en revanche, n'en avait pas et aimait envahir ceux des autres.

Sans parler du fait qu'il était quand même le mioche qu'Alistair avait connu étant lui-même déjà un homme. Ça n'était pas vraiment son délire même si... Ben, F était devenu non seulement puissant mais aussi séduisant. Et vous savez, la jeunesse et le pouvoir, en plus des affinités communes... Si seulement, ils avaient un endroit où se retrouver juste à deux. Le public, même composé de deux autres personnes, incommodait l'ermite au plus haut point.

- S'tu veux, je passerai te voir quand on sera de retour de la forêt. Genre seul. Si t'as envie de discuter.

Il aurait sans doute envie de boire du sang et celui de son invité et lui faire un tas de propositions déplacées. Encore une fois, Alistair n'avait rien contre le principe. Fairy à poil, ses ailes creepy mises à part, devait être beau à voir. Surtout seul. Vraiment, juste à deux avec un cadavre frais à vider. Ça, ça lui plairait plus.

Alors qu'il espérait que personne ne regardait, Alistair porta sa main à ses lèvres pour quand même goûter la salive de son ami. Elle ne véhiculait pas vraiment d'énergie, ni de sentiments. Mais elle était teintée de sang. Ce mec buvait tellement et mangeait tant de chair que même sa salive goûtait la mort et le pouvoir magique. L'ermite s'imagina ce que ça faisait de l'embrasser sur la bouche, avec la langue. Puis il se dit qu'on risquait probablement d'y perdre sa langue avant tout.

Mais le goût devait être excellent. Du moins pour ceux qui sauraient l'apprécier.
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Lun 15 Juin - 20:47

Qu’on se dise une chose : je ne suis pas quelqu’un de particulièrement impressionnable. J’ai vécu sur Prayvis suffisamment longtemps pour voir mon seuil de tolérance au morbide, au crade et au bizarre s’élever considérablement. Comprenez que le climat général n’est pas particulièrement favorable à des choses comme la pudeur ou le sens moral…
On fait avec les mœurs qu’on a, et chacun y va de son petit vice perso. Moi compris. Du coup c’est pas bibi qui vais aller faire la morale aux deux messieurs en train de se suçoter joyeusement les phalanges imbibées de larmes. Ça a l’air de déplaire à personne, même si Alistair essaie de la jouer prudente, et ma foi c’est pas non plus un spectacle insoutenable. Hm.

J’essaie de ne pas trop me laisser distraire mais c’est pas évident quand tout le monde se léchouille à cinquante centimètre de moi. Et même si le trip vampiro-pédérastique fait pas vraiment partie de mes préférences culturelles, ça m’empêche pas de profiter de la vue. Magie sanguinolente et Near-death-experiences à part, comme je le précisai un peu plus haut, sur Prayvis, on prend l’érotisme quotidien qu’on peut. 

Sauf que voilà :  j’ai une grande gueule et que, du coup, si vampiro-pédérastie il y a, c’est pas demain qu’on m’invitera pour regarder. Tout le monde fait la fête du slip dans la camionnette, et Hyacinthe elle s’assoit sur le bac à glaçon.
 
En parlant de glaçon, la fée des dents s’empresse d’achever au talon mon petit moment d’érotisme voyeur à grand coup de racket de de statistiques complètement  démesurées. Si mon cœur rate un battement, c’est surtout parce que pendant une seconde j’ai cru que je venais de me faire chopper. Et puis aussi parce que quand même. 75% ? Il m’a prise pour Crésus ou quoi le type ?



