Prayvis est une planète abandonnée de toute personne saine d'esprit. Il y règne un Chaos sans précédent depuis 120 ans
 

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 I dug some graves you'll never find. [Karl]

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MessageSujet: I dug some graves you'll never find. [Karl]   Ven 31 Juil - 18:22

Il y eu beaucoup de débats à Koenigs avant le début des attaques. J'étais pas trop pour, comme beaucoup de monde, mais personne n'a eu de meilleurs plans. Mets toi à notre place : un gigantesque machin en métal tout propre et tout brillant est tombé du ciel, des mecs super agressifs sont venus prendre certains des nôtres, et on s'est fait tirer dessus comme des lapins quand on est allé râler contre ce bordel. Nous avons l'habitude des étrangers imbéciles qui débarquent avec leurs gros sabots, mais ils sont habituellement plus discrets et moins nombreux, on peut les gérer pour continuer à vivre. Ceux là se sont installé en force limite aux portes de Lago. Pas très loin en tous cas.
Plusieurs convois en chemin pour la ville se sont fait intercepter. C'est pas nos pauvres bricolages de bouseux de Prayvis qui les intéressaient, ils ont laissé toute notre camelote sur place. C'est les mutants qu'ils ont emmené. Plusieurs fois. On a aucune idée du pourquoi, les étrangers nous évitent habituellement. Mais qui peut comprendre les mecs qui viennent de l'espace ? Ils sont tellement... pas comme nous. L'ambiance au sein de Koenigs est devenue de plus en plus tendue. On s'est spontanément réunis dans la cafétéria pour en parler, à force de faire des groupes de commères de plus en plus gros dans tout l'hôpital et le bidonville environnant. Une dizaine de personnes environs – dont moi – pour discuter de ce qu'il convenait de faire avec ces étrangers très inhabituels. Quelqu'un à proposé pendant les débats de ne plus aller à Lago, de même pas s'en approcher, mais ça ferait un putain de trou dans la comptabilité. Puis il y a pas trente six endroits dans le coin où on peut trouver des bobines de cuivre, des médicaments à usage vétérinaires ou des vieux pneus – c'est tellement utiles les vieux pneus. Non, faut pas fuir. On est trop nombreux pour se casser comme ça maintenant. Faut riposter.

On a longtemps discuté d'un plan d'attaque. Malgré le fait qu'on soit des gros bouseux dégénérés, on est pas si con. Enfin pas tout le temps. On a pas envisagé une seule seconde d'attaquer frontalement leur gros fort tout propre. Nan : on a décidé de les faire chier, d'envoyer un message en harcelant leurs expéditions. Comment communiquer avec ces sales étrangers alors qu'on sait ni parler leur langue, ni l'écrire ? En faisant des mises en scène macabres avec les cadavres de nos ennemis et en mutilant de façon créative les rares survivants. Faut frapper les esprits. Tous les gangs de Prayvis font ça quand ils se disputent avec leurs voisins. Crucifier un gars et lui foutre le feu, c'est presque devenue une institution pour dire « bonjour » dans le coin. Mais ça marche toujours. Personne n'aime voir un ami découpé en tranches et éparpillé sur cinquante mètres.
Mais avant toutes ces réjouissances, comment les démolir ? On ne savait rien de leurs équipements, de leurs moyens, on savait juste qu'ils étaient largement supérieurs aux nôtres. Heureusement, il arrive souvent que des bouseux mal équipés arrivent à bien faire chier le gros envahisseur surarmé.

Après les attaques contre nos convois, on a supposé que les étrangers avaient un dispositif pour voir les gens la nuit. Toutes les disparitions avaient l'air de s'être déroulé pendant des bivouacs. J'ai déjà vu des lunettes qui voyait la chaleur des gens, j'me suis dis que c'était ça – part un coup de bol extraordinaire, j'ai eu raison, ce qui nous a permis de réussir ce coup là. Et qu'est ce qu'on a nous, les mutants, à traîner partout dans le coin ? Des mecs à sang-froid avec une grosse envie de meurtre. Alors on s'est dit qu'on allait leur rendre la politesse d'attaquer la nuit comme des gros lâches en mode ninja. Ça a bien marché. Une première vague de monstres écailleux très véner', suivis de nous avec nos armes toutes pourries, nos griffes, nos venins divers et surtout notre violence bien locale, bien tordue. Ça a été un putain de bordel pas très propre. On a commis quelques viols sur les survivants et profané les cadavres en balançant de la merde de cheval dessus. J'espère que la salope de l'espace que j'ai démonté va faire un petit Bavaria, ça les fera encore plus chier. Quoique je doute qu'elle ait survécu, en fait.
Ce mois là, on a attaqué cinq fois en tout des expéditions du gros fort. C'est énorme. On a été d'autant plus motivé qu'on s'est aperçu qu'ils transportaient des choses bien utiles, comme des déchets d'industrie chimique qui donnent de la bonne drogue qui se vend bien. J'le sais, j'ai été accro à ce machin là. Ça rend le blanc des yeux et la langue bleue, on peut plus pisser normalement, pour que ça fasse effet faut se mettre dans le cul un bidule chimique qui ressemble à un bloc de nettoyant pour WC, mais qu'est ce que ça fout bien dans le bonheur !

Bref, digression de drogué mis à part, je disais : on a attaqué cinq fois leurs expéditions incompréhensibles. Mais pas de la même façon à chaque fois. Ça aurait été con. Nan, nous, comme on a décidé d'être chiant, on a soigneusement étudié leur équipement et on a innové. La seconde fois, on a envoyé un kamikaze, tout seul, avec une bombe sur lui. Quand les soldats tout propres ont vu approcher un mec seul, désarmé, vers eux, ils ont bien entendu tiré dessus comme des malades et se sont pris une énorme déflagration de plasma dans la gueule. On en a aussi pilonné au mortier – un mortier de deux cents ans, s'il te plaît -, on a même envoyé notre seul et unique tank – qu'on a perdu dans l'histoire, d'ailleurs, mais ça valait le coup parce que j'ai encore pu défoncer une jolie humaine avec la peau douce.

On est chiant parce que, bien sûr, on connaît le coin comme notre poche, on sait où les attendre pendant des jours et on veut juste détruire des trucs. C'est beaucoup plus difficile de protéger quelque chose que de le faire sauter. Et tu sais pourquoi on y a consacré autant d'énergie ? Parce qu'ils ont pas arrêté non plus de leur coté de nous faire chier ! Ils nous cherchent. On le sait, on a appris de notre coté que les étrangers se renseignaient sur Koenigs. Vu nos succès récents, on est bien motivés à continuer de les calmer, ces sales bâtards.
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MessageSujet: Re: I dug some graves you'll never find. [Karl]   Ven 31 Juil - 19:54

Prayvis ne manquait pas à sa réputation.

Des dizaines d'entreprises intergalactiques avaient épuisé le potentiel de la planète, pillant ses ressources et polluant son environnement à souhait. Les exploitations agricoles n'avaient pas tenu longtemps, bien sûr. Les compagnies minières furent les suivantes. L'industrie lourde était encore faiblement présente, dans certains coins perdus de ce monde perdu. D'après Karl Hörn, le temps des entreprises moins conventionnelles était venu. Prayvis n'était pas un cas unique, mais suffisamment rare pour mériter d'être préservée et étudiée.

