Prayvis est une planète abandonnée de toute personne saine d'esprit. Il y règne un Chaos sans précédent depuis 120 ans
 

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 Mon empire pour du chocolat [PV]

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MessageSujet: Mon empire pour du chocolat [PV]   Lun 6 Avr - 18:54

Pour le retour, on leur avait promis un transport de première classe, canapés capitonnés et cocktails à volonté. C'était la moindre des choses pour des employés qui avaient tant apporté à la Compagnie. Vous serez récompensés par votre productivité et votre sens du sacrifice, votre séjour professionnel à Prayvis ne sera pour vous plus qu'un lointain souvenir.

Mes couilles.

Les vingt salariés de l'entreprise avaient perdu tout espoir au bout d'un mois, lorsque les transmissions vers la maison mère avaient été coupées. Quelques retards sont prévus pour votre rapatriement, nous vous prions de bien vouloir nous excuser, nous réglons ces problèmes techniques dans les plus brefs délais.  

C'est ce qu'ils disaient. Puis tout d'un coup, plus rien. Le terminal de transmission était muet, le signal électronique se perdait dans le vide. Plus personne au bout du fil.

Les enculés.

La plupart des employés étaient sortis des bâtiments sécurisés de l'entreprise, en quête d'un autre moyen de communication. Certains étaient tout à fait convaincus de leur abandon, d'autres espéraient encore, en croyant à un problème technique.

Bonne chance pour contacter la maison mère...

Deux ou trois personnes étaient restées.

Et cela avait posé problème à Nathaniel, qui avait compté sur la stupidité de ses collègues de travail : il s'était imaginé être le seul à vouloir rester dans les locaux de l'entreprise, disposant donc d'une réserve de nourriture suffisante pour tenir plusieurs mois.

Mais deux trois débiles étaient restés.

Nate avait mis quelques jours à se décider. Il surprit le manager Bob à se bâfrer de chocolats à la liqueur dans un recoin des toilettes pour hommes. C'en était trop. Bob fut le premier à partir, dans un petit gargouillement bien dégueulasse, bulles de sang et chocolat écrabouillé en prime. Le blond avait piqué les derniers chocolats de la main du cadavre avant de lui donner encore deux trois coups de couteau dans le bide, pour la forme.

Il avait mangé les chocolats, puis il avait dégobillé. Il n'avait plus l'habitude de céder à ses penchants, l'odeur du sang lui avait donné la nausée.

Il s'était essuyé la bouche d'un revers de manche, reniflé un bon coup, et avait liquidé les deux autres dans la foulée. Il n'avait pas fait ça pour le plaisir, mais par pur pragmatisme : moins de bouches à nourrir, plus de stock pour moi. C'était limpide.

Il avait balancé les cadavres par une fenêtre. Ça avait fait un drôle de bruit en touchant le sol.

[…]

C'était la fin. Nate avait tenu deux mois, il s'était rationné à l'extrême et maintenant il n'y avait quasiment plus rien. Dans un éclair de lucidité, le blond pensa qu'il aurait dû partir avec un sac à dos et toute la nourriture possible, au lieu de rester dans ce tombeau... Mais c'était trop tard.

Il était temps de sortir, voir le monde de cette planète pourrie. Nate en grimaçait à l'avance. Son regard tomba ensuite sur les couteaux de cuisine qui ne le quittaient plus. Sa grimace se transforma... en une autre grimace, inquiétante cette fois-ci.

Il prépara ses affaires.

[…]

C'était décidément trop lumineux à l'extérieur. Nathaniel baissait la tête en suivant les rails d'un vieux chemin de fer. D'abord enthousiaste en sortant des locaux de son entreprise – les rails étaient quasiment neufs – il avait très vite déchanté au bout de quelques kilomètres. La petite station par laquelle ils étaient arrivés n'existait plus. Il se souvenait de ce regroupement de buissons... Si on peut appeler des "épines sur tiges" des "buissons"...

Les sentiments du blond étaient mitigés. A la fois inquiet pour sa vie et excité par l'inconnu qui se profilait à l'horizon, il marchait sur un rail comme les enfants qui avancent en équilibre sur une ligne imaginaire. En cet instant plutôt déprimant pour toute personne normalement constituée, une chanson pourrie lui revint à l'esprit. Il se mit à la fredonner, déhanchant ses fesses moulées dans un jean noir.  

Love me, hate me
Say what you want about me
But all of the boys and all of the girls
Are begging to if you seek Amy

Love me, hate me
But can't you see what I see?
All of the boys and all of the girls
Are begging to if you seek Amy

Love me, ha...


Nate s'interrompit brutalement. Un son métallique, comme une boite de conserve vide qui tombe sur d'autres boites de conserves vides, résonnait un peu plus loin. Le blond leva les yeux, plissa les paupières pour lutter contre l'aveuglement; il aperçut un vieux wagon au loin.

Il se précipita sur le sol dans une position d'homme blessé. Aux aguets, il tenait l'un de ses couteaux de cuisine dissimulé sous sa cuisse. Son poignet et ses phalanges lui faisaient mal, écrasés par sa cuisse contre le sol poussiéreux et caillouteux. Sa colonne vertébrale était déformée par le contenu du sac qu'il portait au dos, écrasé contre le sol. Nate attendit. La chose qu'il avait entendu allait peut-être s'en aller sans le remarquer. Et si elle le remarquait, elle viendrait fatalement près de lui. Assez proche pour recevoir un coup de couteau de cuisine.

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MessageSujet: Re: Mon empire pour du chocolat [PV]   Lun 6 Avr - 23:30

Pour une fois, la journée a plutôt bien commencé. Le Chef s'est barré en ville pour Nérast sait quelle affaire sordide et ne m'a rien demandé de précis. Du coup je suis libre... j'ai soigné les vagues bobos ridicules qu'un des hommes s'est fait en tombant bêtement dans une sorte de buisson d'épineux va savoir où et pourquoi, et comme personne d'autre n'avait de plaie à se faire recoudre ou autres joyeusetés du même genre, j'en profite pour me glisser parmi les trois mecs qui partent en reconnaissance dans un coin qu'ils ne connaissent pas trop.