Finalement, Alistair lui lance un regard chargé et le gonze redevient raisonnable – La tension homo-érotique, meilleur amie du négociateur depuis 1997
Je me contente de hocher la tête, pas vraiment désireuse de me relancer dans une joute verbale avec le sociopathe de la semaine, surtout qu’Alistair semble se découvrir une sociabilité nouvelle en face de lui. Tant mieux pour lui, je suppose. Je sais pas comment c’est, la vie d’ermite, mais si le type en est à lécher la salive d’autrui sur ses paumes – oui oui, ne crois pas que je ne t’ai pas vu rouler ce patin à ta mimine – c’est qu’il doit pas s’y passer tant de choses que ça.
J’esquisse un sourire, laissant finalement Alistair à ses passions pour promener mes yeux au dehors, sur le paysage qui commence doucement à se transformer à mesure qu’on approche des premières végétations.
« Effectivement, ça me paraît plus prudent de nous laisser à la frontière. La Forêt sèche est pas la plus dangereuse du coin, mais avec une formation aussi importante vous n’iriez pas très loin. »

Surtout que je ne suis pas des masses motivée à lever le petit doigt pour les sortir du pétrin si ils ramènent leurs cliques sur mon territoire. La diplomatie m’oblige peut être à dissimuler le fond de ma pensée pour l’instant, mais il faudra me payer très cher et me supplier très longtemps si un de ces guignols – et surtout leur chef – s’amuse à toucher une des Drosera gigantis qui traînent dans les parages, ou mets les pieds dans une tourbière un peu trop profonde, souvent invisibles sous les amas de virevoltants.
« On devra probablement retraverser demain dans la soirée… » Essayez de pas nous tirer dessus ce coup-ci, ça serait sympatique. « Pour le paiement ça devra attendre quelques jours, que la transaction se fasse avec la Distribution. Mais dans tous les cas, vous savez où me trouver. »
 
Ou pas. Mais c’est pas franchement compliqué. Elle est connue ma boutique, quand même. J’ai bossé assez dur pour ça.
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Lun 15 Juin - 23:18

Accoudé sur l'épaule de Jonas tu passes ta main dans ses cheveux. Il les a relativement doux vu le manque d’hygiène des hommes de la base. Oui parce que tu vas quand même pas donner l'accès à des douches à tout le monde non plus. C'est quand même pas donné l'eau... Toi tu en as besoin mais pour les autres c'est plus sexy le côté baroudeur. Regarde ce brave Alchouchou, tout sale et tout sexy. Dommage qu'il soit aussi frigide le monsieur... Enfin peut être que il y aurait de quoi en faire quelque chose après quelques verres de sang frelaté. C'est à tester !

«  T'en fais pas Aloulou, les arbres ça a jamais été trop mon truc … Cette sève là, comme du sang mais dégueulasse et pas manipulable … C'est pas naturel cette merde. Par contre esthétiquement j'aime beaucoup ces grands axes, c'est assez inspirant je trouve. »

Ta main libre glisse le long de la jambe de Jonas vers son entre-jambe.

« Et j'espere bien qu'on se reverra mon chou Al'acreme. J'ai quelques nouveaux trucs à te montrer... »

Faut vraiment arrêter les jeux de mots là par contre.

Tu sens les pulsations de ton garde perdre toute régularité au fur et à mesure de ton approche. Bordel qu'ils sont perturbables … Et c'est sensé te protéger en toute situation ca ?

« T'en fais pas chérie, une patrouille viendra vous récupérer sur votre chemin et vous accompagnera. Deux gardes resteront avec toi histoire d'un peu voir ce que tu fais pour cette fois. Tu seras plus tranquille les prochaines fois, je te le jure sur la tête d'un de mes hommes. »

Toujours plus subtil sur le creux de tes promesses, après deux gardes tués je suis sur que elle va avoir tellement confiance en toi. Oh au pire tant pis, elle a plus vraiment le choix. Elle aura qu'à remercier congéAl'teur pour cette rencontre. On avait dit plus de jeux de mots...

Le convoi s’arrête enfin et tu lèves (à contre cœur une fois de plus) ta main de la cuisse ton garde en te levant.

« C'est ici que nos chemins se séparent j'imagine. Peut être que nos chemins se recroiseront un jour … Non je déconne ! Miss j'irais sûrement te voir à ta boutique dont je demanderai les détails à Alouchou quand je le verrais à son retour. Seul … »

Suite à cela tu fais un baise-main à Hyacinthe et, feignant de faire la bise à Al', tu finis par lui lécher la joue et la commissure des lèvres.