Une production de grande échelle, dangereuse et polluante, avait été mise en place dès que les installations furent prêtes. C'étaient des procédés vérifiés et connus depuis des lustres. Leur supervision n'occupait qu'une partie du temps du dirigeant de Baïer sur Prayvis. Il pouvait donc se consacrer à ce qui l'intéressait vraiment : l'étude de la planète, de ses possibilités. Dans sa course à l'optimisation des soins dont il bénéficiait, et de l'immortalité, il avait étudié les sorciers locaux... Du moins, il le tentait. On lui rapportait bien des rumeurs, sans qu'il puisse mettre la main sur un spécimen vraiment puissant.

Ses autres chercheurs avaient attiré son attention sur les diverses mutations frappant principalement les natifs de Prayvis... Des êtres difformes mais étrangement adaptés pour la survie. Telles de mauvaises herbes, les monstres humaoïdes résistaient à la pollution, respiraient sous l'eau ou tranchaient le fer avec leurs griffes. Les premières dissections avaient été instructives et apportaient un vent de fraîcheur dans les laboratoires stériles de Baïer. D'ailleurs, les plus hautes instances scientifiques de la compagnie étaient satisfaites des travaux de Karl et de son équipe.

Puis, il s'avéra que les animaux pouvaient se battre aussi bien que les hommes. Vingt-six soldats et onze membres du personnel civil avaient péri lors des différentes attaques menés sur les convois de Baïer. Ces pertes n'étaient pas surprenantes, elles étaient prévisibles et sans doute prévues, quelque part au-dessus de la tête de Karl. Mais il n'en demeurait pas moins vrai qu'il n'avait aucune envie d'être insulté de la sorte par des sauvages qui ne devraient pas vivre en-dehors des cages des laboratoires...

- Monsieur. On nous signale la présence d'indigènes à la frontière du périmètre de sécurité.

Karl ne leva pas les yeux sur l'homme venu l'interrompre dans son bureau. Mais il cessa de lire la tablette dans laquelle il était plongé. L'écran illuminait encore son visage.

- Mettez en veille tous les automates. Pas un coup de feu.

- Monsieur ?

- Je veux des prisonniers. Vivants.

- Bien monsieur.
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MessageSujet: Re: I dug some graves you'll never find. [Karl]   Sam 1 Aoû - 0:07

Le petit jeune à coté de moi, il a pas l'air très détendu. Il marche un peu en arrière, les mâchoires serrées, le regard fixe, des tics nerveux. J'le comprends, personne est à la fête là. On s'approche du grand fort tout propre. On le voit pas encore parce qu'on est dans une zone très en relief, mais après cet amas rocheux, il sera là. On en a jamais été aussi près. On a bien remarqué que ceux qui en approchent ont tendance à mourir vite, mais on a un plan pour ça, enfin un début de plan.

- Passe moi le connard, j'vais passer devant.

Ouais, on a gardé un des humains précédents. Il est plus très frais, parce qu'on l'a salement passé à tabac, et il s'est fait péter le cul par un mutant qu'on surnomme « le blob », mais toujours vivant. Le côlon en charpie, mais vivant. On était tout content d'avoir eu l'excellente idée de l'avoir chopé ce gars, puis on s'est rendu compte qu'on entravait rien à ce qu'il disait, et qu'on pouvait rien contre ça. Donc voilà, maintenant c'est un bouclier humain avec moi derrière. Si j'passe devant en mode gros héros suicidaire, c'est parce que je suis le plus vieux de la bande avec vingt ans d'avance et que c'est moi qui ait eu l'idée de ce plan pourri.
Il est vraiment pourri hein ? Il présuppose beaucoup trop. Déjà, que les mecs du fort ne tireront pas sur leur copain pour me buter moi. Ensuite, qu'ils ont pas les moyen de m'éclater le buffet sans toucher leur humain. Ils ont forcément des super technologie de visée sur leurs flingues. Déjà, nous, ici, on peut trouver des snipers qui pourraient arranger ça à l'aise avec leurs fusils vieux de cinquante ans. Beaucoup trop d'optimisme dans ce plan, tu vois.

Je chope l'humain gémissant par le bras, en le serrant assez fort pour annoncer une menace de grandes douleurs futures à celui qui oserait essayer d'échapper à mes griffes. Je jette un dernier regard aux gars qui m'accompagnent, puis je me mets à escalader les rochers sans un mot, le flingue à la main et le connard dans l'autre. Voilà, c'est tout.
Mais c'est qu'ils nous ont poussé au désespoir pour qu'on en vienne à faire des trucs aussi con ! Nous aussi on en a perdu des gens dans cette histoire, en plus de ceux qu'ils ont capturés. Ceux morts pendant des combats, et deux vraiment bêtement à cause d'un éboulement pendant qu'ils manipulaient le mortier. On a eu de très longues discussions, très tard, très bourrés, avec la moitié de l'assemblée qui chouine à propos des disparus, en repoussant les limites extrêmes de la rationalité. Jamais on a perdu autant de gens aussi vite en aussi peu de temps contre un seul ennemi. J'ai vu mourir un sacré paquet de potes au fil des ans, mais l'aspect inhabituel du truc me perturbe. Des mecs venu de l'espace, dont on ne sait rien, viennent juste piquer des gars à nous pour... on sait pas. Si on savait ce qu'ils veulent, on pourrait faire des plans mieux. Déjà, arrêter de se prendre à la tête en se demandant pourquoi tant de haine serait un sacré poids en moins.

Je colle l'humain devant moi, tellement près que je sens l'odeur de ses cheveux. Tout est très calme, au ralenti, j'entends le vent et je sens mes articulations râler parce que trop de sport. J'commence à flipper de sentir des balles me pénétrer dans le lard. La limite où on estime entrer « chez eux », c'est l'espèce de tour qu'ils ont installé. C'est pas la seule, ils en ont foutu partout autour de leur bâtiment de ces machins là. Une grande structure élégante avec des tas de circonvolutions de métal. A quoi ça sert ? Aucune idée, c'est ça qui est flippant. Je passe devant le bidule sans aucun problème, et j'arrive en vue du fort.
Il est... grand. Impressionnant. On avait pas eu de signe des autres planètes depuis longtemps, mais celui là est massif et fout les boules. J'me sens une petite sueur acide d'angoisse qui me coule dans le dos jusqu'à la fourrure. Ça me rend claustro de voir un machin pareil. J'ai passé la majorité de ma vie dehors, et l'idée d'aller dans ce bidule me paraît hautement dangereux. Qu'est ce qu'on peut faire dans un bazar pareil, avec autant de pièces et de métal propre ? Ça doit rendre fou. Comment on peut être humain et avoir l'idée d'aboutir à... ça ?