On dit qu'un vieux train est toujours je sais pas où et qu'il se peut qu'il reste des trucs à piquer dans le coin... j'avoue que je suis juste partante à cause de la balade, piquer des trucs c'est pas vraiment le mien. Je préfère siroter un bon thé en regardant les créatures sous-marines passer devant mon hublot... mais ici j'ai pas de thé, pas de créatures sous-marines et encore moins de hublot... du coup une balade sous le soleil écrasant du désert c'est comme noël pour moi, ça veut dire que je vais pas être obligée de voir les sales gueules des mecs avec qui je vis pendant au moins quelques heures... presque le bonheur quoi ! Enfin si on veut... c'est pas vraiment des mecs gentils et tendres non plus en fait. Quand je marche trop lentement, ils me tirent par les cheveux pour que j'accélère, si je fais mine de m'écarter du chemin j'me fais claquer les fesses comme la dernières des putes du coin... celle qui a le visage tout grêlé par une saloperie genre vérole à l'ancienne ou un délire du même genre... si j'ai soif et que j'ai le malheur de prendre ma gourde on m'enfonce la gueule dans le sable... l'éclate quoi !


Après deux heures de cette franche rigolade, on finit par arriver à destination. Ouais enfin "destination" ça veut dire que je peux voir trois vieux wagons de train tout rouillés dont l'un est renversé sur le côté et qui se découpent d'une couleur sombre sur l'immensité lumineuse qui s'étend devant nous. Les mecs laissent tomber leurs sacs à mes pieds, me tripotent vaguement le cul en échangeant des rires gras, puis s'enfoncent dans les entrailles du train. Ils n'ont pas peur que je me barre... j'ai déjà essayé et ça n'a pas vraiment été une réussite, loin de là. Ils savent que je ne vais plus essayer un truc aussi con... et surtout pas en plein désert.


Personnellement, même si l'ombre qui semble régner dans les wagons me fait de l'oeil avec la même vigueur qu'un magnifique mec sorti tout droit de mon imagination... je préfère rester dehors et aller faire un tour. Aucune envie de rester dans un espace clôt avec ces gros dégueulasses merci bien.



Pendant qu'ils fouillent les wagons à la recherche de Nérast sait quoi, moi je erre sans but réel... et je vois un truc dépasser dans mon champs de vision. Je m'approche craintivement parce que sur cette foutue planète y'a toujours des trucs prêts à vous sauter à la gueule juste parce que vous avez eu la bêtise de passer à côté, des gens qui veulent vous tuer sont cacher sous presque tous les grains de sable de ce foutu désert, j'en suis presque sure ! Du coup j'en suis à un stade ou j'ai peur de mon ombre... vachement agréable... je hais flipper tout le temps. Je m'approche encore juste assez pour pouvoir regarder ce que c'est plus en détail... et je fais un bond en arrière. C'est un mec.


Je laisse à mon coeur le temps de reprendre un rythme normal et je prends une grande inspiration... le mec a l'air d'être en vie mais sa position n'a rien de naturel. Je jette un coup d'oeil par dessus mon épaule... les cons sont toujours dans leurs wagons, ils n'ont rien vu. Du coup je me penche sur le type en essayant d'avoir l'air un peu rassurante... mais c'est pas facile avec cet espèce de drap sombre qui me recouvre presque entièrement pour me protéger du soleil et du sable... je dois avoir l'air d'une bestiole bizarre et pas forcément gentille. Il est blessé le pauvre... mais pire que ça, il a un sac à dos. Je grimace intérieurement et regarde de nouveau derrière moi avant de parler tout bas. Je sais que même en beuglant je n'arriverais pas à détourner les mecs de leur tâche, mais on sait jamais.

- Euh... j'vais prendre votre sac mais je vais juste le poser plus loin et mettre un truc dessus pour la cacher, sinon les hommes qui sont avec moi vont vous le prendre.

Sans attendre de réponse j'attrape le-dit sac et je le traine (putain c'qu'il est lourd) sur deux ou trois mètres avant d'attraper un bout de bâche qui ondulait dans le sable et cacher le sac avec. Le rajoute une bonne couche de sable pour que ça ai l'air d'être un vague déchet sans aucun intérêt et je retourne près de "mon" blessé. Je retire mon masque et mon "manteau" histoire d'avoir plus d'aisance de mouvements... et je tousse... putain de sable. Un éclat me signale que le mec a une arme, étrangement ça me fait pas flipper... aucune idée de pourquoi... mon instinct de conservation doit être un peu dans le cirage... faut dire aussi que la poindre plante risque d'être mortelle ici... alors un bête couteau hein, ça le fait plus vibrer maintenant...

- Cachez ça mieux, s'ils vous voient blessé et désarmé ils vous laisseront peut-être vivre et vous ramèneront chez nous, et je pourrais vous soigner. Vous pourrez venir reprendre votre sac plus tard quand je vous aurais aidé à partir si vous voulez.


"Aider son prochain"... encore un putain de réflexe qui date de mon internat ça... j'suis sure que ça aussi ça va finir par me tuer un jour.

- Je peux voir vos blessures ? Vous avez mal ?
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MessageSujet: Re: Mon empire pour du chocolat [PV]   Dim 12 Avr - 16:23

Ça faisait foutrement mal. Position de merde... Et la chose que Nate redoutait... C'était en fait une personne. Était-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ? Le blond ne parvenait pas à trancher. Il savait bien que les bestioles de cette planète étaient plus du genre "crachat d'acide" que "ronronnements amicaux". Mais il n'y avait pas de crise de conscience à tuer un machin à écailles ou à fourrure. Ça pouvait même faire de la bouffe, tiens. Mais les humains... Bon, ça pouvait faire de la bouffe aussi, évidement.

Nathaniel ne comprenait rien. D'abord, c'était une fille – qu'est ce qu'elle fout là au milieu de nulle part ? - et puis en plus, elle avait l'air de vouloir l'aider. C'était peut-être une sale manipulatrice, le genre de nana qui te caresse le bras pour te faire baisser la garde, et qui se casse après t'avoir planté un couteau dans le dos.

Quand elle déclara vouloir cacher son sac à dos, Nate faillit lui sauter dessus. On ne touche pas à ses affaires. Elle pouvait bien lui piquer le sac et partir en courant, et ça, c'était hors de question. Le blond avait emporté tout un tas de bordel dans son sac, notamment plusieurs couteaux de cuisine. Il ne supportait pas l'idée d'en être dépossédé, il lui en restait un dans la main (celle qui s'engourdissait de douleur sous sa cuisse...) mais cela ne suffisait pas.

Refroidi par la mention des hommes qui étaient avec elle, Nate ne bougea pas d'un pouce. Il lui restait encore quelques éclairs de raison, il ne tenait pas à se mettre en danger plus qu'il ne l'était déjà. Cela aurait pu être excitant non ?