« Petit avant-goût »


Tu les regardes descendre et s'enfoncer dans la foret, probablement encore sous l'émotion de votre rencontre. Tu le serais si tu étais à leur place, c'est pas tous les jours qu'on se fait offrir un partenariat et une invitation à coucher. Quoique il faudra que tu vérifies que Alalou a bien compris tes intentions, il est un petit peu lent quand même...

Tu frisonnes à les imaginer entourés de toutes ses plantes. Pas naturel ! Si le sang marche très bien pour faire vivre les hommes, pourquoi la nature s'est fait chier à créer un autre système totalement différent. En plus ils peuvent même pas bouger du coup … C'est con les arbres !

Frappant à la vitre du conducteur, tu relances le convoi et retourne t'occuper de Jonas. Beaucoup trop phallique les forets …
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Mar 16 Juin - 0:14

Les hommes et leur bite… Sérieusement, ils sont pas contents d’en parler sans arrêts, il faut aussi qu’ils se mettent à la voir partout, et à s’approprier automatiquement tout objet de forme vaguement plus longue que large au nom de l’analogie formelle. Un arbre, ça pousse vaguement vers le haut, ça se gorge de sève,  à la rigueur, mais au-delà de ça… La ressemblance n’est quand même pas non plus fondamentale.
 
Moi je demande à voir le type avec un Carnegiea gigantea entre les jambes parce que sincèrement, sa vie doit ne pas être simple. En revanche la fée Margot a l’air au bord de l’implosion hormonale. Sérieusement, et je parle en tant que personne pour qui les plantes ont une importance particulièrement grande, quand on en est à être sexuellement inspiré par  la verticalité des arbres, c’est qu’il est vraiment, vraiment temps de décharger. Je jette un regard compatissant au pauvre Jonas parce qu’entre lui,  Frigide Timide à côté de moi et euh, bah  moi, on sait tous qui va y passer dès qu’on aura décampé de la camionnette.



J’ai jamais été aussi contente de ne pas être un mec pour être tout à fait honnête.
 
J’aperçois par la fenêtre les premières lignes de Carnegiea qui dardent à l’horizon, marquant l’orée de la Forêt Sèche et la fin de cette charmante petite expédition. Pour mon plus grand plaisir, d’ailleurs, parce que toute la tension homo-érotique du monde ne suffit plus à apaiser mon irritation. La perspective d’avoir à traiter à nouveau avec un guignol pareil ne m’enchante pas franchement des masses, et l’entendre en ricaner comme ça me donne des envies de violence pas vraiment optimales pour la continuité de mon intégrité physique.
 
Au bout d’un moment, ce qu’il raconte finit par ressembler à ça, dans ma tête :
 
« Blaaaa, blaa, surnom débile, blaa blaaaah, menace, blaaa, et va-y que je m’astique l’égo, blaaa blaaa, blaaa, et va-y que ‘j’astique l’égo’du voisin. Whatever. »


Ce qui au final est un assez bon résumé.
 
Mon excellente stratégie de ‘ferme juste ta gueule, hoche la tête et conte les secondes’ paye ses fruits au moment où le convoi nous décharge enfin, à quelques centaines de mètres des premiers arbres, les champs de cactus en vue sur votre droite. Les camions ne pouvant pas s’aventurer dans le labyrinthe des tourbières et des chemins sableux qui sillonnent entre les affleurements d’eau, à demi recouverts d’herbes sèches et de buissons de Salsola plus ou moins desséchés.
 
Je m’empresse de récupérer mon bardas et d’étirer mes jambes. Encore quelques bonnes heures nous séparent de l’aube, ce qui devrait nous laisser juste assez de temps pour rejoindre les champs et me préparer avant la floraison. Mes yeux retrouvent leur marque dans l’obscurité, et c’est avec un soulagement immense que je regarde les phares des véhicules s’éloigner dans la nuit. Bientôt revient le silence et la paix du désert, et la fée Carabosse n’est plus qu’un lointain souvenir.
 
Je pousse le soupir le plus long et le plus fatigué de toute mon existence, rejetant la tête en arrière pour contempler un instant les étoiles.
 
« Oh putain de merde, c’est fini. »
 
Je marque une pause, le dévisage, et développe ma pensée – maintenant que je le peux enfin.
 