Donc voilà, je suis là, j'avance vers ça, et je compte euh... essayer de savoir ce qu'ils veulent, un début de solution. Au pire, je meurs héroïquement en les faisant le plus chier possible - théoriquement, les autres mutants me couvrent avec leurs flingues, en essayant de pas me tirer dessus par erreur -, les connards ramènent leur copain dans le grand bâtiment, et... boum. Il a une bombe dans le cul ce con d'humain ! Détonateur à distance. Tu sais combien ça coûte en munition une petite merveille pareille ?
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MessageSujet: Re: I dug some graves you'll never find. [Karl]   Sam 1 Aoû - 20:42

Karl grinça des dents, alors que la porte de son bureau s'ouvrit à nouveau. Le bruit étaient léger comme un coup de vent, le mécanisme parfait n'opposait aucune résistance sur la passage de l'un de ses assistants. Le même que tout à l'heure. Il n'apportait forcément pas une bonne nouvelle... Capturer des sujets prendrait plus de temps que ça. Lui, il apportait plus de problèmes.

- Monsieur ?

Le directeur déposa sa tablette et leva les yeux, un sourire poli et forcé sur le visage. Le jeune homme en face de lui regretta d'être là, mais décida qu'il ne pouvait plus s'en aller. Il devait avancer.

- Les indigènes... Ils avancent avec un de nos hommes.

- Ah... Karl fit la moue. La situation était pour le moins désagréable. Personne de bien important n'était porté disparu mais refuser de tenter de récupérer un des leurs serait un coup pour le morale des travailleurs. Puis, comment des sauvages pouvaient-ils jouer avec la vie d'un homme civilisé ? Bien sûr. Cela explique leur approche. Ils veulent sans doute quelque chose en échange de sa vie. Des vivres ou que sais-je.

- C'est possible, monsieur. Je ne voulais pas prendre de décision sans vous consulter.

Choix judicieux, les assistants n'étaient pas là pour se faire passer pour leur supérieur. Karl se leva et fit signe à l'autre homme de le suivre. Le directeur aurait préféré se changer avant. Ou prendre une douche. Mais il semblait qu'il devrait se montrer dans sa combinaison de travail noire, le casque attaché à sa ceinture. Tant pis.

Après quelques couloirs et ascenseurs, ils arrièrent au poste de sécurité le plus proche et Karl demanda à voir les images du petit groupe en approche.

- Juste un soldat de rang ? Il soupira. La tentation de faire ouvrir le feu était grande. L'entreprise n'avait pas de temps à perdre avec ce genre de futilités. Mais même ce pauvre survivant pouvait s'avérer utile. Après tout, ayant été en contact avec la faune et la flore locale, il était en vie. Etudier son corps et essayer de le remettre sur pied serait un exercice intéressant.

- Ouvrez-leur une chambre de transition latérale. Et scannez en détail tout ce que vous y enfermerez, n'ouvrez pas l'autre côté sans mon ordre.

- Et pour les gens dehors, monsieur ?

Karl observa le groupe pendant encore quelques instants. Ils étaient difformes... Aucun doute que chacun était unique et qu'il y avait grand intérêt à tous les capturer. Vivants. Il sourit et se tourna vers l'officier de la sécurité, responsable du poste.

- Snipers en positions. Fléchettes assommantes. Évitez de faire des victimes mais restez à l'abri.
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MessageSujet: Re: I dug some graves you'll never find. [Karl]   Ven 7 Aoû - 14:26

Une porte ouverte dans le grand fort. Du moins un trou. Un garage ? Ca ressemble à une invitation, tout le reste du bâtiment est un vaste mur lisse. Il y a des trucs écrits parfois, mais je ne sais pas lire cette langue. Faudrait que je rentre à l'intérieur, mais je ne peux m'empêcher de stopper quelques secondes avant de le faire. Je dois bien l'avouer, au fin fond de ma petite âme racornie, bien caché, j'ai peur. Je suis jamais rentré dans un bordel pareil, ça me semble horriblement menaçant et étranger. A mon âge on aime pas être bousculé dans ses petites habitudes, et j'ai jamais quitté le désert. Même en visitant les ruines des côlons, j'avais toujours le désert autour de moi, en quelque sorte. Là c'est... tellement lointain. Mais je pense à tous ces gens que je risque de ne jamais revoir parce que des humains de l'espace me les ont pris, et j'avance.
C'est devenu plus horrible que tout ce que j'aurais pu imaginer.

J'ai balancé l'humain-otage devant moi, puis j'suis rentré dans le "garage" - je ne sais pas comment appeler cette pièce vide et lisse. La porte s'est fermée derrière moi dans un silence complet, et c'est comme si l'extérieur n'avait jamais existé. Il n'y a même pas de légères rainures, la pièce est tout d'un bloc, lisse et propre, le seul sable qui s'y trouve c'est moi qui l'ait apporté. Il n'y a rien, même pas de source de lumière. On dirait que ce sont les murs eux mêmes qui éclairent la pièce d'une lueur pas du tout naturelle. Je sens uniquement l'odeur de l'humain, mélange de trouille, de souffrance et de merde, et la mienne, indéniablement plus animale qu'humaine. Et il fait horriblement froid.
Mes voyages m'ont parfois amené loin vers le nord ou le sud, où quelques arbres maigrelets arrivent à pousser. Je trouvais déjà la température trop basse pour être supportable. Mais là... ça défie l'imagination. Il fait quoi, 15 ou 20 degrés ? J'ai déjà entendu des étrangers se lamenter sur le climat de ma planète, mais ces humains de l'espace ont trouvé la solution : ils ont amené leur froid avec eux. Je me mets immédiatement à trembler. Mais c'est pas le pire ! 
Lorsque la porte s'est fermée, je me sens senti brutalement isolé, et perdu. Des sens ancestraux dont j'ai à peine conscience se sont retrouvé tout chamboulés. Celui qui me dit si il y a des tremblements de terre ou non, par exemple. Et quelque chose en moi sait toujours où je me trouve dans le désert. Pour mon cerveau, là maintenant, je suis en quelque sorte en train de flotter dans le vide, ou de me noyer. C'est comme être bourré et sobre en même temps. Une sensation assez insupportable.
Je lâche mon arme pour vomir en me tenant contre un des murs tout lisse. La panique m'envahit. Mon otage n'a heureusement pas la présence d'esprit de me voler mon flingue, vu que le contenu de ses intestins est en train de se vider sur ses organes vitaux et qu'il a un peu autre chose à foutre que de réfléchir. En fait, dès que j'ai arrêté de le tenir, il s'est écroulé mollement sur le sol.
J'essaye de respirer lentement et profondément, de ne pas céder à l'angoisse, de ne pas me jeter contre les murs en hurlant. Il me faut toutes mes forces pour réussir cet exploit. Mes sens me disent que je suis en train de mourir, mais ce n'est pas le cas. Quelque chose dans les murs, dans la structure, me coupe du désert et de ses signaux rassurants. Rien de plus.

A ce moment là, l'horreur augmente encore plus. Des bruits horribles se font entendre à travers les murs, comme si une énorme machine tournait autour de la pièce. Peut être que c'est le garage qui bouge autour de la machine en fait, j'en sais rien, je suis complètement désorienté. Ca fait "clac clac clac clac", avec des vrombissements et des sifflements suraigus. Mon otage n'a pas l'air spécialement incommodé par le bruit, mais moi j'ai l'impression de me faire fendre le crâne en deux en partant des oreilles. Je plaque mes griffes contre ma pauvre tête, en protégeant mon visage avec mes avant-bras, et je m'écroule de tout mon long parce que je suis incapable de dire où est le haut du bas avec les yeux fermés, dans ce bordel infernal. Qu'est ce que c'est que cette salle de torture ? A quoi ça sert tout ça ? Je lâche tous les phéromones de panique je peux, ces humains de l'espace sont définitivement des tarés en phase terminale. 