Le blond laissa ces mains inconnues lui retirer son sac ; il observa à qui il avait à faire tandis qu'elle cachait son trésor, comme promis. Il n'y avait pas grand chose à voir, la fille s'était protégée avec un grand drap sombre. Et ce putain de soleil qui cognait, éclatant, c'était horrible pour la rétine. Nathaniel ferma les yeux un instant, les lèvres pincées. La fille s'agitait près de lui, il y eut quelques froufrous, un toussotement... Par pur réflexe, le blond fit jaillir sa lame de sous sa cuisse. La fille n'eut même pas un frémissement de recul, elle lui parla à nouveau des types qui l'accompagnaient. Nate fronça les sourcils et tenta de croiser son regard.

« Là. Stop ne bougez plus. Vous êtes pile poil dans les rayons de soleil. Vous me faites de l'ombre. »

Le blond se redressa sur ses coudes, la main toujours bien serrée autour de la poignée de son couteau. Il examina l'inconnue de la tête aux pieds en esquissant un petit sourire.

« Je suis déjà mort, c'est ça non ? Je croyais qu'il n'y avait que violence et corruption sur cette planète... »

Et si cette fille était gentille dans le but de le mettre sur le marché des esclaves ? Il y avait un marché des esclaves ici ? Nate se laissa de nouveau tomber sur la poussière.

« Je ne sais pas trop ce qui m'est arrivé... Je me sens vraiment mal, vous êtes spécialiste ? »

Il mentait, par utilité et par jeu. Elle le pensait blessé, il n'allait pas la contrarier sur ce point : il était bien content d'obtenir son aide. Le début de conversation entamée avec elle était... rafraîchissant. Nate ne s'en était pas vraiment aperçu, mais la compagnie humaine lui avait manqué. Il avait passé des jours à se parler tout seul dans les locaux de son ancienne entreprise – les enculés.

« Vous voulez bien m'examiner ? »

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MessageSujet: Re: Mon empire pour du chocolat [PV]   Mer 15 Avr - 14:59

Il parle ! C'est donc qu'il est moins mal en point que ce que j'ai cru. Tant mieux. S'il peut aussi marcher, le ramener à la "maison" sera une vraie promenade de santé... sinon le pauvre homme sera sans doutes porté par mes antipathiques compagnons... génial...

Je reste aussi immobile que possible pour lui offrir ce petit morceau d'ombre qu'il me réclame. Parfois j'aimerais être obèse, pour que mon ombre soit plus large, mais si c'était le cas, je serais probablement morte à cause de la chaleur, ou parce qu'un corps trop appétissant doit sans doutes être consommé par les animaux à figure humaine que je croise si souvent. J'en frémis de dégout. Comment peut-on, même par ces temps affreux, planter ses dents dans de la viande humaine et s'en nourrir ? Quelle horreur !


- Spécialiste je ne sais pas, mais je suis infirmière... je devrais être en mesure de vous aider et, au moins, de vous soulager si vous souffrez trop. Mais vous avez raison... cette planète n'est qu'un regroupement de connards qui font régner la violence, la corruption et d'autres choses plus terribles encore... vous auriez mieux fait de rester chez vous. Moi aussi d'ailleurs...

Mon ton est aussi amère que l'est mon coeur. Je revois encore l'espoir s'allumer et s'éteindre dans les yeux de mes collègues quand ils croyaient voir les transporteurs de la Compagnie qui venaient nous chercher... ils ne sont jamais venus... ils ne viendront jamais. Nous devons tous survivre ici en attendant de trouver un moyen de quitter cette planète aussi dangereuse que chaude. Je sens une vague de découragement me submerger... j'ai envie de m'effondrer, là, comme ça, dans le sable brûlant, et de me laisser aller à sangloter tout mon saoul pendant des heures... mais l'eau de mes larmes est trop précieuse et j'ai un patient. Je prend une grande inspiration qui me donne l'impression que mes poumons sont rongés par un feu infernal, et je lui adresse un petit sourire crispé. C'est le mieux que je puisse faire. Sa peau est rouge... le soleil n'est tendre avec personne, mais les blessés devraient au moins être dispensés de cuire sur place.

- Il faut qu'on trouve un endroit abrité de ces rayons pour que je puisse vous examiner, sinon vous serez bientôt aussi cuit qu'un steak.

Aaaah... un bon steak de Grazeole bien grillé avec des petits légumes et des céréales... Putain je pourrais tuer pour avaler un truc pareil.

- Est ce que vous pouvez vous lever ?

Je me penche pour passer un bras autour de ses épaules afin de l'aider tout en faisant glisser mon manteau sur lui pour le protéger du soleil... S'il y parvient, je l'aiderais à se trainer jusqu'au wagon que mes "compagnons" ont déjà mis à sac. Comme ça nous ne serons pas dérangés par leurs remarques douteuses... en admettant qu'ils ne le tuent pas instantanément, bien entendu...
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MessageSujet: Re: Mon empire pour du chocolat [PV]   Mer 6 Mai - 20:28

Quand l'inconnue (une infirmière compétente et gentille, quelle chance!) lui dit qu'il aurait dû rester chez lui, Nathaniel grimaça. Évidement, ce n'était qu'une figure de style... Comme s'ils avaient pu savoir ce qui allait se passer. La jeune fille semblait bien déconfite. Nate se demandait comment il avait pu être aussi con. Il y avait cru, au discours de l'entreprise. Avant d'embarquer, pas une seule seconde il n'avait songé à un abandon total des troupes, sur cette planète tellement pourrie. C'était juste une question d'argent, n'est-ce pas ? Ou était-ce autre chose, une expérience peut-être ? Le blond ricana en son fort intérieur : c'est toujours plus facile de supporter son terrible sort en sachant qu'il y a un but à tout ça, une raison.

La chaleur cuisante du soleil sur sa peau se fit plus réelle. La situation se fit tout à coup plus réelle. Était-ce le manque d'hydratation ? Nate se sentit faiblir, il déglutit et raffermit sa prise sur le manche du couteau de cuisine.

« De l'ombre ce serait bien, oui... »

Aidé par l'infirmière, il se remit sur ses pieds. Il se sentait légèrement pâteux mais il pouvait poser un pied devant l'autre. Le blond esquissa un sourire.

« Pourquoi faites-vous cela? » demanda-t-il avec une réelle note d'incompréhension dans la voix, tandis qu'ils avançaient lentement vers l'ombre salvatrice des wagons.