« Sans vouloir t’offenser, la prochaine fois je tente ma chance avec les loubards défoncés et les coyotes enragés. Ton pote là il est aussi bon pour ma paix intérieure qu’une crise d’hémorroïdes. »
 
Et croyez moi, j’ai de l’expérience dans le domaine. (Car la vie en forêt, c’est aussi rempli de glamour et de délicatesse.)
 
« Enfin. » Je soupire, jette un regard désolé dans sa direction, et lui jette une poche de sang dans les mains. « Merci quand même de m’avoir sauvé les fesses. Vu la débilité dont j’ai fait preuve, j’aurais mérité de le perdre mon bras… »
 
Je me sort un jerky végétal, parce que le regarder grailler comme ça ça finit par le donner faim, et on se remet en route. A partir de là, c’est moi qui passe devant, parce que naviguer dans les marais de sable, sans voir ses pieds, et en évitant la flore locale, c’était ma spécialité.
 

« Gaffe ou tu mets les pieds. Sous les tourbières… » Je lui désigne vaguement un spot à contourner, au niveau duquel les virevoltants se sont enroulés en spirale « Il y a des plantes. Carnivores. Et elles ont souvent la dalle. »
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Mar 16 Juin - 10:21

- Ouais, ça c'est pas faux.

Les difformités des mutations de son propre prénom, Alistair ne les entend plus. Par contre, il ne peut qu'être d'accord avec Fairy en ce qui concerne les arbres. De sales vicieux, invulnérables à la magie. Comme tout le reste de la végétation d'ailleurs. Et déjà que la plupart des trucs vivants essayent de tuer les autres trucs vivants sur cette planète, si en plus il y en a des qui résistent à la magie... Autant vivre dans une grotte, au bord de l'océan, avec un désert entre son habitation et la végétation plus luxuriante que quelques buissons.

L'ermite se frotte la bouche et la joue avec le revers de sa main mais c'est uniquement pour pouvoir la lécher plus tard. Putain de Fée.

- A plus, Fairy. Alistair descend à son tour du véhicule, heureux de retrouver son moyen de transport favori. Et merci quand même.

On est quand même pas morts, donc c'est une victoire.

Il souffle alors que l'autre modeleur remonte dans son camion et toute la joyeuse compagnie repart. Retrouver le calme de seulement deux cœurs qui battent est un baume pour les sens d'Alistair. C'est Hyacinthe qui exprime leur soulagement à voix haute. Et recommence à parler comme si le robinet verbal venait de se rompre à nouveau. L'ermite a du mal à suivre tout ce qu'elle raconte.

- Ben il est pénible, ouais. Mais c'est un putain d'bon modeleur. Et on s'était bien amusé à jouer avec les autres gamins du vieux maître aussi. Quand il était devenu clair qu'on allait vivre, tous les deux et que les autres allaient être mangés.

- C'pas ton bras... Ah ok. Non mais il faut pas être littéral, mec. Elle serait morte avec une barre de fer dans la poitrine, tout le monde a compris. Ouais de rien. J'ai promis, hein.

Alistair la suit, content de ne pas avoir à penser à leur survie ou à négocier avec quiconque pour qu'on ne les vide pas de leur sang. Rapidement, il décide de poser ses pieds exactement là, où elle le fait, histoire d'éviter ce genre de problèmes. Il ne venait que rarement dans la forêt et ne s'enfonçait jamais très profondément, alors c'est elle l'experte. Bon ses jambes sont plus courtes que celles d'Alistair, alors le sorcier saute parfois une empreinte pour ne pas avoir à faire des petits pas inconfortables. Mais jusqu'ici, il évite les ennuis.

- Et ils vont nous aider à transporter ce qu'on ramasse. Tu peux prendre plus de plantes du coup, j'pense.