Dans un brouillard de confusion, je ramasse mon arme en me traînant par terre. La survie, c'est ça le plus important. Au milieu de toute ma panique je retrouve le noyau glacé qui m'a maintenu en vie un paquet de fois. Mon arme. Je sais pas où tirer, mais l'idée me viendra bien à un moment ou à un autre. Faut pas se laisser abattre sous prétexte qu'on vient de rentrer dans le temple de la claustrophobie, et qu'en plus des machines qu'on ne peut pas voir sont en train de vous tourner autour. Je montre les crocs qu'il me reste aux murs. Peut être qu'ils peuvent me voir ? La technologie des étrangers tient parfois plus de la magie que de la mécanique, à mes yeux. Les voitures je connais, les cuves pour transformer les déchets chimiques en drogue aussi. Mais ça...
Alors que je tente péniblement de me remettre debout, une force invisible me plaque au sol. J'ai juste le loisir de trembler et de révulser les yeux, si j'essaye très fort. Un bras mécanique descend du plafond, une seringue au bout, pour prendre du sang à l'humain agonisant toujours vautré à deux mètres de moi. Je peux rien faire. J'ai mon arme au poing, mais je peux même pas bouger le doigt pour presser la détente. Qu'est ce que c'est que ces conneries ? Je vais mourir maintenant ?
Ben non, le bras vient me prendre du sang aussi. Et après, plus rien.

Plus de bruits venant des murs, plus de champ de force bizarre, j'ai tout le loisir de me lever et de glandouiller dans mon royaume de quatre mètres sur quatre. Les yeux fous, du vomi plein la barbe, je me mets à hurler à l'adresse des murs. Ils peuvent peut être m'entendre ? Me dis pas que quand on a la technologie de détruire ma perception du désert et de me plaquer au sol contre ma volonté, on peut pas comprendre ce que je dis. Je fais gaffe à choisir des mots simples, sans trop d'argot, et je répète mon message dans les patois les plus répandus que je connais. Les langues parlées sur Prayvis descendent en général de celles que parlaient les côlons, nos ancêtres, avec une grammaire simplifiée et des accentuations brutales.

- ARRÊTEZ VOS CONNERIES, SALES ETRANGERS. JE SUIS VENU VOUS PARLER ! SI JE VOIS ENCORE DE LA TECHNOLOGIE BIZARRE M'AGRESSER, JE BUTE VOTRE HUMAIN, ET SI VOUS ME LAISSEZ LA DANS LE FROID JE LE BOUFFE !

En vrai, j'ai absolument pas envie de manger leur soldat, mais j'ai assez d'intelligence là haut pour me douter qu'ils doivent me trouver très étrange aussi, donc capable de faire un truc pareil. Et, dans l'absolu, si je dois exécuter ma menace, je le ferais. Mais pas avec plaisir. Cela dit, il me faudra bien de la viande pour résister à un froid pareil. 

- JE VEUX SAVOIR OU SONT CEUX QUE VOUS NOUS AVEZ PRIS ET CE QUE VOUS EN AVEZ FAIT. QU'EST CE QUE VOUS VOULEZ DE NOUS, BORDEL !

J'ai mal à la gorge d'avoir gueulé comme ça après un mur, et j'ai encore envie de vomir. J'aimerais insulter ces sales connards à en dégueuler mes poumons, mais c'est pas une bonne façon d'assurer ma survie que de dire tout le bien que je pense d'eux.
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MessageSujet: Re: I dug some graves you'll never find. [Karl]   Ven 7 Aoû - 18:08

Un scanner complet, ça prend du temps. Plusieurs minutes. Karl observe les écrans pendant une ou deux, puis sort dans le couloir pour faire les cent pas, ennuyé par la situation. Au moins, il a pu capturer un indigène mutant en bonne santé. Ça devra être son lot de consolation pour la journée.

Aucune infection ou contagion ingérable n'est détectée... Passer le sauvage au crible n'est pas facile, son anatomie étant différente de celle des humains plus civilisés. L'otage est de son côté dans un état si lamentable qu'on devine à peine qu'il s'agissait d'un professionnel en excellente santé et condition physique. On redemande le directeur au poste de sécurité, où il peut parcourir les résultats biologiques du scanner. Dans le dos des officiers, il pointe du doigt les paramètres de Bavaria et glisse quelques mots d'intérêt à son assistant. Le spécimen l'intéresse. Il le veut vivant.

- Vous pouvez les électrocuter ?

- Négatif, monsieur. Pas sans déclencher ça.

De nouvelles images apparaissaient. Les deux hommes ne disposaient de rien d'intéressant mis à part l'engin explosif caché grossièrement dans le corps du garde. Comment les brutes qui le détenaient avaient pu le fabriquer ou le placer sans qu'il n'en meurt demeurait un mystère et une preuve de leur intellect finalement pas si inférieur.

- Très intéressant. Le directeur croisa les bras sur la poitrine et se gratta le menton. Gaz ?

- Pas dans cette chambre. Le dispositif n'est en place que dans la chambre centrale.

- Mais ils ne peuvent pas utiliser un détonateur extérieur ?

- Non, monsieur. Le signal ne passera pas. Seul le... l'homme à l'intérieur pourrait...

- Je vois. Karl grimaça. Il va falloir descendre alors ?

L'officier n'eut pas vraiment le temps de répondre lorsque les hauts-parleurs emplirent la pièce de cris de l'indigène, manifestement mécontent de se trouver là où il était. Ils l'observèrent vomir et se sentir mal, hurler sa colère, sa frustration et son impuissance. Le directeur de Baïer secouait la tête.

- Vous le comprenez, monsieur ?

- Pas entièrement. Mais en partie oui... Il s'intéresse aux spécimens que nous avons déjà étudiés. Et... il veut qu'on lui ouvre. Il tourna la tête vers l'un des écrans latéraux. Combien de prises dehors ?

- Trois, monsieur.

- Pas beaucoup... Je veux celui-ci vivant aussi. Envoyez une équipe le chercher. Tirez immédiatement et assommez-le. Ne prenez aucun risque. Évitons la déflagration, je vous prie.

Bien sûr entre envoyer une équipe et "ne prendre aucun risque" il y avait des différences. Mais l'idée était qu'il fallait rester prudent, ne pas faire sauter le sas et aussi éviter de nouvelles victimes dans le personnel de sécurité. Karl se pencha sur la console de contrôle et appuya sur le bouton de l'intercom. Il parla brièvement et aussi clairement qu'il le pouvait.

- Nous arrivons. Pour discuter.

Les autres personnes présentes dans la pièce le regardèrent soit avec une légère indignation, soit avec amusement. De toute évidence, il mentait. Mais sa déclaration pouvait acheter aux gardes une seconde ou deux durant lesquelles lu mutant baisserait sa garde et serait donc susceptible de se prendre une fléchette ou deux de plus. Ça leur permettrait de le maîtriser avant qu'il ne provoque la détonation ou ne tire sur quelqu'un...