Nate pressa un peu plus fort sur ses paupières, luttant contre l'affaiblissement. Il crut apercevoir une bouteille géante qui gigotait, à l'extrême droite de son champ de vision. Il ferma les yeux pour les rouvrir immédiatement. Plus de trace de bouteille d'eau géante.

Il aimait bien la douceur timide de cette fille. Elle semblait à la fois déterminée et apeurée. Le blond ne parvenait pas à trancher. Une seule certitude, sa gentillesse. Nathaniel esquissa un sourire, quoiqu'un peu tordu. Il faisait chaud. S'être tenu au aguets avait fait monter sa pression artérielle, et puis, elle avait parlé d'autres hommes. Nate glissa son couteau contre le creux de sa hanche, plaqué entre sa peau et le pantalon. Le contact du métal était froid, c'était agréable. Mais il risquait une mauvaise blessure au moindre faux mouvement.

« Je ne suis pas blessé mais... » Le blond enjoliva un peu la vérité « j'ai l'impression que le sol tangue. J'ai du mal à rester alerte. »

Ils arrivaient enfin aux wagons. Celui qui était le plus proche semblait abandonné, mais qui sait ce qui peut se cacher dans les recoins d'ombre ? Un peu plus loin, quelques éclats de voix. Nate jeta un regard navré par dessus son épaule. Il ne savait déjà plus où la fille avait dissimulé son sac à dos.

Merde.

« Vous croyez que j'aurais plus de chances de survivre si je fais ma tête du mec tout mignon et innocent ? »

Il parlait des hommes qui rôdaient aux alentours, bien sûr. Le blond espérait qu'ils n'allaient pas débarquer tout de suite... Il voulait gagner un maximum de temps avant de rencontrer l'inévitable. Ça allait être une super réunion, la fille, les gars inconnus, et son petit cul de blond affaibli par la chaleur.

Nathaniel pinça l'arrête de son nez en soupirant.

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MessageSujet: Re: Mon empire pour du chocolat [PV]   Mar 12 Mai - 21:52

Je me contente de hausser les épaules quand il me demande pourquoi je fais ça. Pour moi c'est évident : je suis une infirmière et ce mec souffre. Et puis sur a planète on aide les gens qui en ont besoin... enfin en théorie. Mais je sais que c'est pas du tout une notion évidente dans le coin alors je préfère fermer ma gueule. C'est plus un réflexe, une déformation professionnelle, qu'un véritable idéal de vie finalement. Et puis il me fait un peu penser à moi, tout seul dans ce désert avec la bonne tête du mec qui vient de trop loin pour apprécier la rudesse de cette planète. Comme moi. Y'en a qui s'adaptent bien remarque, il pourrait y arriver... pour moi c'est mort, mais lui pourquoi pas... mais ça c'est son problème, pas le mien. Je m'occupe des blessures et des maladies, pas des questions existentielles qui ne remettent pas en question l'évolution de ce que je traite. Ça me regarde pas.


Je plisse les yeux en l'entendant avouer qu'il n'est pas blessé. Menteur. J'peux pas lui en vouloir d'avoir fait semblant d'être en mauvaise posture, on ne sait jamais... mais j'aime pas les mensonges. Avant j'avais pas vraiment de soucis avec ça, mais j'en suis tellement cernée depuis ces derniers mois que ça me donne envie de vomir. J'ai l'impression d'évoluer en permanence dans un four suffoquant ou la vérité ne serait qu'une matière visqueuse qui suinte sur les côtés et qu'on nettoie régulièrement en la recouvrant d'une espèce de crasse cauchemardesque déguisée en propreté. Immonde... enfin tant pis.


Je l'aide à s'assoir contre un vieux bidon rouillé. Il fait toujours une chaleur écrasante, mais au moins on est à l'abri des rayons meurtriers du soleil... Je retire complètement mon lourd manteau pour être plus libre de mes mouvements. Je vire aussi l'espèce de voile dont je m'entoure pour que l'étoffe rude du manteau n'irrite pas ma peau rendue sensible par la chaleur et le sable, mon pull supposé m'isoler un minimum de la chaleur cuisante etc etc... Je me retrouve à nager dans mon débardeur trop grand tout en constatant que mon short en tissus grossier ne protège que le haut de mes cuisses... j'ai pas les rayons qui me frappent directement, mais putain qu'est ce qu'il fait chaud ! J'ai l'impression que ma peau va bouillir.


Attrapant ma gourde, je la lui plante dans la bouche et le force à avaler plusieurs longues gorgées d'une eau tiédasse mais propre, puis je lui mouille un peu la nuque. Manquerait plus qu'il fasse un malaise à cause du stress et de la chaleur.

- Je pense que vous devriez plutôt jouer le mec assez fort pour leur éclater la gueule avec un seul bras, mais pas en état de le faire. A mon avis c'est la seule voie à suivre si vous ne voulez pas qu'ils vous décapitent sur le champs. Comme ça ils prendront ça pour un genre de challenge à la con et préfèreront attendre que vous soyez en pleine possession de vos forces pour vous éprouver.


Un vague sourire moqueur se dessine brièvement sur mes lèvres.

- Ils ressemblent souvent à des gosses qui font des concours de tailles de bites... Faites le mec avec une grande gueule qui n'est pas assez en forme pour prouver ce qu'il avance et ça les amusera. Jouez au faible et ça va les ennuyer. De toute façon c'est vous qui voyez, je ne pourrais probablement pas en placer une pour vous aider, et si je le fais ils risquent de vous tuer juste pour le principe. Ne vous méprenez pas... contre eux, je ne peux rien pour vous. Je ne suis pas un membre de leur gang, une un trophée pratique qu'on peut utiliser facilement.


Et j'ai même pas d'émotion particulière dans la voix quand je prononce ces mots. Ouah... j'me suis vraiment habituée finalement. J'ai toujours pas ça, du tout même... mais j'ai finis par prendre l'habitude. Et j'suis pas aigrie !!!! Trop forte !


Je me demande une seconde de quelle couleur sont les yeux de mon patient... c'est une question qui revient souvent tourner dans ma tête... vu que je ne regarde jamais les gens dans les yeux je me demande souvent à quoi ils ressemblent... mais j'ai décidément pas assez de courage pour satisfaire ma curiosité. Je me racle la gorge et lui demande en fixant son oreille droite :


- Vous voulez que je vous aide à retirer quelques couches de vos vêtements ? Vous auriez peut-être moins de mal à respirer comme ça...