Tant qu'à faire, si elle a envie de déterrer un truc et l'amener à LAGO city c'est le bon jour pour le faire.
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Mar 16 Juin - 12:47

« Je doute pas que c’est un gars puissant. Mais c’est justement ça qui m’inquiète. J’ai rien contre ta magie, je la trouve même plutôt cool. Mais avec lui c’est… beaucoup, voire trop, de pouvoir, pour un type euh… » Je fais vaguement un geste de la main au niveau de ma tête, cherchant comment tourner la chose sans insulter ouvertement son pote. « Comme lui, tu vois. Qui a pas de limites dans sa tête. C’est dangereux. »
 
Je grimace. La formulation n’est pas formidable, mais je pense qu’Al m’a compris. Heureusement d’ailleurs parce que le terrain est dangereux, et que je peux pas me permettre d’accorder 100% de ma concentration à mes babillages.
 
Le modeleur sur mes talons, on sort peu à peu du territoire des Éliamphoras. Je me retourne vers lui pour m’assurer qu’il suit quand je sens les premiers craquements de la terre – la vraie – sous mes pieds.
 
« Et puis j’aime bien ma vie à Lago. Je dis pas que le système est parfait. Mais ça fonctionne. » 
 
Ce qui était plus ou moins vrai.
 
« C’est cool qu’il me rende un service, et c’est normale que je le paie pour ça, mais j’ai pas spécialement envie de lui donner les clefs de la ville pour qu’il vienne y faire son petit règne de la terreur. On a assez d’emmerdes sur les bras comme ça…»
 

 
Quand on arrive enfin sur le plateau, l’aube commence à montrer son nez au dessus de l’horizon. Les Carnegiea attendent paisiblement leur heure, tous bourgeons dehors, prêts pour leur grande orgie annuelle. Bon, comme ça reste des plantes, leurs options sont limitées en matière de décadence, mais j’ai toujours trouvé qu’il y avait quelque chose de fondamentalement sexy dans le fourmillement des fleurs, des insectes et des pollens au soleil de midi.  Je fais quelque pas dans le champ, dépose mon sac sur le sol, et commence à préparer mon matériel.
« Bon. Là ça devient technique mon chou. » Grimaçant quand je réalise le surnom que je viens d’employer – et pour lequel je blâme aussitôt la fée saucisse, et ce sans aucune honte – je sors de ma poche un petit tube d’onguent sans odeur, et lui lance sans cérémonies. « Prends ça, et recouvre tout ce qui dépasse. Le nez, les cheveux, les bras… »
 
« Ces petits bébés là… » Je désigne le cactus qui s’élève à côté de moi d’un mouvement de l’index. « Ils communiquent entre eux. Et dès que j’aurais attaqué le premier c’est tout le champ qui va commencer à se défendre. Donc règle numéro une : on ne touche pas les épines. Du tout. Quand elles produisent activement leur toxine, même en effleurer une ça fait très mal. »
 
Et même si je n’avais aucun doute sur le fait qu’Alistair soit tout à fait capable de purger le dit poison de son organisme et de survivre même à une injection massive, les effets secondaires ne seraient pas très ragoutants à soigner.
Personnellement, à force de m’y être frottée, j’étais, sinon immunisée, relativement accoutumée à la substance, et pouvait me permettre une erreur ou deux. Cela dit en général ça se payait sur les journées suivantes, et ça n’était jamais très sympathique.
 
« Règle numéro deux, on garde son calme et on ne tue pas les bêbêtes. Parce que dès que j’aurais touché à la première glande, il va y avoir des bêbêtes. »
 
Rien de monstrueux cela dit. Imaginez de grosses termites volantes, mais avec la mâchoire de la fourmi bouledogue et le caractère sympathique de l’abeille. Pas spécialement dangereuses quand on en croisait quelques-unes, et qu’on était suffisamment calme  à leur contact, mais qu’on n’avait pas non plus spécialement envie d’énerver par paquets entiers.
 
« Elles font parties du mécanisme de défense des Carnegiea. Quand la plante émet des phéromones de détresse, elles paniquent et commencent à attaquer tout ce qui ne sent pas comme leur maman. La crème que je t’ai donnée suffit à leur faire croire qu’on fait partie du paysage, mais si tu commences à les chercher, elles te trouveront. Et ça non plus : pas cool. Du tout. »
 

Sauf si on trouvait particulièrement cool l’idée de se faire bouffer les yeux et l’intérieur du crâne par un essaim de bestioles volantes enragées.
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Mer 17 Juin - 22:17

- Ouais je sais. Mais j'pense pas qu'il va faire ça. Genre y a d'autres gangs quoi. Il peut pas buter tout le monde non plus.