- Ah et envoyez une équipe médicale. Qu'elle se tienne prête à... Il hésita incertain de ce qu'il attendrait de ses médecins. ... à soulager l'otage au mieux. Priorité à la sécurité des installations et du personnel valide. Mais si on peut lui retirer ça et le soigner, faisons-le.

Les ordres furent transmis. Karl s'installa sur l'un des sièges pour observer le déroulement des opérations. Le mutant lui avait tout l'air d'un animal en cage, mis au pied du mur et luttant pour sa vie... Il était potentiellement prêt à tout.
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MessageSujet: Re: I dug some graves you'll never find. [Karl]   Ven 7 Aoû - 20:55

Quand même pas très confiant sur les intentions de la voix sortie de nul part, je garde bien mon flingue dans une main et le détonateur dans l'autre. Une porte se lève et... des flingues, des flingues partout. J'ai eu un réflexe idiot : j'ai préféré tiré dans le tas que de faire exploser la bombe. Cette petite connerie m'a perdu, j'ai eu le temps d'un seul tir avant de sombrer dans l'obscurité. ils auraient mérité de tous mourir.

***

Lumière bizarre, malade, défoncé, frigorifié, pas bien. J'essaye de me soulever sur un coude pour me lever, mais la drogue qu'on m'a filé de force m'empêche de faire mieux que de retomber mollement sur le dos. Je persiste. Les effets finiront bien par se dissiper si j'insiste. Le chaos de la scène précédente me revient peu à peu en mémoire, quoique part flash douloureux et souvent incompréhensibles. Je suis allé dans une grande boîte blanche qui m'a rendu atrocement malade, des gens m'ont tiré dessus et je me réveille complètement perché dans un truc moelleux qui sent euh... les fleurs ? Ah non, c'est moi qui sent comme ça, pardon. On m'a... lavé. Qu'est ce que c'est que cette connerie ? Et je porte pas mes vêtements,  ce qui est très bizarre. Je les enlève jamais. Pourquoi je ferais ça ? On a pas assez d'eau pour prendre des bains, sur Prayvis, et je les enlève pas pour baiser non plus, je me contente de rendre ma bite accessible. Je rajoute éventuellement une couche de haillons quand celles du dessous sont trop usées. Je me suis bricolé un semblant d'armure avec des morceaux de pneus et de cuir, aussi, mais c'est parti avec le reste. Je porte plus que... ben si je connaissais les termes, je dirais "robe d'hôpital", mais je le connais pas alors j'vais me contenter de croire qu'un tordu m'a foutu dans des fringues de gonzesse. Ca tient pas chaud du tout en plus, je sens plus mes extrémités.
Par réflexe j'essaye de me déshabiller plutôt que de subir une humiliation pareille, mais... mes griffes ! Ils ont mis des élastiques autour ! Bande de fils de pute. Ma faiblesse secrète ! Il y a même des embouts autour pour que je ne fasse mal à personne. J'essaye de tout arracher avec les dents, mais c'est évidemment conçu pour que je n'y arrive pas. Ils m'ont enlevé mes bottes aussi ! Je gémis devant le rude coup porté à ma dignité. Si les mutations de mes mains sont assez harmonieuses, c'est pas le cas de mes pieds. Un mélange pas viable entre ceux humains et ceux avec coussinets, griffes et fourrure. J'ai quatre orteils à celui de droite, et trois à l'autre. Tu sais combien de temps ça m'a pris de fabriquer des bottes dans lesquelles je me sens bien ? Les groles pour humain me vont pas du tout ! 

Mais j'étais pas là pour discuter chiffon, ça je m'en souviens maintenant. Où est ce que je suis ? Dans le grand fort tout propre certes, mais euh... la bonne question serait plutôt : pourquoi je suis encore vivant ? Je jette des coups d'oeil inquiets autour de moi. Une autre pièce blanche, mais il y a un semblant de meubles cette fois. Des genre de placard designés comme des Ipods. Des machines monstrueuses. Je suis sur une table en aluminium au milieu de la pièce. Peut être que la voix menteuse dans l'autre pièce blanche l'était pas tant que ça ? Parce que pourquoi me garder en vie si c'est pas pour discuter ? Peut être que c'est leur coutume. "Tiens, salut toi, on te file de la drogue et une robe propre en signe de bienvenue". Qu'est ce que j'y connais en humain de l'espace. M'étonnerait quand même que ça finisse bien pour moi cette histoire là.
J'ai envie de me lever, d'essayer de fracasser la porte, mais je le fais pas. Je suis sûr qu'ils ont déjà paré à cette éventualité. J'ai un plan mieux : faire semblant d'être encore complètement défoncé, et agresser le premier qui rentre. Il aura bien des clefs, une arme, quelque chose. Je me recroqueville et essaye d'avoir le regard vitreux du gars qui peut pas se réveiller.

Au bout d'un million d'année environs, une meuf rentre. Toute seule. Elle porte des vêtements bizarres aussi, mais plus élégants et couvrants que les miens. J'essaye de pas la suivre du regard pour passer pour un mec défoncé. Elle n'a pas posé un regard sur moi, mais apparemment les murs ont des yeux et des oreilles ici alors faut mieux être méfiant. Elle ramasse des trucs dans les placards blancs dans un coin de la pièce, je vois pas ce qu'elle fait. Ensuite elle s'approche de moi, dans mon dos. J'attends la bonne ouverture pour lui sauter dessus. Au moins, ma longue attente m'a laissé le temps de retrouver toutes mes capacités - même si j'ai encore la gerbe et l'impression d'avoir la tête dans un sac.
Mais là, il se passe un truc que j'avais pas du tout prévu. Elle me met un truc dans le cul. Un petit truc, cela dit, j'ai pas eu mal, mais c'est pas une raison. Je vois tout rouge et je lui saute dessus. Elle s'écroule à cause de mon poids, et une fois au sol j'essaye de l'étrangler avec mes avant-bras, en écrasant son ventre avec mon genoux osseux. Sale pute. Ses yeux commencent à s'injecter de sang et à lui sortir de la tête. Mais tuer quelqu'un de cette façon, ça prend du temps, et je suis interrompu par un mec qui arrive dans mon dos.
Il me pose quelque chose contre l'omoplate, je sais pas ce que c'est mais d'un coup j'ai horriblement mal. Comme brûlé vif, d'un seul coup. Je hurle et je convulse quelques secondes, puis la souffrance se retire et me laisse tremblant et bavant sur le sol. Le mec qui m'a fait ça se précipite vers la femme qui m'a mis un truc dans le cul pour voir comment elle va. Elle reprend déjà des couleurs, même si elle a pas trop l'air d'être à la fête. Alors monsieur croit que c'est un petit coup de son super-taser qui va me faire renoncer ? Je lui saute dessus quand même, avec les forces qu'il me reste, et le mords au niveau du cou. Je cherche la carotide. Mais comme j'ai déjà dit, il me reste pas de dents. Puis c'est résistant un cou mine de rien. Si seulement j'avais dix ans de moins...