Les voix de mes "compagnons" s'éloignent un peu... ils sont passés au wagon suivant. Plus qu'un après celui là et ils auront terminé... et ils reviendront ici...
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MessageSujet: Re: Mon empire pour du chocolat [PV]   Dim 31 Mai - 15:46

La gentille fille lui avait fourré une gourde dans la bouche. Nate se sentit pris en charge, une sensation qu'il n'avait pas éprouvée depuis des lustres. Officiellement ses parents étaient encore vivants

(au moment où il à embarqué pour cette planète pourrie en tout cas... Ce serait bien qu'ils soient crevés à présent, même s'il y avait peu de chances que ce soit le cas, mais on peut toujours espérer... Une intoxication alimentaire ? Un virus banal suivi de quelques complications ? Un braquage dans une banque ? Un accident de métro ? Un truc qui les ferait bien souffrir, oh oui...)

mais Nathaniel pouvait se considérer comme orphelin, étant donné le peu d'intérêt de ses géniteurs à son égard...

La fille prenait son rôle très à cœur, même si l'eau sur sa nuque était tiède, cela restait très agréable. Nate se laissait faire sans broncher, il avait retenu de justesse un petit sursaut défensif lorsqu'elle avait effleuré sa nuque. Il l'écoutait d'un air pensif, tandis qu'elle lui prodiguait quelques conseils.

Il semblait qu'elle n'avait pas vraiment compris... Séduire, c'était jouer au faible ? Nate en doutait. La séduction était un moyen détourné de captiver l'attention de son interlocuteur, c'était une méthode subtile pour garder le contrôle...

Sauf qu'il s'agissait de cette putain de planète pourrie, pas d'un charmant salon décoré de tentures de soie. La subtilité... Est-ce que ça allait vraiment marcher sur des brutes épaisses sans cervelle ? Nate répugnait à s'abaisser à de telles trivialités. Il aimait blaguer, ricaner, et accessoirement, faire l'insolent face à ceux qui le méritaient...

« Un trophée pratique que l'on peut utiliser facilement...? » La question était sortie plus vite qu'il ne l'avait voulu, le ton vaguement enroué, il observait son interlocutrice d'un œil interrogateur.

Le blond n'aimait pas tous les sous-entendus possibles que cela impliquait. Il était difficile d'être sans cœur, de ne rien ressentir pour une inconnue qui avait partagé son eau si précieuse.

« Oubliez cette question, c'était indiscret... » Nate détourna le regard, il chercha un point sur lequel fixer ses yeux bleus. Il se tortilla pour retirer sa veste à capuche noire et se racla la gorge :

« C'est le seul truc que je peux retirer, après... »

Le blond leva les yeux au ciel (bouché par la tôle rouillée du wagon, dieu merci cela les protégeait un minimum du soleil...) en grimaçant d'un air consterné. La sensation de gêne ne l’atteignait pas souvent : d'habitude, c'est lui qui désarçonnait les autres.

C'était un peu mieux sans la veste ; le seul rempart entre son torse et le monde était un tee-shirt noir sans manches un peu large qui laissait découvrir ses bras pâles et fermes. Nate se tripota nerveusement le coude.

« Je vais suivre votre conseil... Je ne sais pas si je peux jouer les gros durs mais... apparemment ces mecs ne se laisseront pas avoir par mes petits tours habituels... il va falloir utiliser la grosse artillerie... »

Nathaniel se pinça l'arête du nez, l'air ennuyé.

« Vous ne voulez pas vous asseoir vous aussi ? Il ne manquerait plus que je doive vous secourir... On s'est toujours pas dit nos noms je crois ? Moi c'est Nate. »

Toujours assis contre son vieux bidon rouillé, le blond tendit sa main vers la fille. Il espérait avoir encore quelques minutes de répit.

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MessageSujet: Re: Mon empire pour du chocolat [PV]   Mer 3 Juin - 23:29

La surprise que je lis sur sa physionomie quand il relève mon "juste un trophée pratique" me laisse sans voix pendant quelques instants. Est ce que ce type, sorti de nulle part, se serait (ne serait-ce qu'un instant) soucié de mon sort à moi ? Pour quoi faire ? Je secoue doucement la tête... avant c'était un peu comme ça, les gens se souciaient des autres -ou au moins faisaient semblant... Je me suis tellement habituée à en prendre plein la gueule que j'avais oublié ce que ça faisait d'entendre des paroles de ce genre là. Pourtant, "se soucier des autres", c'est exactement ce que je suis en train de faire non ?


Je le laisse parler, pensive, je l'aide à retirer sa veste sans noter sa gêne naissante parce que je pense à autre chose. Je ne finis par la voir que quand il précise que c'est la seule couche qu'il peut retirer. Il est pudique. Pour un peu je pourrais éclater de rire tellement je trouve ça rafraichissant. Au campement je suis la seule "femelle tolérée de façon permanente", les seuls autres visages féminins que je vois sont ceux des otages ou des putes qui passent par chez nous, et elles ne restent jamais plus de quelques jours... et de toute façon je n'ai pas le droit de les approcher... sauf pour les soigner des fois, mais dans ces cas là je suis accompagnée par des brutes de compétition et je n'ai pas le droit de leur parler, sauf si ça concerne le domaine médical...



Du coup je passe ma vie à être entourée par des mecs qui vivent un peu comme si je n'étais pas là... il n'est pas rare qu'une paire de burnes passe devant mes yeux (et tout ce qui va avec si ça n'a pas été perdu allez savoir où). Les hommes qui vivent entre eux sont comme des animaux... en tout cas par ici... genre il se foutent à poil la nuit pour "aérer la bête hahaha (rire gras)" et autres délires du genre. Ils aiment bien apparaitre devant moi, bite au vent, dans n'importe quelle situation, juste parce que je rougis et que ça les amuse beaucoup (il leur faut pas grand chose je l'admet)...


Et puis il y a les blessés dont je m'occupe. Pas de place pour la pudeur ou la gêne dans ce genre de cas. Donc ouais... j'ai l'habitude de voir des torses nus, des cuisses, des ventres, des culs et le reste... et puis il y a aussi les fois ou...



Je me racle la gorge en repoussant ces pensées le plus loin possible de moi. J'ai pas envie de réfléchir à ça maintenant... jamais en fait... plus je l'enfouis, mieux c'est.