Alistair n'était pas entièrement convaincu. Fairy avait une armée et l'avantage stratégique de faire de la magie comme s'il n'y avait pas de lendemain. Soit il mourrait jeune, soit il vivrait pour deux, se nourrissant de la population de Prayvis. C'était difficile, voire impossible, à prévoir.

Il aurait bien ajouté qu'il s'en fout un peu parce que même si la Fée parvient à mettre la planète à feu et à sang plus encore qu'elle ne l'est déjà, tout ça se passera à des dizaines de kilomètres de sa petite grotte douillette et qu'au final, on doit tous mourir un jour. Autant que ça soit une balle dans la tête de ceux qui ne sont pas d'accord. Ou des crocs dans la jugulaire, ça dépend.

...

Le sorcier écoute, loin d'être rassuré. Il enregistre les informations, essayant de n'en oublier aucune. Il se couvre, s’emmitoufle dans les tissus. Une partie de sa tenue étrange est faite de kevlar récupéré sur de vieux gilets pare-balles qui ne servaient à rien contre la magie du sang. Malheureusement, c'est surtout son torse et ses bras qui sont protégés. Le visage, avec les yeux tendres et délicats, est tristement sous-protégé.

- Pas toucher aux cactus. Compris.

Quelques instants plus tard, alors que le nouveau flot de paroles s'arrête, il ajoute une remarque similaire au sujet des choses qu'il ne faut pas tuer.

- Ok. J'tue rien tant que t'as pas demandé. Il se gratte la tête à travers ses trois capuches-voiles qui protègent ses cheveux noirs. Du coup, je dois faire quelque chose ? Ou j'te ramasse juste si t'as un problème ?

Nan parce que si c'est tout ce qu'il faut faire, il va gérer. Ne rien tuer, rester calme et à l'écart du gros de l'action. Pour ça, Alistair est votre homme. Mieux que ça, il est un champion. Si on ne lui demande que de survivre, c'est bon. Facile.

- Heu... Bonne chance ?

Le problème est que s'ils ne sont que deux à faire face aux plantes et aux insectes volants dépourvus de sang manipulable, l'ermite ne peut accomplir aucune action préventive. L'option de ramasser les pots cassés est toujours meilleure que rien... Mais il n'aime pas se retrouver dans l'impossibilité d'agir. Et ce qu'il déteste encore plus ce sont les plantes qu'il ne peut détruire d'un geste. Les bandits sont tellement plus agréables à côtoyer pour cela...
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Mer 17 Juin - 23:19

Quand les premiers rayons du soleil se déversent enfin sur le monde, et que le bruit de froissement qui accompagne l’ouverture des bourgeons gonflés de pollen se fait entendre, j’ai l’impression de renaître. Je me dresse sur mes jambes maigrelettes, étire mes muscles endoloris par le voyage, et empoigne mes outils avec un entrain non dissimulé. Un bidon en inox, ressemblant à ceux des laitiers – du temps ou on avait encore des vaches en vies sur cette planète de fous – et un petit opinel de voyage, dont j’ai taillé le manche moi-même – du temps ou j’en avais encore pour ces conneries.
 
« Bon. Je devrais pas avoir besoin de toi pour la partie récolte, mais si t’as envie de faire des allers retours pour rassembler les bidons pleins et m’en ramener des vides je dis pas non contre un peu de main d’œuvre. »
 
Avec le sourire de celle qui trouve refuge dans une tâche qu’elle connait par cœur, après une nuit plus qu’éprouvante, je me mets au boulot. Je m’approche du premier Carnegiea – un magnifique spécimen arborant fièrement trois énormes fleurs d’un rose vif – glisse une main entre les longues épines protégeant le bouton floral pour mieux pouvoir le soulever, et je dégage la poche gonflée de liquide cachée sous les pétales. De l’autre main, j’approche mon opinel et fais une petite incision dans la chair de la plante. Le précieux safrole perle entre les lèvres de la plaie, et je m’empresse de le recueillir tout en continuant d’éviter les aiguilles végétales et leur toxine foudroyante.