Deux autres mecs arrivent en renfort. J'ai pas réussi à en tuer un seul, mais à ma grande satisfaction, grâce à un coup de boule bien placé, j'ai pété un nez. Le bruit est assez reconnaissable. Si j'en avais la possibilité, je leur rirais au nez à ces humains. Sans leur technologie ils sont tout mous et nul en baston du désespoir. Et visiblement, ils essaient de ne pas me tuer, alors que moi je n'ai pas ce scrupule. De toute façon je finis encore drogué à coup de seringue, mais après avoir donné un magnifique baroud d'honneur. 

***

Je me réveille encore avec l'impression de m'être fait roulé dessus. Cette fois ci ils ont été plus précautionneux niveau camisole chimique. J'ai à peu près conscience de ce qui se passe, mais j'arrive pas à bouger. Mes années de toxicomanie frénétiques ne me protègent pas contre de hautes doses de sédatif, visiblement. Il y a une femme près de moi, mais c'est pas la même que tout à l'heure. Je dodeline de la tête et lui lance un regard vitreux. Je l'aurais préféré menaçant. Elle me met un bidule à l'oreille. C'est indolore mais j'essaye de le retirer quand même en me frottant contre mon épaule. Tu comprends bien pourquoi je veux plus rien qui viennent de ces humains.
La gonzesse parle, je comprends pas ce qu'elle dit mais une voix résonne dans mon oreille droite, dans ma langue cette fois. Enfin dans ma langue... si on aime les phrases qui veulent rien dire et les mots mal prononcés. Encore de la putain de technologie qui sert à rien. 

- Je user traducteur en progression. Prayvis ne est pas dans album galactique les langues.

- Va t'faire enculer sale pute. Ta schneck est trop pleine de pourrie pour qu'on te baise par devant de toute façon.

- Je ne pas avoir ce fruit dans disposition.

Je jette un regard perplexe à la meuf, qui n'a pas trop l'air de comprendre non plus. Elle va parler au mur dans un coin de la pièce, dans sa langue natale, et après des échanges qui ont l'air tendu, fait un geste pour signifier qu'elle doit se démerder avec un fou qui parle pas sa langue et un appareil pas au point à cause de supérieurs hiérarchiques à la con. C'est un geste qu'on a tous fait un jour. Elle revient vers moi d'un air las, ensuite.

- Quel âge ?

- Vingt deux ans, mais j'ai été malade.

- Ne pas inconséquences les paroles, sinon douleur procédurale.

- C'est de l'humour, rôh, j'suis défoncé comme un plein camion de nihilistes. J'ai cinquante six ou un truc comme ça. Là, t'es contente ?

Le reste de la conversation a été du même acabit. Elle m'a posé plein de questions sur mes mutations, quand elles sont venues, qu'est ce que je mangeais, si j'ai des maladies particulières. Je me suis beaucoup amusé quand elle a noté avec application mes longues plaintes à propos de la galle des coussinets. J'ai appris à cette occasion - avec beaucoup de difficulté, vu la qualité du traducteur - que j'avais des organes en plus, dont ils ignoraient totalement l'usage. Moi non plus j'sais pas à quoi ils servent, mais j'me suis inventé une capacité à pisser bleu à volonté - je crois que la meuf a tiqué quand même que je disais des conneries. Comme j'suis bien défoncé, je me sentais pas inquiet ou curieux de tout ça, je m'amusais juste à inventer des conneries qui pouvaient passer pour des réponses sérieuses.
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MessageSujet: Re: I dug some graves you'll never find. [Karl]   Mar 11 Aoû - 17:23

Une blessure grave.

Au réveil du prisonnier, le garde touché était toujours entre la vie et la mort. Si tous les habitants de Prayvis étaient comme ça, pas étonnant qu'ils arrivaient à survivre dans ce trou perdu sans accès aux technologies élémentaires. Pendant que le personnel de laboratoire et les infirmiers interrogeaient les spécimens capturés, Karl prenait des notes et remplissait le journal de bord de Baïer Prayvis. Ses enregistrements allaient accompagner les rapports financiers et autres données essentielles, envoyées régulièrement à la maison mère.

Il conclut par une note au sujet de l’euthanasie devant être accordée à l'otage, ramené par Bavaria et se leva de son bureau.

Le plus courageux des prisonniers allait sans doute être le plus intéressant. Escorté de deux gardes et d'un assistant, il se rendit dans le bloc où Bavaria subissait l'interview de routine, proposé à tous les sujets. La technologie de traduction était bien entendu peu adaptée aux minorités ethniques... Si une langue était parlée par moins de deux milliards d'êtres humains, il était pratiquement inutile de l'intégrer dans la base de données. Surtout s'il s'agissait d'un des patois de l'équivalent cosmique d'un terrain vague. Mais elle allait finir par s'adapter aux bruits qui servaient de voix au mutant.

Karl discuta avec l'infirmière, à l'écart du prisonnier et récupéra ses notes. L'homme attaché au lit était certainement assez évolué pour faire de l'humour, même si c'était un humour agaçant. Le directeur lançait des regards sur son corps difformé, partiellement caché par le tissu. Avant de s'en approcher, Hörn fit signe à son assistant d'amener le chariot avec les outils et mit en place une oreillette identique à celle de l'infirmière.

Il posa son index sur sa poitrine et prononça chaque mot aussi clairement que possible.

- Médecin. Lorsqu'il obtient un signe de compréhension, Karl poursuivit désignant son interlocuteur. Examens. Tout va bien. Doucement. Et pas de douleur. Sauf si nécessaire. Si tu es violent.

En principe, décomposer les phrases ou abandonner leur structure pour passer à l'essentiel devrait aider. Karl demanda à son assistant de détacher la robe d’hôpital et de mettre le "patient" à nu. La vue n'était pas vraiment agréable. Au contraire. De multiples cicatrices s'ajoutaient à la difformité et aux effets de l'âge. Le directeur ne put s'empêcher de grimacer devant l'horreur d'un corps si repoussant.  Karl disposait déjà d'une multitude d'améliorations personnelles, sans cesse entretenues par la technologie de Baïer voir quelque chose d'aussi imparfait le rendait nauséeux...

Son seul attrait était d'ordre scientifique. Malgré une difformité difficile à exprimer, Bavaria était en vie et globalement plus en forme qu'on le croirait. Le comprendre, lui et ses étranges cellules qui se voudraient humaines, pourrait constituer une avancée importante dans les recherches de Baïer.

Le scientifique s'empara d'un scanner léger, fixé sur un bras robotique et entreprit de le faire passer au-dessus du corps du mutant. Il le regardait au travers de l'écran intégré. Bien sûr, les premiers examens avaient déjà relevé un grand nombre d'anomalies et de points intéressants à étudier. Mais Karl voulait les voir par lui-même et prendre quelques notes.

- Je regarde. A l'intérieur de ton corps.

Ensuite il se tourna vers le jeune homme à ses côtés et lui parla des ponctions à effectuer avant d'expliquer son propos à Bavaria.