Histoire de reprendre une certaine contenance tout en masquant mon trouble passager, je me laisse tomber en tailleur en face de lui, tirant un peu sur mon short et mon débardeur parce qu'avec sa gêne il a réussi à me gêner aussi, et je relève les yeux vers son visage tout en prenant bien soin de ne pas le regarder dans les yeux. Il a raison de suivre mes conseils... c'est du "une chance sur deux" de toute façon. Soit ils le croient, soit il le tuent. Ça m'embêterait qu'ils le tuent... j'aime pas voir les gens crever sous mes yeux... et puis on a discuté un peu, il m'en faut pas plus pour avoir envie que les gens restent en vie. Et puis, à l’exception d'Alistair, c'est la première personne du coin à se montrer sympa avec moi... et vu qu'Alistair est rayé d'office de la liste des "gens normaux", on peut dire que c'est le premier.


- Assiah... enchantée Nate.

Je lui souris tout en regardant son oreille. C'est dingue comme une conversation banale peut me faire un bien fou... Aaaah les bavardages sans buts, les discussion sans valeurs... ça me manque. J'en ai marre des râles bestiaux, des rires gras, des blagues sordides et des concours de bite constants...


- Et euh... vous pouvez me poser vos questions hein, si c'est trop "indiscret" je ne répondrais pas c'est tout...

Mes "camarades" de gang sont toujours dans le dernier wagon. Aux bruits, je dirais qu'ils prennent une pause en s'enfilant une MONSTRUEUSE quantité de cette bière dégueulasse qu'ils achètent en ville et qu'ils coupent avec un truc tellement fort que ça me donne l'impression que mon œsophage essaye de s'extraire de mon corps... tant mieux, on a encore du temps du coup... Étrangement, ces mecs là ne me manquent jamais eux...
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MessageSujet: Re: Mon empire pour du chocolat [PV]   Lun 29 Juin - 21:01

Assiah.

« J'aime bien poser des questions, Assiah. Mais je crois que certaines choses doivent rester dans nos pensées, je crois qu'il ne faut pas tout dire tout de suite, il faut attendre d'être prêt, parce que parfois quand on formule ce que l'on a en tête, le son de nos paroles est trop horrible, il parvient à nos oreilles et résonne sous notre crâne, ça se couple à la pensée d'origine, et ça la multiplie d'un seul coup, ça la rend plus réelle, plus lourde, plus présente... Et on n'est pas toujours prêt à la supporter. Alors je ne reposerais pas ma question. » Petit sourire. « D'autres, peut-être, si j'en trouve des bonnes » Ton badin pour casser toute la portée du précédent monologue.

Nathaniel entendait des bruits, quelques wagons plus loin. Oui, ils avaient encore du temps. Mais du temps pour quoi ? Parler de l'ironie qui les avait mené sur cette planète ? Nate n'était pas encore prêt, il ne voulait pas encore formuler. Précisément. En détails. C'était trop dégueulasse, ça lui donnait envie

de reprendre ses bonnes vieilles activités

de pleurer.

Il y avait plus urgent. Comme les mesures à prendre pour s'assurer de sa survie. Nathaniel soupira. Il n'avait pas envie. Il préférait ses méthodes habituelles : faire le con, charmer. Là... Il se rapprocha d'Assiah et posa doucement sa main pâle sur celle de la jeune fille.

« J'aimerais bien continuer à vous faire la conversation, mais j'admets être un peu tendu sur le prochain quart d'heure de ma vie... »

Il continuait de la vouvoyer. Nate n'était pas encore assez usé par cette planète dégénérée, ses manières polies transparaissaient encore. Le blond planta son regard dans celui de son interlocutrice en lui adressant un sourire crispé. Il semblait attendre quelque chose, ou être indécis sur la décision à prendre.

« C'est votre mère ou votre père qui vous a transmis cette couleur d'yeux ? »


Une question cruciale, en des temps si troublés.

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MessageSujet: Re: Mon empire pour du chocolat [PV]   Mar 21 Juil - 0:46

Putain de piège ! Et je me suis laissée avoir comme une bleue ! Mais quelle conne ! Quand il a posé sa main sur la mienne j'ai levé les yeux vers lui, surprise par ce geste en me demandant pourquoi il faisait ça... et il a planté son regard dans le mien. Je reste figée pendant plusieurs secondes, les yeux légèrement écarquillés par le choc, puis je détourne mon visage avec empressement. Merde ! Je l'ai regardé dans les yeux... non, pire, IL m'a regardée dans les yeux ! Même si les raisons qui m'ont poussée à éviter de regarder les autres comme ça sont très floues dans ma tête là maintenant tout de suite, surtout qu'il a des jolis yeux le con, ça me panique complètement.

Je retire nerveusement ma main de sous la sienne en détournant légèrement le reste de mon corps pour ne surtout pas lui faire face. Mes joues me brûlent comme si j'avais passé plusieurs longues minutes exposée sans protection au soleil tueur de cette foutue planète. Je suis rouge comme une pivoine...

Ce n'est pas son contact physique qui me gène, ça fait déjà un bon moment que je ne suis plus une pauvre petite pucelle que le moindre clin d’œil fait partir en vrille avec des papillons et des étoiles partout, et le peu d'innocence qu'il me restait, cette planète m'a appris à ne pas en tenir compte. Ça faisait des lustres que je n'avais regardé personne dans les yeux... je sais pas trop pourquoi mais ça me fait peur. Super... j'ai peur de ce mec. Je le soigne, je fais tout pour qu'il puisse survivre à cette journée... et j'ai peur de lui. Putain d'ironie. Entre mon comportement et la couleur de mon visage il doit penser que je suis une gamine et que je me suis amourachée de lui... ou alors que je joue le jeu de la pureté pour qu'il puisse plus facilement me troncher dans un coin... génial... histoire de faire semblant qu'il ne s'est rien passé, même si ça parait impossible, je finis par répondre à sa question.


- Je... euh... je l'ignore. Mes parents ont fait changer la couleur des leurs environ tous les ans depuis leurs dix ans je crois... aucune idée...

Ma réponse a l'air de sortir de nulle part si longtemps après qu'il ai posé sa question... mais je sais pas quoi dire d'autre. Ce bref échange de regard m'a complètement assommée.

Et brusquement tout s'arrête. J'entends un bruit, je lève les yeux... l'un des types que j'ai accompagnés jusqu'ici est là, planté devant nous. Il m'adresse un regard à la fois interrogateur et carnassier. Merde.