Une fois le liquide extrait, je prolonge l’incision autour de la base de la fleur, et je la récupère intacte entre les plis d’un tissu humide.

C’est un enchaînement complexe, mais je le maîtrise à la perfection. La récolte de safrole est un des premiers contrats important que j’ai eu en arrivant à Lago City, et je l’ai rempli tous les ans avec la même régularité. Comparé aux procédures un peu plus expérimentales et hasardeuse auxquelles je me suis attelée ces dernières années, celle-ci est un jeu d’enfant.

Je contourne la plante pour m’attaquer à une seconde glande. Je ne prendrai pas plus d’une fleur par plante, et moins d’une vingtaine sur le champ entier, pour ne pas entraver leur processus de reproduction, déjà suffisamment complexe.

Le safrole, en revanche, ils n’en ont besoin que pour accommoder leurs insectes protecteurs. Il ne leur manquera que très peu, et je peux me permettre de faire une grosse récolte.
Quand je me déplace pour réitérer la procédure sur un deuxième spécimen, je sens que l’air commence à s’alourdir autour de moi. Les plantes réalisent qu’elles sont attaquées, et un nuage de phéromones complètement indétectables par l’Homme se charge de passer l’information au reste du champ.

Des nuées d’insectes – dans ma tête je les appelle les termipétasses mais je doute que le terme soit un jour approuvé par un comité scientifique – s’élèvent dans les airs, et la partie pénible commence.
 

[…]

 
Dans l’ensemble, c’est une bonne récolte. Les heures s’enchaînent, les bidons se remplissent, et Alistair fait bon usage de mes conseils, et de ses bras ; aucun incidents majeurs à déplorer, et je m’en réjouis.

Bon, je me pique une ou deux fois, parce que la fatigue est un gros facteur de risque quand on effectue des tâches répétitives – et que les nuées d’insectes s’incrustant dans mon champs de vision n’aident pas vraiment – mais dans l’ensemble à part la brûlure fulgurante de la piqûre, quelques raideurs dans la nuque et une sacrée migraine ophtalmique, ça ne me fais plus rien qu’une bonne pause et un tonique ne puisse fixer.
 
Quand le dernier bidon est refermé et entreposé avec ses frères et sœurs, il doit être environ trois ou quatre heures de l’après midi. Je suis plus ou moins exténuée, et j’ai les bras recouverts de plaques rougeâtres, aux endroits où ma peau s’est frotté aux épines. Il nous reste un peu de temps avant de devoir entamer le voyage de retour, et après un peu de repos à l’ombre des bois, une idée me vient en tête.
 
« Il y a bien un truc que je voudrais tenter, vu qu'on a la chance de pas rentrer à pattes… »
 
Je fais signe à Al de me rejoindre alors que je me penche au pied d’un des cactus les plus âgés. En dégageant le sable au niveau de la base de la plante, on peut apercevoir une excroissance grisâtre, et légèrement transparente, fièrement défendue par une légion d’épines, plus grosses et plus menaçantes que leurs consœurs en surface. 
Sous la surface translucide de la poche, on peut apercevoir une multitude de petites cosses sombres, porteuses du code génétique de la plante. Une seule de ses graines suffit à déclencher une floraison chez l’individu adulte. Et dans cette poche, il y a probablement assez de graines pour démarrer une toute nouvelle colonie, bien plus près de Lago. Rien que de les voir me rend les yeux brillant, et emplit mon esprit de possibilités à explorer.
 
Effectivement, c’est un peu risqué – carrément risqué – mais seulement si je me loupe. Et puis dans le pire des cas, je pourrais juste pas marcher pendant quelques jours. Hm…
 
« Bon. Je vais faire un truc un peu risqué, mais t’affoles pas. Mets toi juste là, et… euh… Ramasse moi quand je tombe, d’acc ? » 


J’enroule sommairement mon bras dans un pan de plastique – une couche plus résistante bloquerait ma dextérité – et je plonge mon opinel dans le trou pour inciser la poche. Evidemment je ne peux pas éviter toutes les épines car il y en a beaucoup trop ; du coup je serre les dents et j’essaie de minimiser les dégâts. Je sens la toxine brûler dans mes veines et remonter jusqu’à mon épaule, mais je m’accroche. C’est pas fini, et si je flanche maintenant, j’aurais pris de gros risque pour rien.