- Nous allons prélever des échantillons. Certains organes sont fascinants.
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MessageSujet: Re: I dug some graves you'll never find. [Karl]   Mar 11 Aoû - 20:12

Un nouvel homme rentre dans la pièce, mais je me souviens pas de quand la femme est partie. J'ai peut être eu une légère absence à cause des drogues. Mais celui qui vient d'arriver, je le trouve inquiétant. Difficile de dire son âge, je dirais la moitié du mien, même si ses yeux ont l'air beaucoup plus vieux. Je sais qu'il est important parce que l'autre qui rentre dans la pièce en même temps que lui a l'air de le suivre et de lui obéir. Un chef. Intéressant. Si je le tue, ça va les emmerder nan ? ... mais comment je peux y parvenir, déjà. C'est pas comme si j'étais maître de mes mouvements et sobre. J'ai déjà du mal à garder mon regard fixé sur lui...
Le "médecin" m'explique d'un ton très calme qu'on va m'éplucher, me découper des petits morceaux à l'intérieur du corps et que si je suis pas d'accord, je vais avoir très mal. Ses yeux m'inquiètent. Ils me disent qu'il est là pour faire un travail, qu'il va le faire, et que tout ce que je pourrais dire n'y changera rien. Il m'informe juste des modalités pour que je me tienne tranquille et qu'il en finisse plus vite. Malgré le cocon chimique où je suis coincé, je trouve ça très flippant. Les mots sortent de ma bouche par baffouillements saccadés, je dois m'y reprendre à plusieurs fois.

- C'est ce que t'as fait aux autres ? Tu les a découpé en morceaux aussi ? T'es un des chefs, me mens pas ! C'est toi qui leur a fait ça ! Ils sont où ? ILS SONT OU ?

Et là... un grand bras mécanique descends du plafond, le chef me passe une machine au dessus du corps après que l'autre m'ait foutu à poil. Je tire sur mes liens en vain, un réflexe de trouille. C'est vraiment une très grosse aiguille qui se tient au dessus de mon ventre exposé. Je m'en fiche d'avoir un système hormonal miraculeux, un métabolisme plus efficace que celui d'un humain, des anticorps bien foutu, bref, d'avoir gagné au loto génétique de Prayvis, tout ce que je vois c'est que je vais finir embroché vivant par une machine géante, sans aucune raison logique. Le bras mécanique commence par me faire une petite piqûre, je sens plus mon ventre d'un seul coup, puis la grosse aiguille descend de plus en plus...

- Mais pourquoi tu fais ça ? Eloigne ça ! ELOIGNE CA ! CA A AUCUN PUTAIN DE SENS ! ELOIGNE CAAA.

J'arrive, en tordant au maximum mes chevilles, mes coudes, en me déboîtant presque le bassins et en me niquant quelques vertèbres, à décaler sur le coté mon ventre maigre et à obliger l'aiguille à partir à droite pour me percer. Le temps qu'elle se replace pour être face à l'organe de son choix, je me décale à gauche. C'est assez mince comme esquive, mais ça agace visiblement l'assistant du mec qui veut m'éplucher. Il m'agite un bâton court et mince sous le nez. Comme je sais pas ce que c'est, je lui crache dessus. Il me le colle sous l'aisselle. J'ai instantanément l'impression de me faire arracher le bras. C'est comme le super-taser de l'autre fois, mais en pire. Une fois que je suis bien calmé et affaibli par la douleur, l'aiguille rentre en moi presque sans que je m'en rende compte.
Une fois, j'ai vu dans une ruine de maison une boîte avec des papillons cloués. J'ai mis très longtemps à comprendre de quoi il s'agissait, et j'en ai conclu que c'était un espèce de culte glauque, comme sacrifier des chevaux pour honorer l'esprit des chevaux. Mais en fait ça devait plus avoir trait avec ce que je suis en train de vivre maintenant. Et j'aime pas du tout être un papillon.
J'ose plus bouger, traversé quasiment de part en part par une énorme lance. Malgré l'anesthésie, je sens que ça tire un peu à l'intérieur de moi. J'ai à cet instant une pensée parasite à propos de du village de mon enfance, de tonton Ben qui voulait toujours nous montrer "son truc". Ca m'écrasait pareil. Et j'avais plein de frères et soeurs, mais ils sont tous morts en bas âge, sauf moi et mon génome improbable, qui m'a permis de vivre plus vieux que tout le monde. Et là, même si je le sais pas, les deux étrangers sont en train de fouiller dans mon bide pour prendre un peu de mon système digestif en béton armé et de sa flore microbienne qui me permet de digérer de la viande faisandé - même si ça m'arrive de manger ça qu'en cas de disette extrême.
Je me mets à prier, les mots tout simple de quand j'étais petit, dans un patois plus parlé par personne depuis cinquante ans. Je crois pas aux cailloux avec des visages, aux esprits du désert et tout ça... sauf dans ce genre de situation. Je leur implore le moyen de massacrer ces sales trous du cul de l'espace, de leur faire très mal. Je veux bien même devenir un sorcier ou un humain normal pour les piner en profondeur. 

L'aiguille se retire, l'assistant m'écrase le ventre pour que je me tienne tranquille en menaçant de mettre son taser-ultra-luxe sur mes couilles. J'préfère pas décrire la suite. Je me fais planter encore une dizaine de fois - sans autre gène que de légers tiraillements -, dans le ventre, la cuisse, le torse, la gorge. Ils sont même aller chercher du sperme direct à la source. De temps en temps je leur demande - plus ou moins calmement - pourquoi, pourquoi, pourquoi, et j'obtiens aucune réponse que je peux comprendre.
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MessageSujet: Re: I dug some graves you'll never find. [Karl]   Mer 12 Aoû - 16:15

Quinze prélèvements plus tard, Baïer est enrichi de prélèvements fascinants provenant d'organes jusqu'ici inconnus ou tellement altérés que leur étude seule constituera une avancée majeure pour la science. Les éprouvettes blindées contiennent de quoi rédiger une centaine de doctorats novateurs. Les nouvelles molécules et des structures cellulaires jamais rencontrées ailleurs.

- Certains d'entre eux. Oui.

Même si le mutant faisait référence aux expérimentations scientifiques avec la crainte propre aux personnes étrangères au progrès, il n'avait pas tort. Ses anciens camarades, capturés lors de diverses occasions passées n'étaient plus vraiment en état de quitter l'Usine par leurs propres moyens. Certains étaient toujours en vie. La plupart a péri lors de la mise à l'épreuve de leur capacité de survie...

- Vous êtes tous uniques. C'est rare de trouver si peu de points communs entre des mutants vivant au même endroit...

D'un regard légèrement absent, il parcourut le corps, toujours nu, de Bavaria. Ils avaient déjà de la matière à étudier, avec les fluides vitaux, des tissus internes et des échantillons de peau et de ce qui restait de cheveux et de poils. Le directeur se tut pour un moment, avant d'avoir une révélation.

- Il va me falloir une pince et du désinfectant... Un scalpel aussi.

Pendant que l'assistant préparait ce qu'il demandait, Karl fit le tour de la créature se tortillant sur le lit et s'arrêta à la hauteur de la main droite. Il regarda le mutant dans les yeux et hocha la tête.

- Je veux une griffe. Elles m'avaient semblé plus solides que celles de la plupart des animaux. Un vrai cadeau de l'évolution. Il se tourne vers l'assistant. Nous aurons aussi besoin de cautérisant... Et préparez-lui déjà un pansement.