Je me redresse d'un bond et me glisse vers lui pour lui raconter que j'ai trouvé ce garçon à demi mort dans le sable. Je précise qu'il n'avait aucune possession avec lui et qu'il est vraiment mal en point, qu'il a besoin de beaucoup d'eau, de beaucoup de repos et de quelques onguents pour soigner ses brûlures. Il regarde Nate sans rien dire pendant un moment, puis me balance par terre avec une claque bien envoyée.


- T'es pas là pour jouer les sauveuses espèce de conne ! Tu peux pas ramasser les bestioles blessées que tu croise t'as compris ? Tu me ramène celui là au campement, tu te démerde pour qu'il soit capable de voir le boss demain soir quand il rentrera, et tu prends la responsabilité de cette connerie compris ?


Je hoche la tête en me redressant sans avoir l'air d'être franchement affectée par la gifle que j'ai reçu. On s'habitue à tout non ? En tout cas c'est la leçon que cette planète m'a enfoncé dans le crâne ces derniers mois... Je m'habitue à tout. Le seul truc qui m'emmerde vraiment c'est que demain j'aurais un bleu et que ça leur donnera encore une occasion de plus de se foutre de moi... enfin tant pis. Il retourne vers les autres en roulant des mécaniques comme s'il était content d'avoir montré qui était le patron et ils commencent à rassembler tout le bordel qu'ils veulent ramener avec eux. Je retourne vers Nate en me massant la joue sans vraiment y penser.

- Bon. Il faudra que vous ayez l'air vraiment mal en point pendant le trajet. Je vous soutiendrais... mais essayez de ne pas trop peser sur moi, j'ai pas une énorme résistance aux efforts physiques en plein soleil d'accord ?
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MessageSujet: Re: Mon empire pour du chocolat [PV]   Jeu 30 Juil - 23:08

Elle a l'air nerveuse. Partagé entre l'amusement et la gêne, Nate a du mal à retenir son petit sourire en coin. Le malaise de son interlocutrice est rafraichissant. Est-ce que le blond paumé lui plaisait ? Ou était-ce juste une asociale perturbée par les contacts humains ? Avant de croupir sur cette planète pourrie, Nathaniel avait beaucoup joué de son petit charme arrogant, c'était plutôt divertissant. Et à présent, avec plusieurs kilos en moins - le régime Prayvis, cent pour cent garanti - les traits de son visage étaient plus saillants, plus aguicheurs. Si on aimait les mecs plutôt fins.

Assiah rompit le silence, le sentiment de gêne se dissipa quelque peu. Pour changer la couleur des yeux comme on change de coupe de cheveux, Nate se demanda qui étaient les parents de la demoiselle. Mais il n'eut pas l'occasion de pousser plus loin son investigation. Tout se bouscule, vite, beaucoup trop vite pour le blondinet. Assiah ment, elle le couvre, elle le défend.

C'était pas sensé se passer comme ça !

En même temps, valait peut-être mieux.

Elle reçoit une gifle par sa faute... Nate ne sait pas trop s'il doit s'en indigner ou s'en réjouir. Il s'est méchamment fait surprendre par la situation, il cherche le moyen de reprendre le contrôle

reprendre le contrôle, repr...

Assiah revient vers lui, avec tout sa gentillesse

comment une fille pareille a pu survivre ici ?

c'est une vraie question que se pose le blond, les sourcils froncés tout en acquiesçant aux recommandations de son interlocutrice

t'inquiète pas, je vais pas peser lourd chérie.

En se redressant, Nate fait tomber son couteau de cuisine. Ça fait un bruit d'enfer. Les autres se foutent de sa gueule, ils n'ont pas peur qu'un gringalet comme lui, armé d'une épingle, puisse leur faire quoique ce soit... Mais celui qui semble mener le groupe ordonne à un autre type de choper le couteau et de donner trois tatagnes à cette tarlouze.

Nathaniel bondit sur sa lame et se glisse juste derrière Assiah, le couteau de cuisine sous sa gorge. Nate a enroulé un bras autour d'elle, lui ôtant toute possibilité de réplique. Il la serre contre lui

Et faut avouer que c'est bien agréable.

"Vous êtes arrivés avant que le spectacle commence les gars..."

Le petit groupe de brute se fige. Ils ne s'attendaient pas à une telle réaction, à un acte aussi stupide... L'un d'eux s'esclaffe d'un rire bien gras. Ils ont l'air à la fois outrés mais aussi... curieux de voir jusqu'où la violence allait monter. Voir leur petite proie entre les mains d'un autre, ça devait sans doute les exciter.

"J'aime bien jouer avec les couteaux et les filles, c'est vraiment fantastique comme le sang s'écoule des peaux si fines... Je suis plutôt doué vous savez !"

Par nécessité, Nate augmente son emprise sur Assiah. Passé l'effet de surprise, les brutes semblent se remettre. Tous froncent les sourcils. Après tout, le petit merdeux n'est qu'un inconnu, il fait pas partie de la bande, la fille est à eux.

Nathaniel fait doucement glisser le tranchant de son couteau contre le cou de la jeune fille, sans trop appuyer, juste une petite griffure

serais-tu en train de culpabiliser ?

Le blond pose les yeux sur cette peau satinée, sublimée par les reflets métalliques de son arme...

C'est plutôt jol -

Trou noir.

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MessageSujet: Re: Mon empire pour du chocolat [PV]   Lun 3 Aoû - 17:39

Tout s'est enchaîné tellement vite que j'ai même pas eu le temps d'avoir peur. Il m'a attrapée, menacée, griffée avec son couteau... et puis il est effondré par terre. Ne jamais, JAMAIS, détourner son attention quand on se trouve planté devant une bande de connards avides de sang. Je ne sais pas ce qui a fait flancher Nate, mais l'un de mes charmants compagnons a subitement bondit sur nous et lui a balancé son énorme poing en travers de la gueule. Boum. Radical... Nate s'est effondré par terre comme un morceau de tissus : en petit tas informe.


Bon. Forcément je m'en suis encore pris une parce que j'avais dis qu'il était mal en point et que visiblement c'était pas le cas, mais l'un dans l'autre on s'en tire pas mal... lui comme moi. Ils sont retournés faire leurs trucs pendant que je retournais au campement en compagnie de l'un des types et de Nate qui se balançait sur son épaule comme un sac de grains... Quand on est arrivé, il a échangé quelques mots avec le type en charge du campement quand le chef n'est pas là, à déchargé Nate sur un lit de camp dans ma tente personnelle (oui, j'ai une tente personnelle. J'suis la seule femme du coin faut dire, ça donne droit à deux trois avantages en plus de tout le reste...) et il s'est barré...