Je ressort ma main, jette l’opinel dans le sable, et la replonge un peu plus profondément pour attraper une grosse poignée de graines, que je jette dans un sac hermétique avec précipitation. Ma vue commence à se troubler, et je sens mon cœur qui improvise un petit pas jazzy dans ma poitrine. 

J’y retourne une dernière fois, la main tremblante, puis je referme enfin le sac et me laisse glisser dans les bras d’Alistair. Il a pas l’air rassuré.

Moi non plus. 

Mais c’est aussi ça, la vie de botaniste casse cou sur une planète comme Prayvis.

« Si tout vas bien, mon cœur devrait reprendre dans une minute ou deux. Sinon euh… fais de ton mieux okay ? »

Tout devient noir.
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MessageSujet: Re: Carnegiea gigantea [Alistair]   Jeu 18 Juin - 21:48

Faire ce qu'on lui dit de faire. Alistair aime ça. Que des gens plus savants se penchent sur les questions complexes de ce monde (et de tous les autres). Lui, ce qu'il apprécie c'est d'avoir la paix.

Pour le coup, c'est mitigé. Il suit docilement, aidant en mode zombie. La tâche est loin d'être facile ou bonne pour la santé, mais il y arrive sans trop de mal. Faisant des pauses régulières pour boire du sang, il trouve la force pour régénérer sa peau à chaque agression de l'environnement. Il tente de faire de même pour Hyacinthe, mais elle est plus exposée que lui et il ne peut pas refermer chaque coupure et purger toutes les toxines au fur et à mesure. Il le fait donc pendant les pauses.

De même, Alistair étend régulièrement sa perception à la recherche d'êtres vivants plus mobiles et potentiellement armés. Mais personne ne vient dans ce coin oublié des dieux et des hommes, alors ils sont en sécurité en ce qui concerne les flingues et les arbalètes.

Enfin arrive la partie qu'elle qualifie de risqué. Pour le coup, l'ermite ne connait pas la plante mais ce que la Dame déterre ressemble davantage à de la faune qu'à de la flore. Dans tous les cas, il peut sentir la santé de la botaniste se détériorer en l'espace des quelques minutes. Alistair s'assit à l'écart, une poche de sang dans la main et l'observa extraire les graines. Lorsqu'elle vint s'effondrer dans ses bras, il commença à boire.

Le fourmillement dans ses veines l'informa qu'il avait bu plus que ce dont il avait besoin et qu'un trop-plein d'énergie restait à dépenser. Si elle ne claque pas, il a de quoi la soigner.

Le cœur de Hyacinthe s'arrête.

Alistair compte maladroitement jusqu'à vingt. Le cœur ne redémarre pas. Maintenant, il n'a que très peu de temps pour la ramener, avant que ses pouvoirs ne fassent plus effet sur elle. Et la réanimation ne fait pas partie des choses plus faciles à exécuter. Tout en gardant le corps inerte dans les bras, il frappe dans les mains. Une fois. Le cœur est pris d'un spasme, mais ne bats pas pour autant. Deuxième fois, plus fort. Rien. Troisième. Rien.

Il serre les dents et abat un coup de poing directement sur la poitrine de Hyacinthe. Cette fois, c'est tout le corps qui est secoué par le redémarrage de la pompe. Le sorcier souffle et crispe les muscles de ses bras dans un geste très lent. Il respire lourdement, comme si simplement écarter ses mains l'une de l'autre lui coûtait un effort titanesque. Alors qu'il le fait, le corps frêle de la jeune femme se purifie lentement et ses dernières coupures se referment.

L'ermite porte la botaniste à l'écart des plantes et des insectes tournoyant autour.

- T'as failli y rester. Repose-toi un bon coup, on va y aller après.

Les hommes de Fairy peuvent bien attendre un peu. Il n'y a pas le feu au lac.
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Carnegiea gigantea [Alistair]

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