Le matériel est prêt en un rien de temps. Entailler la peau pour mieux découvrir la base de la serre n'est pas bien difficile, même si le prisonnier se débat et tente d'agresser le chercheur avec cette même griffe qu'on tente de lui prélever. Sa solidité s'avérant plus élevée que celle de l'os, plus loin dans le doigt, c'est là que Karl place la pince. S'il n'a pas assez de force dans les mains pour sectionner l'os, ça n'est pas un souci. L'outil dispose d'une assistance mécanique. Une pression sur le bouton sous le pouce et le petit moteur fait le reste.

- Et voilà...

Le bout du doigt est sectionné net et récupéré pour la Science. Karl désinfecte les mains de sa combinaison noire, puis la plaie, avant d'appliquer la poudre cautérisante. L'assistant finit l'opération par un bandage. De bonne humeur, le directeur s'adressa à nouveau directement à Bavaria.

- Maintenant. Je veux savoir quelque chose. Si ça se passe bien, on arrête là. Sinon, on va couper toutes tes griffes. Juste pour être sûr. Après ce préambule, il passa à ce qui l'intéressait. Est-ce que tu connais quelqu'un qui fait... De la magie ?

Ce dernier mot ne passa pas facilement au travers de la gorge du scientifique qu'il était. Mais les faits étaient là. Un organe, une mutation, une technologie inconnue du reste de l'Univers, permettait à certains individus sur Prayvis d'accomplir de véritables miracles. Karl voulait les comprendre. Et, si possible, les exploiter.
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MessageSujet: Re: I dug some graves you'll never find. [Karl]   Mer 12 Aoû - 20:55

J'ai désespérément essayé d'arracher mon bras de la sangle, à m'en faire saigner le poignet alors que les attaches sont rembourrées. J'aurais mieux supporté qu'il me propose de me tondre entièrement, ou qu'il me coupe la bite. J'aime griffer des trucs, ça me maintient en vie. J'imagine mourir de faim sans rien pouvoir saisir avec mes moignons, ou être durant ce qu'il me reste à vivre une charge pour les autre mutants, obligés de mâcher ma bouffer et de me la mettre dans la bouche. Quand je vois le scalpel, quelque chose se brise en moi. Là encore, il m'a expliqué clairement ce qu'il comptait faire, et il va le faire. Une de mes griffes. Comment je vais faire quand je bricole ? Ma dextérité est fragile, il m'a fallut de l'entraînement pour toucher les choses sans les détruire. De toute façon... peut être que je ne passerais plus jamais de soirée à fabriquer de transmission pour une voiture, ou une paire de bottes, ou un embout pour que je puisse tenir un crayon sans le casser. Peut être qu'ils vont me tuer à force de m'éplucher comme ça. Je reverrais jamais ni le désert, ni les copains, je vais crever dans ce frigidaire étranger et terrifiant. Ca devait bien arriver un jour, mais j'aurais préféré une agonie plus paisible. Le regard vide, le corps rejeté le plus loin possible de l'humain, je tourne la tête pour rien voir. Puis je marmonne tout seul un éloge à mes griffes.

Oui, elles sont très bien, j'arrive à changer les pièces d'une montre sans outils... une fois on m'en a arraché trois, quand j'étais jeune, ça a mis deux ans à repousser comme avant...

Ma voix meurt peu à peu, et ma combativité avec. Personne n'a mentionné d'anesthésiant cette fois ci. Ai je besoin de décrire ce qui a suivi ? Evidemment que j'ai beuglé comme un veau, en insultant copieusement les humains, les étrangers en général, la vie, l'absurdité du monde. Je suis le genre de mec qui réagit par la colère dans les moments difficiles. Et je sais toujours pas pourquoi ils font ça ! Quelle déviance horrible les pousse à couper les griffes des gens ? Je leur promets que je les mangerai, que je leur péterai le cul même si j'aime pas ça, juste pour les humilier, que je souillerai leur cadavre avec tellement de créativité qu'on en parlera encore dans trente ans, mais les mots finissent par se noyer dans ma bave et mes larmes. J'ai pas le droit à un nouveau coup de taser-de-la-mort. Qu'est ce qu'ils peuvent m'infliger de pire de toute façon ? 
Après, je regard avec horreur ma griffe finir dans un joli sachet plastique et être emportée loin. L'humain me pose une question, je mets une minute ou deux à répondre, trop abîmé par la douleur, en ayant la trouille qu'il exécute sa menace. A ce moment là, je lui aurais donné n'importe quoi sans sourciller, pourvu qu'il ne me coupe pas ce qu'il me reste. J'essaye vraiment de mobiliser mon cerveau et ma langue pour lui répondre sur la magie, sincèrement ! C'est humiliant, mais sur le coup je m'en fous complètement. Je veux pas finir avec des moignons à la place des mains.

- Fuck Fairy... à l'ancienne usine Lotal... il est connu. Puis un autre, dans le désert, je m'en souviens plus... Pétant les plombs de douleur, je me creuse ce qu'il me reste de méninges valides pour me rappeler. Petit mec tout seul... Alligator ? Allistair ? Albinos ? Il est trop seul... je fréquente pas ces trucs là, ça porte malheur, c'est euh... maléfique ? C'est peut être ça le mot. Je sais plus.
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MessageSujet: Re: I dug some graves you'll never find. [Karl]   Jeu 13 Aoû - 17:45

Après les pleurs et les gémissements, il y a eu les réponses. Karl nota personnellement chaque mot de ce qui venait être dit. Bien sûr, tous les testes étaient enregistrés, mais ses notes privées devaient être complètes. Lotal. Le fabricant de carburants avait quitté Prayvis il y a longtemps déjà... Probablement avant la naissance du directeur de Baïer. Mais si un sorcier habitait l'usine, il fallait étudier la question.

"Un mec seul dans le désert" n'était vraiment une information utile. Espérer croiser un modeleur par hasard n'entrait pas vraiment en ligne de compte.

- Bien. Bien... Donnez-lui un sédatif.

Une fois que Bavaria se retrouva calmé, Karl s'éloigna un peu, avec son assistant et l'un des gardes. Il tendit une seringue au premier et donna ses instructions.

- Endormez-le. Mettez-lui un traceur. Quelque part où il ne le trouvera pas. Il se tourna vers le garde. Et rhabillez-le. Après, vous pouvez l'abandonner du côté des bois et vous assurer de loin qu'il se réveille en vie. Faites la même chose pour un ou deux de ses camarades. L'illusion sera meilleure.

Le plan était simple et son but était évident. Trouver la tanière des mutants, grâce au traceur GPS. Pendant que leur spécimen à griffes les conduirait là-bas, la question de l'usine Lotal pourrait être étudiée plus sérieusement. Le directeur hocha la tête et consulta son bracelet électronique. Il était l'heure pour lui d'aller subir ses traitements...

- Et trouvez-moi des cartes. Et les photos satellites. Tout ce qu'on peut savoir sur Lotal sur cette planète.

Emportant toutes ses notes, il s'en alla.

[Ouais, c'est court, mais on a fini de toute façon... Avec Alistair il y aura du jeu comme ça ^^]
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