Je reste un moment assise sur mon propre lit à le regarder dormir en me demandant comment je vais bien pouvoir faire pour le tirer de là... je me souviens de sa réaction dans le wagon mais bon... j'imagine qu'il s'est senti acculé... Et puis même s'il avait vraiment voulu me faire du mal comment lui en vouloir ? Cette planète pervertirait n'importe quelle âme de toute façon. Et puis j'ai l'habitude de ce genre de conneries maintenant, ça ne pèse pas vraiment dans la balance des "est ce que je le sauve ou pas". Je préfère sauver les gens en règle générale, c'est mon boulot après tout... Si j'étais forte, douée et intelligente je réussirais sans doutes à le faire sortir du campement pendant la nuit... mais bon, si j'étais tous ça je ne serais pas ici alors autant oublier cette idée complètement idiote et suicidaire. Non. Il faut que je me débrouille pour que le chef décide de le laisser en vie et de le laisser partir... pas facile ça... et je suis trop claquée et pleine de sueur et de sable pour réfléchir maintenant de toute façon.


Par soucis de pudeur, je tends un grand tissus verdâtre devant la grosse bassine en fer blanc que j'utilise pour me laver. Je passe derrière, me débarrasse du sable, de la sueur et des brindilles que j'ai dans les cheveux, je me sèche avec un morceau de drap prévu à cet effet, puis j'enfile un short trop grand et un débardeur trop petit. Je vire le rideau improvisé et entreprends de démêler mes cheveux trempés avec un peigne un peu édenté que le chef m'a donné un jour. De temps en temps j'ai droit à des petits cadeaux comme ça qui me font croire que ces mecs ne sont pas juste mauvais... et puis je change d'avis environ deux minutes plus tard la plupart du temps... c'est comme ça... ces mecs sont des connards, c'est tout.


Tout en me coiffant pensivement, je retourne vers Nate et le regarde quelques instants avant d'aller tremper un bout de tissus dans de l'eau assez fraiche. Je pose le tissus sur son front et pose une gourde d'eau près de lui pour qu'il puisse boire dés qu'il sortira de sa torpeur. Je sors de la tente deux minutes le temps d'aller chercher un truc à bouffer pour nous deux, puis reviens. Y'a personne sous la tente "infirmerie", je peux faire ce que je veux du coup. Autant rester "chez moi" à attendre que Nate se réveille. Il est un peu moins flippant que les autres... un peu...
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MessageSujet: Re: Mon empire pour du chocolat [PV]   Sam 8 Aoû - 16:52

De vagues bruits d'eau qui clapote. Une odeur de... propre, même si le savon ou autre substance lavante de cette planète n'a rien à voir avec les cosmétiques des endroits civilisés. Dans un demi brouillard, Nathaniel perçoit les sons et les odeurs de l'extérieur, le confort relatif du lit dans lequel son corps s'enfonce... Ils ne sont plus dans les wagons.

Un truc frais sur son front. Lorsque le blond ouvre les yeux et se redresse péniblement pour scruter les alentours, personne dans la tente. Posée dans un coin, une brosse à cheveux. Nate pince les lèvres et reprend sa position de mec évanoui. Il ferme les yeux, plongeant à nouveau dans l'obscurité. Il se sent tout à fait réveillé maintenant. Il écoute. Il attend.

Finalement, quelques frôlements légers se font entendre, Nate n'en est pas certain, mais quelqu'un est rentré dans la tente. Il se retient d'ouvrir les yeux pour vérifier. Il attend encore un moment, percevant différents sons, c'est difficile de déterminer si ces bruits parviennent de l'intérieur de la tente ou de l'extérieur. Le tissu, c'est pas franchement isolant.

Là, on le touche, il en est sûr. Ce n'est pas une poigne de grosse brute. Nathaniel saute sur l'occasion. D'un geste sec, il attrape le bras de la personne qui a fait l'erreur de l'approcher d'un peu trop près. Il se redresse comme un ressort et projette son autre main directement autour du cou de la fille. Ils luttent un peu, la gourde posée à ses côtés se renverse, la lutte les entraîne au sol. Assiah prend l'avantage, mais l'adrénaline de Nate, sa soif, le pousse à resserrer ses doigts autour du cou de la jeune fille. Songerait-elle enfin à crier, à appeler à l'aide ? Assis à califourchon sur elle, Nathaniel pèse de tout son poids sur les hanches de la fille. Sûr de son emprise, il lui lâche le poignet et, de peur qu'elle ne crie, il la bâillonne en écrasant son bras contre sa bouche. Il sent ses dents fraiches contre sa peau... Qu'elle le morde si ça lui fait plaisir ! Nate relâche légèrement la pression de ses doigts autour de son cou et penche ses lèvres près de la joue de la jeune femme :

« Je ne sais pas comment tu fais pour survivre en étant sympa, mais c'est pas normal. »

Nathaniel planta son regard dans celui de son interlocutrice, la considérant en silence pendant quelques instants. Cette fille, c'était vraiment une anomalie, un mystère que Nate ne comprenait pas, et ça l'agaçait. Et puis, il sentait comme une épée de Damoclès au dessus de sa tête, dans l'attente du bon vouloir d'une bande de brutes... Le blond refusait de laisser sa vie entre les mains de ce lot de crétins, la gentillesse d'Assiah rendait sa situation encore plus difficile à supporter. Elle représentait une sorte d'espoir et de douceur, sauf que cette planète finissait forcément par écraser brutalement cette forme de lumière. Alors Nate préférait l'écraser tout de suite, plutôt que d'attendre et de se faire avoir comme un con par surprise, il ne voulait pas perdre du temps à espérer.

Le blond resserra à nouveau ses doigts autour du cou d'Assiah et lécha doucement sa joue tandis qu'elle suffoquait. Avant de desserrer son emprise, il y laissa un léger baiser.

Il devait faire vite. Dans une poignée de secondes, elle aurait à nouveau les idées claires en dépit d'un cou douloureux et marqué. Nate se releva dans l'urgence, aperçut son couteau de cuisine à côté d'une boite en fer cadenassé ; il s'empara de son arme et prit la fuite sans regarder derrière lui.

[Pour ma part je pense que ça finit ici Smile ]

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